Superman (1978)

Résumé : Lors de la destruction de sa planète, un orphelin extraterrestre est envoyé sur Terre, où il se développera sur cette planète adoptive pour y devenir son plus grand super-héros.

Critique : 

C’est en jouant d’audace que Richard Donner fut le pionnier du cinéma super-héroïque avec Superman, un long-métrage ayant connu une conception dans la discorde (Nous y reviendrons plus en détail dans notre critique de Superman II…). Pour plusieurs cinéphiles, Superman est le long-métrage qui a ouvert la voie aux Avengers ou aux X-Men de ce monde en démontrant au public mondial qu’il était possible de raconter une histoire crédible et divertissante centrée autour d’un homme en collants qui défend notre planète avec ses supers pouvoirs. Malheureusement pour Richard Donner, notre opinion sur ce long-métrage est plus mitigée qu’il n’y parait…

Alors que la planète Krypton est sur le point d’exploser, Jor-El, contre l’avis des autorités de la planète qui n’ont pas écouté ses avertissements, décide d’envoyer son fils sur une planète primitive avec tout le savoir accumulé de l’univers. Ce dernier débarque sur Terre où il apprend à vivre selon nos coutumes sur la ferme d’une petite ville. Une fois adulte, il déménagera à Metropolis, où il adoptera la double vie de super-héros, une double vie qui perturbera les plans machiavéliques du richissime Lex Luthor.

Première véritable adaptation cinématographique du fils de Krypton, Superman avait la lourde tâche de raconter à nouveau les origines du super-héros et pour y arriver, le long-métrage de Richard Donner se focalise vers un angle bien précis, celui de la parabole de Jésus. Un axe louable qui tente de démontrer que Superman sera le sauveur de l’humanité, ce sera ultimement le cas (Dans un monde, comme celui du film, où Batman et Wonder Woman n’existe pas…). Hélas, c’est cet aspect du long-métrage qui sera le plus faible nous donnant l’impression de visionner un mauvais film biblique de Pâques, avec des mauvais-sous-entendus sur le voyage de Clark sur Terre et sur la vie sur Krypton.

Superman débute réellement à la 45e minute, lorsqu’il décide enfin d’amener Clark Kent à Metropolis. Ce moment dans le long-métrage apporte également un changement de ton important puisque le long-métrage cesse enfin d’être un drame biblique lourd pour devenir un film de super-héros bon enfant avec beaucoup d’humour. Hélas, cette partie souffre également de nombreux problèmes, car le scénario peine à mettre donner de l’espace nécessaire aux personnages secondaires, effaçant complètement le personnage de Jimmy Olsen et rendant parodique et peu menaçant le personnage de Lex Luthor.

Toute son histoire de prendre le contrôle des terres de la Californie arrive comme un cheveu sur de la soupe. Nous pourrions même dire que son plan machiavélique perturbe de façon négative le déroulement de l’intrigue, nous donnant l’impression que les scénaristes avaient oublié d’ajouter un adversaire à Superman. Néanmoins, cette section du long-métrage est la plus divertissante de l’oeuvre malgré tous les défauts qui la composent, même que nous aimerions que Superman débute carrément par l’arrivée de Clark Kent à Metropolis. Hélas, le long-métrage vient en queue de poisson avec une conclusion assez ridicule, inventant un nouveau super-pouvoir à Superman simplement pour le plaisir d’une facilité scénaristique. Pour ceux qui n’ont jamais visionner Superman, disons simplement que le fils de Krypton décide soudainement de voyager dans le temps en changeant l’axe de rotation de la Terre…

Heureusement, Superman est une pure merveille au niveau de sa réalisation. Richard Donner (Lethal Weapon) fait un boulot remarquable derrière la caméra. Le réalisateur parvient à réellement créer l’illusion que Superman existe. Le réalisateur en profite aussi pour nous offrir de jolis plans du midwest américain grâce à des plans de Smallville qui profitent beaucoup de la vision et de la générosité du réalisateur. Dans sa démarche, Donner sera grandement aidé par le département des effets spéciaux qui a fait un travail exemplaire tant que le plan numérique que sur le plan pratique. Évidemment, plusieurs effets spéciaux ont vieillis, mais les envolées de Superman n’ont pas perdu de leur splendeur et les miniatures sont tout simplement géniale. Il est juste dommage que Derek Meddings, l’homme responsable de ces dernières, ait quitté la production pour travailler sur Moonraker, laissant à une tierce partie le soin de s’occuper des miniatures nécessaires à l’élaboration du «barrage temporaire» créé par Superman à l’aide de cailloux, durant le dénouement final du scénario. Sans être dégoutante, cette séquence semble être réalisée avec des jouets pour enfants, ce qui drôlement dommage en tenant compte du parcours presque parfait de Superman.

Également, malgré des décors plutôt réussis sur Krypton, les costumes de ce peuple donnent l’impression étrange que ses habitants portent des habits tissés avec du papier d’aluminium. Sans dire qu’ils sont laids, nous dirons simplement que leur choix artistiques laisse un peu à désirer. Au niveau de la musique, nous avons le droit à la trame sonore légendaire de John Williams (La saga Star Wars). Williams a marqué avec cette trame sonore le personnage de Superman pour de nombreuses décennies, créant un exploit que tous les compositeurs à venir ont tenté de répliquer et d’améliorer en vain. La musique du compositeur nous transporte au delà de notre planète avec ses airs majestueux qui élèvent les propos de Superman au rang de classique instantané.

Dans le rôle titre, Christopher Reeve (The Remains of the Day) trouve le rôle de sa carrière. Il offre une performance exemplaire, alternant avec brio la grandeur de Superman et la petitesse de Clark Kent. De plus, Christopher Reeve est l’acteur le plus crédible de toutes les adaptations au niveau des scènes de vol, en gâchant jamais cette illusion et en nous laissant jamais transparaître qu’il est soutenu par des câbles. En tant que Loïs Lane, Margot Kidder (Black Christmas) a une chimie terrifiante avec Christopher Reeve et elle offre une bonne interprétation du personnage même si nous préférons largement Noel Neill dans ce rôle. Nous faisons face au même problème avec Lex Luthor, alors que Gene Hackman (The French Connection) a une bonne présence à l’écran mais qu’il ne parvient pas à faire mieux que Lyle Talbot (Atom Man vs Superman) et que Kevin Spacey (Superman Returns). Le reste du casting offrent de bonnes performances et si vous avez l’oeil attentif, vous aurez même la chance d’apercevoir les caméo de Larry Hagman, vedette de la série Dallas, et de Kirk Alyn et de Noel Neill, les interprètes cinématographiques de Superman et de Lois Lane dans les serials des années 40 et 50.

Superman représente une étape importante dans l’histoire du cinéma américain. Le long-métrage fait partie d’une classe à part qui a marqué le monde du cinéma à jamais. Malgré quelques défauts, le long-métrage de Richard Donner est un classique fascinant les spectateurs depuis des générations. Superman est une réussite du début jusqu’à la fin, établissant un standard que tout film de super-héros se doit d’atteindre. Et oui, Superman est à ce point génial…


Réalisation : Richard Donner

Scénario : Mario Puzo, David Newman, Leslie Newman, Robert Benton

Avec : Christopher Reeve, Gene Hackman, Margot Kidder, Marc McClure, Marlon Brando, Jackie Cooper, Ned Beatty, Glenn Ford, Terence Stamp, Maria Schell, Sarah Douglas, Phyllis Thaxter, Valerie Perrine

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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