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Paradis du cinéma d'action

Sister Street Fighter (1974)

Résumé : Une femme tente de retrouver son frère kidnappé et drogué par une organisation criminelle chinoise.

Critique : 

Film dérivé de la célèbre franchise Street Fighter, Sister Street Fighter se veut être une «interprétation» féministe  des célèbres films d’arts martiaux. Sister Street Fighter a connu un certain succès au Japon, générant trois suites. Mais pour l’instant, nous allons nous focaliser sur ce premier volet de cette franchise,mais attention, puisque le dernier paragraphe aura un énorme spoiler sur un film précédemment critiqué sur Actionerd, The Street Fighter’s Last Revenge.

Sister Street Fighter bénéficie d’une courte durée (80 minutes dans sa version censurée, version qui sera utilisée dans cette critique.) et d’un scénario assez simple donnant ainsi toute la place aux scènes de combat. Pour résumer le scénario simplement, c’est l’histoire d’une femme dont le frère enquêtait les activités d’un homme puissant (Qui est une copie partielle de l’antagoniste d’Enter the Dragon) causant ainsi son enlèvement. Cette demoiselle est prête à tout pour retrouver ce membre de sa famille et c’est tout ce que Sister Street Fighter va vous raconter.

Et comme mentionné ci-haut, le scénario est conçu pour mettre en avant des affrontements, en ne laissant respirer le spectateur qu’une minute ou deux entre chaque combat. En osant comparer Sister Street Fighter à sa franchise mère, Street Fighter, nous sommes forcés de constater que les batailles sont spectaculairement faibles, manquant d’envergure. Pourtant, ces scènes sont mieux chorégraphiés et mieux filmées.

Le problème réside dans deux grands défauts. D’abord, la production est assez nanardesque. Le réalisateur Kazuhiko Yamaguchi (Spécialiste du cinéma d’action japonais) a eu l’affreuse idée de recourir à divers moyens pour «surprendre son spectateur». Est-ce par fautes de moyens financiers ou par «avant-gardisme» esthétique? Personne ne le sait, mais il reste qu’il est parfois surprenant de voir débarquer un groupe d’hommes de main avec un abat-jour sur la tête (Il sert à cacher leur visage.), de voir un guerrier romain sortir de nulle part ou une poupée en mousse, pour éviter l’utilisation d’un cascadeur. Et je tiens à vous rassurer, ce ne sont que des exemples.

Et ensuite, nous avons ici un scénario relativement féministe, mais qui a un certain malaise à affirmer cet aspect. Fait rare à cette époque, nous avons une femme forte en tant que personnage principal et une femme forte parmi les personnages secondaires. Pour apporter une nuance, nous avons aussi une gente féminine ridiculement «faible» (On parle ici de la droguée la plus hilarante de l’histoire du cinéma asiatique.). Mais si le film va dans un extrême, il va aussi dans l’autre avec l’autre en voulant rendre sa protagoniste forte. Tellement forte qu’elle est invincible, retirant la notion même de suspense et le sentiment d’excitation, que l’on peut ressentir dans une scène de combat. Rendre son personnage principal «immortel» est la pire chose qu’un long-métrage peut faire à son immortel et c’est un degré de stupidité que Sister Street Fighter obtient lorsque Etsuko Shihomi est pendue par les pieds au-dessus d’un plancher couvert de pics mortels, et lorsque sa corde tombe en feu, elle survit à la chute en volant comme Supergirl (version ninja).

À la réalisation, Kazuhiko Yamaguchi fait un bon travail derrière la caméra, malgré l’aspect «nanardesque» du long-métrage. Il est un réalisateur expérimenté talentueux qui a néanmoins la fâcheuse idée de tenir la lentille de la caméra de façon oblique donnant ainsi un aspect étrange à l’ensemble de son oeuvre. Sister Street Fighter bénéficie d’une trame sonore propre à son personnage, s’éloignant ainsi de sa franchise mère et en toute franchise, c’est d’autant plus agréable puisque la sonorité de ce long-métrage est fort supérieure à l’ensemble de la trilogie Street Fighter.

Etsuko Shihomi reprend ici son rôle de Lǐ Hónglóng/Li Kōryū/Tina Long (Selon la version du film que vous regardez.) et fait un travail fort remarquable. Bin Amatsu (Battle of the Dragons) fait un travail génial dans le rôle de l’antagoniste, apportant une véritable présence à l’écran à son personnage, un méchant très caricatural, typique du cinéma des années 70/80. Ce long-métrage marque aussi les apparences de Shin’ichi (Sonny) Chiba, dans un rôle secondaire, un rôle différent de celui qu’il interprétait dans la trilogie The Street Fighter, et de Masashi Ishibashi, qui interprétait ici Hammerhead, le bras droit de l’antagoniste principal.

En conclusion, Sister Street Fighter est un spinoff, un film dérivé, de la trilogie The Street Fighter, mais cela ne l’empêche pas d’offrir un divertissement original et unique. Les franchises d’action construites autour d’une adepte des arts martiaux sont plutôt rares, même en 2015. Alors de regarder le premier volet d’une franchise d’action ayant connu un certain succès en Asie avec Etsuko Shihomi fut pour moins un immense honneur. À vous de voir si Sister Street Fighter pourrait vous intéresser… Mais maintenant, il est temps de spoiler.

Dans Sister Street Fighter, nous avons Etsuko dans le rôle titre, ce qui en soit ne me pose pas de problèmes, sauf qu’ici nous avons un cas particulier. Pour faire simple, disons que son personnage est mort dans The Street Fighter Last Revenge. Alors pourquoi faire un spinoff sur son personnage en ajoutant même au casting des acteurs principaux de la trilogie The Street Fighter dans des rôles différents. Alors, pourquoi ne pas en faire un film original si c’était clairement l’ambition des cinéastes derrière ce film. Surtout que Sister Street Fighter a connu plusieurs suites, créant ainsi une franchise à part entière. Mais attention, en tant que film, Sister Street Fighter offre un bon divertissement, mais en tant que spinoff, Sister Street Fighter est un échec total…

Note :2.5

Réalisation : Kazuhiko Yamaguchi

Scénario : Masahiro Kakefuda, Noribumi Suzuki

Avec : Etsuko Shihomi, Emi Hayakawa, Sanae Ôhori, Bin Amatsu, Shin’ichi Chiba, Kôji Hio, Masashi Ishibashi, Tatsuya Kameyama, Ryoichi Koike, Hiroshi Kondô

Sister Street Fighter (1974)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
3.1

En conclusion

Débutant une nouvelle franchise, Sister Street Fighter est un film d’arts martiaux assez impressionnant et assez divertissant. Cependant, son aspect nanardesque l’empêche d’être un classique du genre, ce qui est d’autant plus dommage…

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