Superman Returns (2006)

Superman Returns et Star Wars Episode VII: The Force Awakens : Même combat?? La réponse ici dans nôtre critique de Superman Returns…

Critique

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Résumé : Superman réapparaît après une longue absence, mais il sera mis au défi par un ancien adversaire qui utilise la technologie kryptonienne pour parvenir à la domination planétaire.

Critique : 

C’est avec une certaine audace que Brian Singer repris temporairement le flambeaux de la franchise. Ses intentions étaient sincères et honorables, alors que nous pouvons sentir chez le réalisateur un véritable amour du travail de Richard Donner. Malheureusement, les fans n’ont pas vu la chose de la même façon et ils ont détesté, dans une certaine mesure, ce long-métrage. Heureusement pour Superman Returns, ce n’était pas notre cas…

Des années après une excursion spatiale à la recherche des restes de Krypton, Superman revient sur Terre et découvre que sa planète adoptive a bien changé, surtout Lois Lane qui est aujourd’hui mariée et mère de famille. Tandis qu’il doit réapprendre à vivre sa vie d’antan, Superman est loin de se douter que Lex Luthor est sorti de prison et qu’il prépare un coup d’éclat pour régner sur la Terre.

Superman Returns est le long-métrage que les fans de l’homme d’acier méritaient, mais n’est pas le long-métrage que ces fans voulaient. En débutant quelques années après les deux premiers Superman de Christopher Reeve, le long-métrage tente d’apaiser cette horde de fanatiques en colère en nous resservant essentiellement le scénario du premier Superman, sans toutefois être un remake, mais une suite à part entière. Mais le long-métrage est sorti une décennie trop tôt et n’a pas pu profiter de la vague de nostalgie actuelle qui génère des Creed, Ghostbusters (Version féminine…) et Star Wars Episode VII: The Force Awakens, des longs-métrages qui ont utilisé la même technique pour satisfaire leurs fans. Et nous sommes prêts à vous le prouver avec le paragraphe suivant qui vous dévoile légèrement l’intrigue du long-métrage…

En effet car en regardant attentivement le scénario de Superman Returns, nous sommes forcés de constater que nous sommes en train de revisionner le Superman de 1978, que ce soit avec la découverte de Superman par Martha Kent avec sa camionnette rouge, après une «chute de météorites», avec le sauvetage aérien de Lois Lane en guise de première introduction de Superman, avec la création d’une île à l’image de l’ambition de Lex Luthor ou avec l’utilisation de kryptonite par Luthor pour combattre Superman, une confrontation qui se finira par un lancer de Superman dans l’eau, une noyade et un sauvetage par un personnage féminin.

Tous ces indices nous prouvent l’amour de Bryan Singer envers l’homme d’acier, tout en apportant un niveau lecture assez unique puisque nous voyons nos personnages préférés revivre, de façon inconsciente, les mêmes événements de leur passé, et vous les voyons agir de la même façon même si les circonstances de leurs vies ont changé. Et pourtant, Superman Returns apporte quelques modifications subtiles à Superman, comme en lui conférant une humanité qui n’avait jamais eu la chance d’être exploitée auparavant. Cela se voit notamment lors de la scène où Superman tombe presque en larmes, après avoir espionné Lois Lane qui avouait une absence de sentiments amoureux envers l’homme d’acier.

Également, nous pouvons remarquer un gag récurrent assez hilarant alors que tous les chiens de Superman Returns connaissent un dénouement négatif. La première scène avec un être canin se conclue par un chien qui lèche les doigts de sa maîtresse qui vient de mourir. Et cela se continue ainsi par une scène de cannibalisme, par un chien qui perd son jouet favori et par la suggestion qu’il est très possible qu’un chien serve de BBQ alors d’une escapade malencontreuse sur une île déserte. En fait, le seul défaut du scénario de Superman Returns réside dans le personnage de Richard White que l’on tente de rendre son importance plus grande qu’elle ne l’est réellement puisque ses apparitions sont parfois un peu forcées. Les scénaristes ont surement oublié que nous sommes devant un être qu’il n’a fait son apparition qu’après le cap des 45 minutes et dont la présence n’est justifiée que par ses liens du sang.

Derrière la caméra, Brian Singer (X-Men: Days of Future Past) offre une réalisation élaborée qui alterne entre l’imagerie de Richard Donner et une mise en scène plus moderne. Singer est parvenu à créer plusieurs scènes mémorables et des images assez puissantes, comme lorsque Superman reprend une position célèbre de Jésus, voguant ainsi sur la facette divine des longs-métrages de Richard Donner. Également, Singer nous réaffirme son sens du spectacle avec des scènes d’action magistrales, qui sont minimes (Comme lors du premier Superman…) mais qui sont visuellement plus choquantes et plus intenses. Néanmoins, il est dommage que le scénario se tire un peu dans le pied en nous offrant la séquence la plus spectaculaire du film dans son premier tiers.

De plus, Brian Singer commet une erreur magistrale en sur-utilisant des effets numériques. Dans l’ensemble, Superman Returns tient toujours la route sur le plan technique, sauf pour les moments où Singer a décidé de remplacer Brandon Routh par un double numérique. Et nous ne parlons pas des scènes d’action, mais bel et bien des quelques séquences de vol où Superman passe devant la caméra de façon anodine. Lors de ces moments, nous avons clairement l’impression de visionner une cinématique de jeu vidéo, ce qui est plutôt dommage.

Sur le plan musical, John Ottman (X-Men: Days of Future Past) nous offre une nouvelle collaboration avec le réalisateur, Brian Singer. Superman Returns amalgame habilement la trame sonore d’Ottman avec celle de John Williams, et nous ne sommes pas en reste avec cette association puisque la musique d’Ottman tient facilement la route, face aux compositions légendaires de Williams, même si elle ne parvient pas à égaler cette dernière. Par-contre, il est assez étrange que la musique des premières scènes de Superman Returns semble provenir de X2, la précédente collaboration entre Ottman et Singer. Qui sait, nous pouvons peut-être y sentir une légère paresse dans la composition d’Ottman…

Dans le rôle titre, Brandon Routh (Legends of Tomorrow) fait de son mieux pour répliquer le jeu d’acteur de Christopher Reeve et il y parvient la plupart du temps. Si Routh n’a pas le talent artistique de Reeve, il parvient tout de même à laisser sa marque et à nous offrir une meilleure interprétation de Clark Kent. Passons tout de suite à l’aberration de ce casting avec Kate Bosworth (Blue Crush) qui est bien trop jeune pour interpréter Lois Lane, avec un jeu d’actrice assez passable, qui nous rappelle de façon négative celui de Margot Kidder à chacune de ses présences. Reprenant des personnages des précédents Superman, Frank Langella (The Ninth Gate), Sam Huntington (Fanboys) et Kevin Spacey (House of Cards) font tous de l’excellent boulot, spécialement Spacey qui offre un Lex Luthor extrêmement convainquant. Notons également la présence de James Marsden (X-Men), qui est assez insipide dans le rôle de Richard White, et notons aussi les présences de Noel Neill (Qui a joué Lois Lane dans les serials Superman et Atom Man vs Superman, ainsi que dans la série télévisée Adventures of Superman.) et de Jack Larson (Jimmy Olsen dans la série Adventures of Superman) dans des rôles mineurs.

Superman Returns est loin du film parfait, mais il s’approche suffisamment de la perfection pour nous offrir ce qui est possiblement le meilleur long-métrage de l’épopée cinématographique de l’homme d’acier. Bryan Singer a réussi un tour de force avec ce long-métrage, un tour de force qui est aujourd’hui boudé par les cinéphiles de ce monde. À l’image de Blade qui arriva une décennie trop tôt pour marquer le cinéma de super-héros, Superman Returns subit le même accueil hostile en arrivant bien avant le mouvement nostalgique qui pimente actuellement Hollywood. Bref, n’ayez pas peur de donner une nouvelle chance à Superman Returns et à le visionner sous un œil nouveau. Vous pourriez être surpris de la qualité cinématographique que représente Superman Returns


Réalisation : Bryan Singer

Scénario : Michael Dougherty, Dan Harris, Bryan Singer

Avec : Brandon Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey, James Marsden, Parker Posey, Frank Langella, Sam Huntington, Eva Marie Saint, Kal Penn, Noel Neill

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