The Outsider (2018)

Résumé : Une histoire épique durant l’après Seconde Guerre mondiale qui est centrée sur un soldat qui devient un Yakuza.

Critique :

Depuis quelque temps Netflix a parfois des allures de plateforme où tous les films rejetés par les institutions en place viennent pour y voir le jour ou pour se faire distribuer. Dernièrement, Netflix a connu quelques mois faibles avec des sorties de projets aux qualités douteuses, comme Bright, The Cloverfield Paradox, Mute ou Battle Drone. The Outsider ne renversera malheureusement pas la tendance…

Prévu au départ pour mettre en vedette Michael Fassbender (X-Men: Apocalypse), puis pour mettre en vedette Tom Hardy (The Dark Knight Rises), The Outsider se veut être une exploration de la criminalité japonaise centrée Jared Leto (Suicide Squad). Mais là où des films comme The Yakuza, Black Rain ou Showdown in Little Tokyo réussissent, The Outsider échoue. En soi, le long-métrage n’est pas si mauvais que cela, mais si ce n’est de la présence de son acteur principal ou de Netflix, peu de gens n’oseraient visionner ce divertissement. Le long-métrage se visionne comme un long téléfilm peu original, un téléfilm qui a un long générique d’ouverture.

C’est peut-être à cause du développement occidental du film, mais nous avons ici qu’une simple histoire où un prisonnier rend un service en prison et à sa sortie, cela lui permet d’intégrer un groupe de criminels. Le scénario d’Andrew Baldwin (Bastille Day) manque de profondeur et de consistance. Nous avons parfois l’impression d’assister à l’oeuvre d’un fanatique de cinéma japonais qui a décidé un montage de ses films préférés alors que plusieurs thèmes sont survolés, mais jamais explorés. Surtout que notre héros représente une belle opportunité manquée; celle d’un américain aux motivations complexes dans un Japon cicatrisé par la Seconde Guerre mondiale.

Au lieu de cela, The Outsider offre un drame honnête sans plus avec quelques explosions de violence qui transforme notre héros en John Wick des pauvres. Un drame qui souffre également d’un départ trop brutal. The Outsider jouit d’un premier acte assez froid et direct qui démarre avec le personnage de Leto qui doit décider, ou non, d’aider son codétenu à tenter de simuler un suicide dans un enchaînement de scènes parfois confus qui se termine par le long générique. Un exemple parmi tant d’autres qui soulignent le fait que The Outsider n’est guère intéressé à laisser entrer son public dans son univers, quitte à le laisser dans l’ignorance la plus totale. Heureusement, The Outsider parvient à corriger ses tords scénaristiques dans un dernier acte un peu plus axé sur les rebondissements et sur le divertissement.

Derrière la caméra, le cinéaste nominé aux Oscars Martin Zandvliet (Land of Mine) tente par tous les moyens de nous impressionner pour sa première réalisation américaine. Grâce à lui, The Outsider devient un film poétique avec plusieurs images marquantes et saisissantes. Mais ce qu’il gagne en style, le film le perd dans son intégrité structurelle. Visionner The Outsider devient presque un acte de foi à certains moments. Le rythme est lent et le montage est froid et chirurgical; si bien que l’on pourrait facilement retirer une bonne demi-heure à l’ensemble du film pour créer un divertissement bien plus cohérent et bien plus agréable. De plus, Zandvliet n’exploite pas réellement la richesse du Japon ce qui est assez regrettable.

Malgré un personnage principal peu intéressant et peu développé, Jared Leto fait de son mieux pour créer un homme réservé capable de grandes violences. Même si Leto réussit cet exploit, Tadanobu Asano (la saga Thor) lui vole la vedette dans le rôle d’un Yakuza bien plus sympathique et bien plus crédible. Les interactions entre les deux hommes sont d’ailleurs les meilleurs moments de The Outsider. Le reste de la distribution asiatique livre d’excellentes performances et certains ont même un niveau de langue anglaise impeccable pour ce genre de production. Pour conclure sur une note occidentale, soulignons les présences de Rory Cochrane (CSI: Miami) et d’Emile Hirsch (Speed Racer) dans de légers caméos.

The Outsider est trop superficiel pour marquer les esprits. Sa caméra privilégie le style au détriment de la substance et son scénario se contente de jouer de façon sécuritaire avec sa prémisse pour éviter toute fausse note. Le tout est trop générique pour l’ambleur de sa production, mais The Outsider se laisse regarder notamment grâce à sa distribution de haut calibre.


Réalisation : Martin Zandvliet

Scénario : Andrew Baldwin

Avec : Jared Leto, Tadanobu Asano, Kippei Shiina, Shiori Kutsuna, Nao Ōmori, Min Tanaka, Emile Hirsch, Rory Cochrane

The Outsider
1.8

Résumé

The Outsider est une autre occasion ratée pour Netflix. Meilleure chance la prochaine fois!!

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Écrit par Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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