Superman II (1980)

Résumé : Superman accepte de sacrifier ses pouvoirs pour commencer une relation amoureuse avec Lois Lane, sans se douter que trois criminels de Krypton, qu’il a accidentellement libéré, se préparent à conquérir la Terre.

Critique : 

Quelques années après le succès de Superman, Superman II sortit dans les salles de cinéma de la planète. S’il était évidant qu’une suite allait survenir, peu de gens savaient que cette suite fut en partie réalisée en même temps que Superman jusqu’au jour où les dépassements de coûts et une querelle intestine entre Richard Donner et l’un des producteurs du long-métrage forcèrent l’arrêt du tournage de Superman II. Un an et demi plus tard, Richard Lester remplaça Richard Donner en toute urgence et reprit le tournage de Superman II pour nous donner l’étrange bibite que nous avons aujourd’hui entre les mains.

Alors que Superman déjoue un complot terroriste à la Tour Eiffel, il est loin de se douter que ses actions allaient libérer trois puissants criminels de Krypton, le général Zod et ses acolytes Non et Ursa. Pendant que Superman / Clark Kent explore sa relation amoureuse avec Lois Lane et que Lex Luthor s’évade de prison à la recherche de la Forteresse de la Solitude, les trois criminels planifient leur conquête de la Terre.

Fondamentalement parlant, Superman II n’est pas un mauvais long-métrage, loin de là. Par-contre, puisqu’il fut réalisé par deux réalisateurs à plusieurs mois d’intervalles, nous pouvons sentir une certaine distance entre le matériel d’origine et le produit fini que nous avons à l’écran. Cela ne gâche pas le divertissement que procure Superman II, mais nous sommes attristés de voir que tout le potentiel du long-métrage n’est jamais atteint. À plusieurs moments, nous même sentir l’humour du long-métrage passer de l’humour bon enfant à de l’humour enfantin. Et pourtant, toutes les meilleures scènes du long-métrage sont celles qui ont été réalisées par Richard Donner. Nous parlons essentiellement ici de toutes les scènes avec Gene Hackman, d’une bonne partie de la bataille de Metropolis, de la séquence sur la Lune et des scènes où Clark Kent confronte un camionneur.

De ce fait, il reste peu de marge de manœuvre pour Lester qui doit se contenter de refaire quelques scènes de Richard Donner (Afin de réaliser 51% du long-métrage et d’être crédité au générique…) et d’ajouter quelques amuses-gueules à l’histoire comme l’attaque des terroristes ou la découverte de la véritable identité de Superman. De plus, dans l’optique de séparer la partie Donner de la partie Lester, notons que plusieurs dialogues furent doublés en post-production pour faire en sorte que le scénario du long-métrage fonctionne et que Gene Hackman fut doublé par un horrible imitateur qui nous apporte quelques rires involontaires.

Malheureusement, comme si ce n’était pas suffisant, le long-métrage est également séparé en deux parties bien distinctes, comme lors du précédant volet. À nouveau, nous sommes confrontés à une première section moins intéressante pour l’homme d’acier, alors que nous voulons simplement que le scénario aboutisse quelque part afin que Superman puisse enfin rencontrer le général Zod. Heureusement, la seconde partie de Superman II se rattrape avec beaucoup d’action et avec la rencontre tant attendue entre Zod et Superman. Celle-ci ne nous décevra pas, mais la lenteur du long-métrage ne permet pas à Zod de s’exprimer comme étant le véritable adversaire de Superman. En fait, dans un certain sens, c’est l’humanité de Clarl Kent qui est le principal adversaire de Superman. Car, c’est son désir d’humanité et de romantisme avec Lois Lane qui permet à Zod de conquérir les États-Unis. Évidemment, Superman II a quelques bons moments, comme ce pauvre Non qui tente par tous les moyens d’acquérir la vision thermique.

Dernière la caméra, Richard Lester (The Three Musketeers) offre une réalisation honnête sans plus alors qu’il doit lutter entre son désir d’offrir un divertissement plus humoristique et simple et le cahier de charges qui l’oblige à «imiter» Richard Donner. Pour sa part, Richard Donner (Lethal Weapon) continue à faire un travail remarquable à la réalisation repoussant les limites des techniques du cinéma des années 80. Le principal défaut de la réalisation réside dans la bataille de Metropolis qui montrent les limites des réalisateurs alors qu’ils peinent à rendre intense le combat entre Superman et Zod. Ce qui nous donne même l’illusion que nous assistons aux délires d’un gamin qui s’amusent avec ses figurines d’action.

Heureusement, la séquence sur la Lune compense avec ce qui possiblement le meilleur moment de la franchise. Ce moment est techniquement majestueux et offre de la comédie à plusieurs niveaux, contrairement au reste du long-métrage qui tente d’être drôle, mais qui n’y parvient tout simplement pas. Au niveau de la trame musicale, Ken Thorne réarrange la musique du premier volet. Thorne fait de l’excellent travail à ce chapitre et apporte même une contribution honorable aux compositions de John Williams en ajoutant quelques thèmes assez magnifiques. Malheureusement, malgré toute sa bonne volonté, Throne ne parvient pas à recréer la magie et l’émerveillement de John Williams à ce chapitre.

Dans le rôle titre, Christopher Reeve (The Remains of the Day) continue à faire de l’excellent boulot, tout comme la majorité du casting du premier film, qui revient pour Superman II. Néanmoins, dans le rôle de Lois Lane, Margot Kidder (Black Christmas) semble moins inspirée que par le passé. Cette fois-ci, le méchant de service, Zod, est interprété par Terence Stamp (Wanted), que l’on a brièvement vu dans le premier volet de la franchise. Malgré une bonne performance de ce dernier, il est dommage qu’il se fasse voler la vedette par Jack O’Halloran (King Kong) qui est absolument sublime dans le rôle de Non. Sarah Douglas (Conan the Destroyer) a également une bonne présence avec le personnage d’Ursa, tout comme E.G. Marshall qui interprète le Président des États-Unis.

En conclusion, Superman II ne parvient pas à égaler le succès de son aîné. Sa conception dans la haine et le chaos ont fait beaucoup de mal à ce long-métrage qui parvient pas à s’élever au-dessus de ses problèmes de fondation. Malgré-tout, Superman II demeure un bon long-métrage qui est supérieur à aux entrées suivantes dans cette franchise dédiée à l’homme d’acier…


Réalisation : Richard Lester, Richard Donner

Scénario : Mario Puzo, David Newman, Leslie Newman, Tom Mankiewicz

Avec : Christopher Reeve, Gene Hackman, Margot Kidder, Terence Stamp, Sarah Douglas, Jack O’Halloran, Jackie Cooper, Marc McClure, Ned Beatty, Valerie Perrine, Clifton James, E.G. Marshall

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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