The Flash – Saison 2 (2015-2016)

C’est en saupoudrant des éléments dignes de Fast & Furious ou Harry Potter que The Flash a tenté de nous surprendre la saison dernière, en vain…

Critique

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Résumé : Suivant la défaite de son Némésis, Eobard Thawne, Barry Allen et Team Flash doivent retourner rapidement leur attention vers la singularité survolant Central City, consommant tout sur son passage. Armé de son cœur héroïque et de son habilité de bouger à une super-vitesse, Barry fonce dans l’œil de la singularité, sans se douter de la menace qui se cache derrière cette catastrophe épique…

Critique : 

Après une première saison assez géniale, The Flash se concluait avec un cliffhanger assez abrupte ou Barry Allen courrait vers la perturbation causée par son voyage temporel. Bien qu’étant assez vague sur l’allure de la deuxième saison de la populaire série, ce final nous affirmait une chose : que la série ne serait plus jamais la même. Et après avoir visionné la deuxième saison de The Flash, il nous faut affirmer que plus les choses changent, plus les résultats restent les mêmes… Et soyez avertis que cette critique comportera quelques éléments importants de l’intrigue présentée dans la deuxième saison de la populaire série.

Six mois après le fameux incident ayant touché Central City, la population de la ville est en pleine adoration envers Flash, sans se douter que ce dernier n’est responsable de la destruction du cataclysme surnaturel ayant causé la mort d’un proche ami. Rongé par la culpabilité, Barry Allen se remet en question et cherche sa place dans le monde. Néanmoins, il devra rapidement se mettre sur pied alors que son père est enfin libéré de prison avant de disparaitre pour faire du camping, et qu’un monstre issu d’un univers parallèle nommé Terre-2 débarque en ville. Ce monstre nommé Zoom est à la tête d’une armée de méta-humains prenant d’assaut Central City pour tuer notre héros favori afin de devenir l’homme le plus rapide du multivers…

D’entrée de jeu, je ne vais pas de main morte en vous parlant du pire défaut de cette deuxième saison. Avec l’arrivée de Legends of Tomorrow et de Supergirl, les créateurs / scénaristes de la série se sont retrouvés avec une double charge de travail, faisant en sorte qu’ils ont bâclé, en quelque sorte, les dernières saisons d’Arrow et de The Flash. Heureusement, The Flash survit passablement à ce désastre jusqu’à un certain point, car la série commet une erreur irréparable dans sa deuxième saison. À quelques détails près, et sur l’ensemble scénaristique, les deux saisons de la série sont identiques avec les mêmes revirements, les mêmes surprises, les mêmes arcs scénaristiques. Le seul sentiment de nouveauté provient de l’ordre plus ou moins aléatoire de cette redondance.

Et cela affecte tout le déroulement de la saison qui devient chaotique et peu intéressante spécialement durant la deuxième moitié, qui est en plus amputée de plusieurs personnages clés partis rejoindre Legends of Tomorrow. Il nous suffit juste à analyser le plan du méchant de la saison, le célèbre Zoom. Issu d’un univers parallèle, Zoom a, entre-autres, volé les pouvoirs d’un autre Flash nommé Jay Gerrick, avant de traverser vers notre réalité en quête de sa nouvelle proie, Barry Allen. En condensant grossièrement, Zoom envoie des méta-humains pour tuer Barry Allen, afin qu’il devienne plus rapide, pour ensuite le paralyser et espérer qu’il regagne sa vitesse pour finalement lui voler. Et lorsqu’il parvient enfin à voler les pouvoirs de Barry Allen, nous nous rendons compte que son grand plan machiavélique ne fonctionne que si Barry Allen a ses pouvoirs. Ce qui est doublement ridicule car durant toute la saison, Zoom tente activement de tuer Barry Allen ou de le dépouiller de ses pouvoirs, créant ainsi une incohérence monstre.

Et pourtant, c’est d’autant plus dommage car les premières apparitions de Zoom laissaient transparaître un méchant extrêmement macabre et puissant, capable de détruire le monde d’un claquement de doigts. Au final, nous avons simplement eu un antagoniste parlant beaucoup pour ne rien dire d’intelligent. Les autres additions à la série sont également des petites déceptions. D’un côté nous avons Harrison Wells de Terre-2, un choix idéal pour être le nouveau mentor de Barry Allen après le départ du précédent Harrison Wells. Il nous faut avouer que toute l’intrigue entourant ce personnage et sa fille reste le seul éclair de génie de la part des écrivains, apportant la densité scénaristique nécessaire pour maintenir le spectateur assis sur son siège pendant une vingtaine d’épisodes. De l’autre côté, nous avons Jay Gerrick, le Flash de Terre-2, un homme détruit par le passage de Zoom. Un personnage assez inutile dans la mesure où il n’est présent que pour sa belle gueule et pour nous rappeler que Zoom est méchant.

Du côté des héros principaux, là aussi la saison de The Flash n’offre que peu de choses à se mettre sous la dent en se focalisant essentiellement à amplifier les traits de caractère des personnages. Barry Allen continue à être le héros naïf, défaitiste et joyeux qui sombre tranquillement du côté obscur de la positivité au fil des épisodes. Iris West continue d’être une agace voulant être journaliste. Snow continue à être endeuillée par la mort de son copain, avant de vivre une nouvelle escapade romantique. Cisco continue à être un soutien comique malchanceux en amour. Et puis Joe West continue d’être le cœur et la voix de la raison de ce beau petit groupe. La seule nouveauté repose sur les épaules d’Henry Allen, le père de Barry, qui sort de prison dès le premier épisode pour ensuite disparaître complètement de la série, sauf lorsque son personnage est absolument nécessaire. Il est inutile de dire que cela est une grande déception surtout que les conversations entre les deux hommes étaient parmi les meilleurs moments de la dernière saison.

Sinon, The Flash offre quelques nouveautés dans ses intrigues secondaires. L’arrivée de la Terre-2 permet à la série d’explorer avec beaucoup de profondeur les versions alternatives ou «non-alternatives» des personnages principaux de la série; un concept redondant qui a néanmoins apporté un magnifique double épisode dans la seconde moitié de la saison. De plus, The Flash se permet d’introduire le personnage de Wally West, ou Kid Flash, dans une version pré-héroïque digne d’un mauvais clone de «The Fast and the Furious». Et puis, la série se permet d’explorer la mythologie entourant les pouvoirs de Barry Allen, avec des créatures «largement inspirées» de la saga Harry Potter et avec un épisode tout spécial en fin de parcours, dont nous n’allons pas vous dévoiler l’intrigue ici…

Sur le plan technique, The Flash offre à nouveau une compétence exemplaire avec, dernière la caméra, une équipe de réalisateurs relativement amateurs. Ce qui n’empêche pas à la série de vous proposer les talents d’Antonio Negret (Transit)Rob Hardy (Stomp the Yard: Homecoming)J.J. Makaro (Cascadeur hollywoodien ayant notamment travaillé sur la saga Final DestinationThe Incredible Hulk et X2), Steve Shill (Obessed)Kevin Smith (Clerks), Rachel Talalay (Tank Girl) et Kevin Tancharoen (Mortal Kombat). Et en excluant quelques séquences de «Fast and Furious», la série continue à offrir une réalisation exemplaire pouvant rivaliser avec le meilleur de la télévision américaine.

Il est juste dommage que les effets spéciaux ne suivent pas toujours la démarche scénaristique de la série. Si The Flash est connue pour ses effets spéciaux parfois limites, une sur-abondance des effets par ordinateur fait en sorte que la deuxième saison de la série manque parfois de crédibilité, surtout lors de ses moments les plus héroïques. Et puis, il nous faut continuer à vous noter que la trame sonore de Blake Neely (The Last Samurai) continue à offrir une trame sonore trépidante à la série, même lorsque cette dernière traverse ses heures les plus sombres.

Pour ce qui est du casting de la série, tous les acteurs «vétérans» de la populaire série continuent à faire de l’excellent travail dans leurs rôles respectifs, surtout Tom Cavanagh (Ed) et Jesse L. Martin (Law & Order) qui ont connu une année assez riche en émotions. Vanessa Williams (Candyman), Tony Tood (Candyman)Shantel VanSanten (One Tree Hill) et Violett Beane (The Leftovers) furent également de bonnes additions au générique de la série dans des rôles assez marquants. Néanmoins, nous ne pouvons pas dire la même chose de Keiynan Lonsdale (Dance Academy) dans le rôle de Wally West. Même chose pour Teddy Sears (24: Legacy) qui est une erreur de casting dans le rôle de Jay Garrick alors que l’acteur se contente d’être la belle gueule de service.

Certes, la deuxième saison de The Flash n’est pas parfaite. Les scénaristes de la série se sont contentés de faire le minimum syndical en faisant essentiellement un remake de la première saison en y ajoutant des éléments provenant de Terre-2, le nouveau monde parallèle préféré de ce programme télévisuel. Nous ressortons de cette saison avec une impression de déjà vu alors que nous assistons à une intrigue n’offrant peu de surprises. Heureusement, les premières images de la prochaine saison semble montrer une correction de la trajectoire narrative. Il reste plus qu’à espérer que The Flash ne connaisse pas le même sort qu’Arrow, sa grande sœur…


Créateur : Greg Berlanti, Geoff Johns, Andrew Kreisberg

Diffusée sur : CW

Avec : Grant Gustin, Candice Patton, Danielle Panabaker, Carlos Valdes, Keiynan Lonsdale, Tom Cavanagh, Jesse L. Martin, Teddy Sears, Tony Todd, Shantel VanSanten, Violett Beane, John Wesley Shipp, Patrick Sabongui, Victor Garber, Vanessa Williams, Wentworth Miller, Ciara Renée

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