The Equalizer 2 (2018)

Résumé : Robert McCall sert une justice indéfectible aux exploités et aux opprimés, mais jusqu’où ira-t-il quand c’est quelqu’un qu’il aime?
Critique : 
Antoine Fuqua continue à avoir un certain flair pour le cinéma d’action et il tente de nous le prouver à nouveau avec le deuxième volet de la franchise The Equalizer. De retour avec l’un de ses acteurs chouchous, Denzel Washington (Training Day), comme ce fut le cas en 2014 avec l’adaptation de la série The Equalizer, le cinéaste tente de la première fois de sa carrière de faire la suite de l’un de ses succès populaires. Malheureusement, le tout ne se déroule pas sans quelques accrocs…
Robert McCall mène une vie sans prétention en tant que chauffeur de taxi, conduisant paisiblement les clients partout où ils doivent aller, établissant quelques relations amicales tout en se livrant à missions de vengeance pour aider des personnes impuissantes. Sa meilleure amie, Susan, en visite en Belgique pour examiner l’étrange suicide d’un agent, est brutalement assassinée. Foudroyé par la nouvelle, Robert tente de résoudre la mort de Susan, en renouant avec son ancien partenaire et en combattant de mystérieux ennemis…
The Equalizer 2 souffre à nouveau d’une crise d’identité. Nous n’assistons plus à un duel entre un réalisateur et son scénario. Cette fois-ci, c’est entre le personnage principal, Robert McCall, et le texte qui raconte ses aventures. Le scénario de Richard Wenk (The Expendables 2) part dans toutes les directions, en tentant de rendre justice à son personnage principal, tout en le transformant en justicier de la rue et en agent secret digne de James Bond.
À nouveau, les deux visions s’affrontent constamment, mais cette fois-ci, Fuqua peine à retrouver le charme du premier volet. Attention, le long-métrage reste une expérience cinématographique à vivre en cinéma. Mais The Equalizer 2 est intéressant qu’à cause de son personnage principal, et non à cause de son histoire. Sa logique interne ne fonctionne pas, car le film tente de transformer le personnage calme du premier film en la série Punisher du pauvre. Bien que le long-métrage soit (trop) long, il n’a simplement pas le temps pour rendre le tout crédible, surtout que Wenk n’a pas basé son scénario sur une structure hollywoodienne.
En visionnant The Equalizer 2, nous n’avons pas réellement envie de voir notre héros enquêter sur une peinture disparue durant la Seconde Guerre mondiale ou effacer un graffiti disant simplement « GANG ». Et pourtant, c’est ce que nous offre ce divertissement. Le long-métrage semble s’enfoncer dans un sable mouvant durant ces gouffres, ce qui rend les moments plus « intéressants », comme une séquence finale se situant durant un ouragan, assez anodins. L’antagoniste de The Equalizer 2 laisse également à désirer. Aucun spoiler ici, mais sa révélation n’a aucune surprise et le scénario de Wenk est incapable de le rendre menaçant. Le personnage de McCall est trop puissant pour faire de cette menace pour un danger pour qui ce que soit dans le film.
La réalisation d’Antoine Fuqua (Training Day) vient heureusement sauver The Equalizer 2 lorsque ce dernier ne va nulle part. Le cinéaste continue à proposer une réalisation léchée et très stylisée, mais il semble être prudent. Si l’on exclut la séquence finale, The Equalizer 2 ne cherche pas à impressionner et être éblouissant avec sa violence, parce que son réalisateur reste dans le conventionnel et le classique, bien que toujours violent. Durant sa conclusion, Fuqua tente de pimenter le tout avec un affrontement situé dans une ville abandonnée durant un ouragan. Un moment trop ambitieux pour le cinéaste qui est incapable de rendre l’enchaînement  pleinement crédible et jouissif, malgré des moments épiques… Comme un méchant qui se prend un harpon en pleine figure…
Dans le rôle principal, Denzel Washington continue à impressionner. L’acteur est à des milles du reste de la distribution qui semble mauvaise en comparaison. Et l’acteur reste crédible dans les séquences d’action, malgré son âge avancé. Pour l’accompagner, la vedette de la série Narcos, Pedro Pascal, devient la nouvelle recrue de la franchise. Pour le rôle qu’il avait à interpréter, l’acteur est assez fade, offrant une performance assez générique et oubliable. Melissa Leo (Olympus Has Fallen) et Bill Pullman (Lake Placid) sont également de retour avec des petits rôles négligeables.
Nous ressortons de la salle de cinéma avec l’impression d’avoir assez à un montage d’une série télévisée quelconque. Rien n’est exploité en profondeur, le méchant ne vient y faire qu’un simple coucou et nous sommes forcés à assister à un résumé de plusieurs intrigues secondaires. Malgré un aspect technique non négligeable et Denzel Washington, The Equalizer 2 est clairement inférieur à son prédécesseur, point final…


Réalisation : Antoine Fuqua
Scénario : Richard Wenk
Avec : Denzel Washington, Pedro Pascal, Ashton Sanders, Bill Pullman, Melissa Leo, Sakina Jaffrey, Jonathan Scarfe

The Equalizer 2 (2018)
2.9

Résumé

Malgré de bons moments, The Equalizer 2 n’est pas à la hauteur de son interprète et du matériel d’origine.

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