Spectre (2015)

Résumé : Un message provenant du passé de Bond envoie ce dernier dans sur le chemin de la découverte d’une organisation mystérieuse. Tandis que M se bat afin de garder les services secrets en vie, Bond se bat afin de révéler la terrible vérité derrière cette organisation, nommée SPECTRE.

Critique : 

C’est avec beaucoup d’attentes que débute Spectre, alors que ce dernier a la lourde tâche de faire mieux que Skyfall, le précédant volet de la saga qui a atteint des records au box-office mondial et qui nous a offert le meilleur volet de la saga depuis l’époque de Sean Connery. Malheureusement, même en n’étant pas un mauvais film, Spectre ne parvient pas à faire mieux que son aîné, ou même à l’égaler…

Après un attentat avorté au Mexique, James Bond, célèbre agent secret de sa majesté, tente désespérément de d’accomplir les derniers vœux d’un être cher en traquant une organisation terroriste nommée SPECTRE. Néanmoins, il devra agir dans la clandestinité lorsque le MI6 est sur le point d’être fusionné avec une agence de renseignements privée. Sur la route, il devra faire face à ses démons et à des ombres du passé…

Spectre commence en lion avec une magnifique séquence au Mexique. Malheureusement, on ressent très rapidement les limites d’un scénario écrit sous l’agression du studio Sony par une attaque informatique, sous une limite budgétaire forçant quelques réécritures et sous l’ego de ses nombreux participants. Pour offrir une histoire convenable, on sort le grand jeu, en étirant la sauce et en tirant de tous les côtés. Cela devient grandement pénible alors que l’on tente quelques gags (En faisant tomber Bond du haut d’un immeuble pour le faire atterrir sur un canapé.) et que l’on donne du temps d’écran à des personnages inutiles.

Comme si ce n’était pas suffisant, il a fallu que l’intrigue soit hautement prévisible. Dès que nous découvrons les documents restants du manoir de Bond (Celui qui fut détruit dans Skyfall…) et que nous rencontrons C, nous savons précisément dans quelle direction les moments finaux de Spectre vont nous amener. En fait, le seul élément de suspense que propose le scénario ce long-métrage, c’est lorsque l’on se demande si le film aura l’audace de tuer un des personnages emblématiques de la franchise et qu’il nous agace excessivement avec cette idée folle.

Mais ce qui frappe de plus avec le scénario écrit par un quatuor normalement talentueux, c’est qu’ils ont oublié qui était James Bond. Au lieu de continuer sur la lancée du Bond sous l’ère de Daniel Craig, nous avons l’impression que les scénaristes étaient nostalgiques de l’époque de Sean Connery et de Roger Moore. Même impression avec Oberhauser, l’antagoniste principal, qui débarque comme un chat dans la gorge (Petite blague destinée à ceux qui ont vu Spectre…) et qui nous donne l’impression que Bond doit affronter un personnage de cartoon. Et que dire de Hinx dont nous ne comprenons pas son importance; est-il l’homme de main d’Oberhauser, est-il le remplaçant de Marco Sciarra, le méchant de la séquence pré-générique ou est-il juste un assassin lambda?

Derrière la caméra, Sam Mendes (Road to Perdition) offre la meilleure réalisation de sa carrière. Il crée des images puissantes, des images offrant plusieurs degrés de lecture et d’interprétation. Même au niveau de l’action il est impossible d’être déçu, puisque Mendes offre des séquences qui ont le mérite d’être des prétendants au prix de la meilleure séquence d’action de 2015. Saluons également le travail du directeur de la photographie (Hoyte Van Hoytema), qui même en n’arrivant pas à la cheville de Roger Dickens (Skyfall), se permet de «peinturer» remarquablement les séquences se déroulant à Rome et en montagne.

Musicalement parlant, Spectre jouissait d’une certaine controverse avec la présence de Sam Smith qui a créé la chanson thème Writing’s on the Wall pour le film. Malgré l’accueil mitigé de cette pièce, il faut admettre qu’elle s’intègre habilement dans l’intrigue de Spectre, reprenant subtilement certains thèmes de l’intrigue. Néanmoins, la majeure partie de la trame musicale est composée pour la deuxième fois par Thomas Newman (Wall-E). Ce dernier s’est grandement inspiré des années 90, offrant une musicalité qui peut ennuyer à certaines occasions.

Dans le rôle titre Daniel Craig (The Girl with the Dragon Tatoo) semble s’ennuyer énormément. Le fait que l’acteur souhaite quitter cette franchise paraît à l’écran, ce qui n’empêche pas Craig de rester professionnel et d’offrir une performance convenable dans le rôle du célèbre agent secret. Au niveau des «Bond Girls», Léa Seydoux (La vie d’Adèle) est adorable et offre la réplique à Bond comme peu de femmes avant elle, par-contre la présence de Monica Bellucci (The Matrix Revolutions) est assez étrange dans un sorte de caméo inutile et ridicule. Cette fois-ci Bond doit affronter deux adversaires. L’antagoniste principal du récit est joué par Christoph Waltz (Django Unchained) qui offre une bonne présence à l’écran malgré l’étroitesse et la mauvaise écriture de son rôle. Dave Bautista (Guardians of the Galaxy) joue le principal adversaire physique de Bond et il interprète son personnage adéquatement, même si nous aurions aimé voir un peu plus de dialogues de sa part. Et il ne faudrait pas oublier la présence d‘Andrew Scott (Sherlock) au générique, lui qui joue le mystérieux C, un personnage qui ne réserve aucunes surprises…

En tentant de combler les fans de la dernière heure et ceux qui suivent la franchise depuis l’époque de Sean Connery, Spectre se tire royalement dans le pied. Le long-métrage tente d’être drôle et léger tout en adoptant un ton sérieux et pessimiste causant par la même occasion une empilade de séquences inutiles et peu palpitantes. Le fait que Spectre est le volet le plus long de la franchise n’est aucunement surprenant. Au-moins, Sam Mendes sauve la mise avec une mise en scène parfaite et réglée au quart de tour. Le meilleur héritage que l’on peut tirer de Spectre c’est que ses derniers instants proposent les fondations d’un vingt-cinquième volet qui aurait le potentiel d’être le meilleur chapitre d’une franchise vieillissante. Enfin, c’est en espérant que les scénaristes ne ruinent pas tout cette fois-ci…


Réalisation : Sam Mendes

Scénario : John Logan, Neal Purvis, Robert Wade, Jez Butterworth

Avec : Daniel Craig, Monica Bellucci, Ralph Fiennes, Léa Seydoux, Dave Bautista, Christoph Waltz, Ben Whishaw, Naomie Harris, Stephanie Sigman, Andrew Scott, Rory Kinnear, Jesper Christensen

Spectre (2015)
3.7

En conclusion

S’il ne marquera aucunement cette franchise, Spectre demeure une valeur sure dans une saga vieille d’une cinquantaine d’années…

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