The Debt Collector (2018)

Résumé : Un enseignant en arts martiaux mixtes obtient un travail en tant que collecteur de dettes. L’emploi semble assez facile, jusqu’à ce qu’un client l’entraîne dans une situation plus profonde que prévu.

Critique : 

Scott Adkins (Boyka: Undisputed) et le cinéaste Jesse V. Johnson (Savage Dog) forgent leur amitié professionnelle avec de nombreux projets alléchants. En attendant la sortie de Triple Threat, nous avons The Debt Collector. La quatrième collaboration entre les deux hommes est débarquée depuis peu au Canada. Et, bien qu’elle ne soit pas la meilleure collaboration entre les deux hommes, The Debt Collector reste un film captivant et étrange…

French, un entraîneur de MMA ayant un passé dans l’armée britannique, est criblé de dettes. L’un de ses clients lui propose de venir travailler pour son patron : un mafieux se spécialisant dans le recouvrement de dettes et le prêt usuraire. À sa première journée, French fait équipe avec Sue, un vétéran dans le domaine qui lui fera découvrir une autre facette de l’humanité.

Dès sa séquence d’ouverture qui rend hommage à Reservoir Dogs, The Debt Collector nous annonce qu’il a des ambitions. Il souhaite être plus d’un simple film d’action avec Scott Adkins. Même lorsque ce dernier est en monde action, Adkins est capable de générer beaucoup de divertissement avec ses coups de poings et de pieds. The Debt Collector l’encadre avec un réalisateur inspiré et un scénario ayant un message à livrer. Hélas, le divertissement déçoit et rate la cible la plupart du temps.

Le long-métrage n’est pas horrible en tant que tel. Néanmoins le scénario tente de copier les manies de Quentin Tarantino et de Shane Black, pour offrir une reprise de Pulp Fiction et de Kiss Kiss Bang Bang. Nous y suivons deux acolytes vivant des aventures rocambolesques et ayant des conversations avec beaucoup de réparties. Les nombreuses scènes permettant aux acteurs principaux d’avoir beaucoup de plaisir et de proposer des scènes mémorables. Hélas, le texte de Jesse V. Johnson et Stu Small (Accident Man) ne parvient pas à assouvir ses ambitions et rate constamment ses tentatives de faire quelque chose de spectaculaire.

L’histoire tourne rapidement en rond avec un humour qui ne fonctionne pas toujours et un antagoniste principal qui n’apparaît que dans le dernier tiers. Sans but dans leur quête, les deux hommes se perdent dans un scénario que les forcent à répéter constamment les mêmes actions. Les deux repreneurs vont à un endroit, jouent les durs, se battent et partent. Le deuxième tiers de l’oeuvre souffrent beaucoup de ce format répétitif. On peut alors sentir que The Debt Collector tourne en rond pendant de nombreuses minutes. De plus, il est difficile de passer à côté de l’analogie que le cinéaste tente de faire avec la culture bovine. Un fait qu’il nous martèle à la figure avec des images de vaches dans un abattoir. Des images de cruauté animale qui n’ont aucune place dans un film d’action et qui minent de rythme de son oeuvre à chacune des trop nombreuses occasions que le cinéaste nous les lance à la figure.

Sur le plan technique, The Debt Collector n’est pas si mauvais que cela. Jesse V. Johnson comble les faiblesses de son scénario avec une réalisation dynamique qui met à l’avant les talents de ses interprètes principaux. Il ne faut pas nier que le film est ambitieux et qu’il utilise la Californie pour créer un univers parfait à son récit. Si le cinéaste n’avait pas décidé de mettre des images de bovins aux dix minutes, nous pourrions presque dire que Johnson y trouve sa meilleure réalisation. La direction photographie y est intéressante, les scènes d’action sont très réussies et on peut y sentir une passion certaine de la part du cinéaste.

Les deux acteurs principaux du divertissement expriment le même sentiment. Ils ont clairement du plaisir à jouer ces joyeux lurons. Scott Adkins y gagne l’occasion d’expérimenter avec un nouveau type d’arts martiaux; délaissant le kickboxing pour le vaste ensemble des arts martiaux mixtes. Louis Mandylor (Battle Drone) s’éclate dans un rôle indirectement inspiré de la carrière du célèbre Michael Dudikoff. Vladimir Kulich (The Equalizer) et Michael Paré (Streets of Fire) sont également de la partie pour de petits rôles forts captivants. Tout comme Tony Todd (Final Destination) dont la présence en antagoniste principal se limite à deux petites scènes.

The Debt Collector offre une expérience passable. Bien qu’il a entre les mains des artistes compétents, des problèmes importants détruisent le potentiel de l’oeuvre qui se compare de façon non avantageuse à ses concurrents dans le monde du direct-to-vidéo…


Réalisation : Jesse V. Johnson

Scénario : Jesse V. Johnson, Stu Small

Avec : Scott Adkins, Louis Mandylor, Vladimir Kulich, Michael Paré, Tony Todd, Selina Lo, Rachel Brann

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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