The Night Crew (2015)

Résumé : Un groupe de chasseurs de primes doit survivre une nuit dans un motel désert face à une horde de bandits sauvages lorsqu’ils réalisent que la fugitive, une mystérieuse femme d’origine asiatique, qui est en leur possession, représenterait un danger bien plus grand que prévu…

Critique : 

Mine de rien, Christian Sesma (Shoot the Hero) est en train de devenir un membre important de la communauté du cinéma d’action. Tel un R. Ellis Fraser ou un William Kaufman, Sesma réalise des films d’action de plus en plus importants, des films d’action qu’il fait avec certains de ses collaborateurs réguliers : Paul Sloan, Luke Goss, Jason Mewes et Danny Trejo. Personnellement, nous avons commencé à suivre la carrière de Sesma avec AWOL-72, un film qui ne nous avait pas totalement convaincu. Maintenant que The Night Crew est sorti depuis plusieurs mois au Québec, il était temps de confirmer ou d’infirmer nos attentes envers ce cinéaste.

Mae, une danseuse nue, se fait poursuivre à son travail par un duo de brigands. En faisant rattraper par ces derniers, Mae est sauvée par un groupe de chasseurs de primes également à sa recherche. Sauf que ces mercenaires ne se doutaient que Mae est poursuivie par l’un des plus puissants criminels du Mexique, ce qui va forcer ce petit groupe à se battre pour sauver leurs vies et pour atteindre en un seul morceau la frontière des États-Unis.

Si l’on se fit aux avis de la communauté d’IMDB, The Night Crew serait un très mauvais long-métrage. Dans les faits, The Night Crew est un film plus nuancé que ce qu’il paraît offrant un divertissement assez bourrin. En termes d’histoire, le long-métrage fait le minimum nécessaire pour mettre en place son intrigue, pour mettre en situation les nombreuses scènes d’action et pour donner de la personnalité aux personnages. Cela est suffisant pour faire en sorte que chaque membre du commando est différent et que l’on souhaite que tout ce petit gang sorte de ce chaos vivant. Néanmoins, la véritable surprise du scénario repose sur les épaules de la mystérieuse Mae.

Cette dernière est à l’origine des revirements de situation du scénario, apportant une touche surnaturelle au récit. Dès le départ, nous savons qu’il y a quelque chose qui cloche avec Mae et le scénario de Paul Sloan (The Vigilante Diaries) et de Christian Sesma fait de son mieux pour camoufler cet aspect jusqu’à la dernière minute (Néanmoins, un spectateur aguerri saura découvrir le pot aux roses…), créant par la même occasion des révélations finales plus que satisfaisantes. Même qu’une seconde écoute du long-métrage est profitable pour découvrir les indices laissés par les scénaristes et pour écouter le long-métrage sous un second angle.

Hélas, les révélations entourant Mae seront aussi la cause du plus grand problème de The Night Crew, qui finit littéralement trente secondes trop tard. En effet, le mystère entourant Mae prend une tournure assez étrange durant les derniers instants du film où nous voulons tout simplement hurler à la figure de Sesma pour l’insulte qui nous lance avec cette conclusion. Cette dernière risque de diviser plusieurs spectateurs et de faire en sorte que vous allez aimer ou détester le long-métrage. Même chose pour le personnage de Danny Trejo, l’antagoniste principal du film, qui ne fait que parler avec des sous-entendus étranges dans sa luxueuse demeure en étant à des kilomètres de l’intrigue du long-métrage, un rôle qui gâche un peu le talent d’acteur de Trejo.

Comme vaguement mentionné ci-haut, nous ne regardons pas The Night Crew pour son scénario étoffé, mais pour les nombreuses scènes d’action qui en résultent. La pellicule de Christian Sesma est assez sanglante et assez bourrine grâce à l’espace généré par le scénario simplet. Et Sesma profite de cet espace avec une réalisation élaborée démontrant tout le savoir faire du réalisateur. Sesma parvient à donner l’illusion que le film est plus riche qu’il n’y paraît, même si cela se fait avec quelques compromis. La majorité des effets numériques sont mal foutus et peuvent vous faire saigner des yeux, mais c’est ce qui risque d’arriver avec des productions de faible budget, surtout celles qui n’utilisent pas des véritables effets spéciaux pour exploser des Hummer ou pour simuler des fusillades.

Heureusement, dans la majorité du temps la caméra léchée de Sesma camoufle cet aspect et nous devons admettre qu’il ne lésine pas avec les décors utilisés dans le long-métrage en détruisant partiellement un vieux motel abandonné. C’est d’ailleurs dans ce motel que l’on pourra trouver les meilleurs plans de la caméra de Sesma, comme lorsqu’il filme avec une légère touche de poésie une scène de torture où le visage du torturé plonge sans cesse dans de l’eau teinté de sang ou lorsqu’il se focalise sur Mae durant l’une des scènes de destruction dudit motel. Au niveau de la musique, Kevin Riepl (Shrek 2) fait de l’excellent boulot malgré un travail inégal. À quelques moments, la trame sonore d’inspiration mexicaine tape royalement sur les nerfs, mais à d’autres moments sa musicalité soutien parfaitement les scènes du long-métrage et parvient à nous émouvoir.

Au générique, nous avons un commando de mercenaires constitué de Luke Goss (Blade 2), de Bokeem Woodbine (The Rock), de Paul Sloan (Vigilante Diaries) et de Luciana Faulhaber. Malgré le talent plus limité de Luciana Faulhaber, le quatuor nous offrent de bonnes performances et sont plutôt convaincants dans leurs rôles respectifs. Dans le rôle de Mae, Chasty Ballesteros (Final Destination 5) offre une prestation honnête en demie-teinte. Comme mentionné ci-haut, Danny Trejo (Machete) est l’antagoniste de The Night Crew, mais le scénario du film ne lui permet d’être présent que le temps d’un caméo hasardeux étiré sur toute la durée du long-métrage. Notons également des apparitions de Roberto ‘Sanz’ Sanchez (2 Fast 2 Furious), Jason Mewes (Clerks) et Don Swayze (Le frère de Patrick Swayze) dans des rôles mineurs.

En termes de divertissement bourrin, The Night Crew peut difficilement faire mieux avec une long-métrage axé sur les scènes d’action. The Night Crew est fait pour les spectateurs qui cherchent un divertissement sans prise de tête, malgré que les instants du récit vont causer quelques mots de tête. Peu importe, car le film apporte à Christian Sesma les lettres de noblesse nécessaire au réalisateur pour être considéré comme une pierre angulaire du cinéma d’action indépendant, ce qui est amplement suffisant.


Réalisation : Christian Sesma

Scénario : Paul Sloan, Christian Sesma

Avec : Luke Goss, Bokeem Woodbine, Paul Sloan, Chasty Ballesteros, Jason Mewes, Roberto Sanchez, Jacqueline Lord, Danny Trejo, Don Swayze, Roberto ‘Sanz’ Sanchez

A propos de Michaël Michaud 369 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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