The Brawler (2019)

Résumé : En 1975, un boxeur outsider à Bayonne, dans le New Jersey, tente de combattre le champion…
Critique : 
Il y a quelques années, un cinéaste québécois nommé Philippe Falardeau a connu un certain succès avec Chuck; un film de boxe acclamé par la critique, racontant la vie de Chuck Wepner. Un boxeur qui a connu un bref instant de gloire et qui a servi d’inspiration dans la création de Rocky Balboa, le célèbre personnage de Sylvester Stallone. Nous voilà en 2019, la vie de Chuck Wepner nous fait encore une fois l’objet d’une adaptation cinématographique. Sauf que cette fois-ci, le produit final est d’horrible qualité. Et il s’appelle The Brawler
Après un bref passage dans l’armée américaine, Chuck Wepner se recycle dans le monde de la boxe. Habitué des bagarres de fond de ruelles, Chuck obtient une chance face au boxeur Muhammed Ali, dans un combat qui le propulse dans le milieu du Showbizz. Après la défaite, Chuck sombre dans la pauvreté, la drogue et la criminalité. Mais rien ne peut le préparer face à son ultime combat, contre Sylvester Stallone.
The Brawler est un navet de la pire espèce. Rien dans le film ne fonctionne. Un projet comme The Room peut trouver un public grâce à un second degré ou à un aspect involontaire humoristique. Samurai Cop, Batman & Robin et Gymkata ne sont que des exemples dans le cinéma d’action. qui me surviennent en tête au moment d’écriture cette critique. The Brawler n’a rien pour le sauver et pour toucher ce genre d’audience. Dès les cinq premières secondes, on sent que quelque chose cloche et on a complètement raison. D’un point de vue structurel, The Brawler est divisé en deux sections.
La première moitié se concentre sur la montée de Chuck Wepner dans l’espace public, ainsi que son combat contre Ali. Cette section comprend les seules scènes de boxe du film. Il me faut aborder cet aspect dès le départ. The Brawler traite la boxe en plaçant la caméra devant le visage des combattants qui grognent et se servent de leur tête comme seule et unique stratégie défensive. Le cinéaste Ken Kushner ne tente pas de camoufler qu’il n’a aucun argent. Les combats sont filmés ainsi pour créer une sorte de spectacle, et pour camoufler qu’ils sont – très probablement – dans un entrepôt avec une dizaine de figurants. Kushner n’a tout simplement aucune débrouillardise ou vision.
Revenons à la première moitié de The Brawler. On peut sentir durant ces instants tous les mauvais choix que l’oeuvre prend. L’histoire, qui fut adaptée avec efficacité par le passé, décide d’oublier les éléments qui font que le septième art fonctionne. Le scénario décide d’oublier toute forme de structure pour se limiter à une narration de son personnage principal. Une narration qui peut se résumer, sans rien embellir, à ceci : « Je me suis acheté un sac de pommes. J’ai regardé une pomme. Deux jours plus tard, je n’avais pu de pommes à manger. » Il n’y a aucune histoire pour lier les scènes de The Brawler, qui ne fait que résumer une présentation ennuyeuse sur la vie d’un boxeur.
Encore là, si l’on prend le temps de décortiquer les scènes individuellement, on découvre que rien ne fonctionne. Les dialogues ne sont qu’une succession de clichés, assemblés dans des phrases qui n’ont parfois aucune cohérence. Et le pire, c’est que la distribution ne fait rien pour camoufler le tout. Zach McGowan (The 100), qui est très certainement un chic type, est horrible dans le rôle-titre. Physiquement, il est plus près d’un modèle de sous-vêtements que de l’idée populaire d’un moins que rien. Et, son jeu n’a aucune émotion. Et, on a parfois qu’il lit un texte devant des écoliers lorsqu’il narre The Brawler. Et il est trop jeune, même si on lui a tenté de « peinturer ses cheveux en gris » pour le faire paraître plus vieux. Taryn Manning (Orange is the New Black) semble fatiguée et peu intéressée à être dans ce film. Joe Pantoliano (The Matrix) doit se demander ce qu’il est arrivé à sa carrière pour se retrouver ici. Il y aussi un autre acteur, mais il me faut lui consacrer une place de choix deux paragraphes plus loin
La seconde partie de The Brawler se consacre à Sylvester Stallone et sur la chute de Chuck Wepner. Pour faire bref, ce dernier va en prison, combat un ours, vend de la drogue et est impliqué dans un trafic de souvenirs sportifs. Cette section est un brin supérieure, bien que les dialogues continuent à être horribles. Amy Smart (Road Trip) débarque. Elle est aussi mauvaise, mais elle a suffisamment de talent pour être la meilleure actrice, et de loin du film. Cependant, le coup de grâce survient avec Anthony Mangano. Un acteur peu connu que la production a choisi pour interpréter un certain Sylvester Stallone.
Je ne parle pas ici en tant que groupie de Sly, mais en tant que cinéphile. On ne prend pas un vieil acteur pour interpréter un homme de la vingtaine jusque dans la soixantaine. Pendant près de quarante ans, Mangano doit jouer Sylvester Stallone. Mais il a le physique d’un vieillard qui a mangé Sylvester Stallone. ce qui est particulièrement visible dans la section centrée sur le tournage de Rocky et de Rocky 2. Dans la première moitié, Ken Kushner tente de filmer de loin l’acteur pour tenter de camoufler son âge, sa grosseur, sa coiffure horrible et sa mauvaise imitation de Stallone. Ce dernier apparaît à de multiples occasions, et Kushner tente par tous les moyens de camoufler le tout. Cela ne fonctionne pas. C’est horrible. C’est du jamais vu.
Cela peut paraître stupide, mais cette critique est loin d’être abusive. The Brawler est un film facile à démolir, avec une exécution digne d’un mauvais théâtre d’été.


Réalisation : Ken Kushner
Scénario : Robert Dibella, Ken Kushner
Avec : Zach McGowan, Amy Smart, Joe Pantoliano, Taryn Manning, Jason James Richter, Anthony Mangano, Robert Clohessy, Burt Young

The Brawler (2019)
0.1

Résumé

The Brawler est horrible, avec aucune valeur et aucun respect pour les cinéphiles.

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