The Revenant (2015)

Résumé : Hugh Glass, pionner des années 1820, s’embarque dans sur la route de la vengeance contre ceux qui l’ont abandonné après une attaque d’ours.

Critique : 

Il y a de ces films dont nous attendons la venue avec impatience. Dans certaines occasions, cette impatience est notamment due au talent artistique devant et derrière la caméra. C’est le cas avec The Revenant qui réunissait deux poids lourds d’Hollywood, Alejandro González Iñárritu (Birdman or (The Unexpected Virtue of Ignorance)) et Leonardo DiCaprio (Inception) et qui se mettait en images une période peu exploitée par les westerns américains, une période où l’Amérique du Nord était encore sauvage et vierge…

Tandis que l’expédition dont il fait partie doit quitter en urgence le poste de traite où ils chassent des animaux pour leurs peaux, Hugh Glass, un guide ayant une expérience de ces territoires viverges, est sauvagement attaqué par un ours. Gravement blessé, ses coéquipiers abandonneront assez rapidement Glass, qui, mené par un désir de vengeance envers un homme en particulier et par l’amour de sa famille, fera tout pour retrouver la civilisation…

Nous ressortons de The Revenant avec beaucoup de frustration. D’un côté nous voulons déclarer que ce long-métrage est possiblement l’un des plus grands films de tous les temps, mais de l’autre côté nous voulons détester avec une certaine intensité The Revenant. Ce n’est pas de notre faute, le long-métrage est tout simplement trop long. Il est tellement long qu’il serait possible de retirer une bonne trentaine de minutes, voire même une quarantaine de minutes, sans même affecter le dénouement d’une histoire trop simple pour offrir adéquatement 150 minutes de divertissement.

Nous pouvons grossièrement résumer The Revenant en cette courte phrase : DiCaprio se fait attaquer par un ours, DiCaprio se repose, DiCaprio part à la recherche de l’homme qui l’a trahi, etc, etc. C’est triste mais c’est de cette matière que se déroule l’entièreté des péripéties du personnage principal. Si le long-métrage aurait une durée plus minime, cela ne poserait pas problème, mais avec une durée dépassant les deux heures, visionner The Revenant devient presque une expérience pénible, où nous avons l’impression de revoir sans cesse les mêmes événements.

Et c’est d’autant plus dommage que tous les personnages secondaires du film sont sous-développés, comme ces trappeurs français qui ne font que traverser l’écran ou ces «méchants» indiens qui représentent une menace assez futile avec une sous-intrigue concernant une femme violée et kidnappée que The Revenant jette tout simplement à la poubelle. À la place, il s’obstine à se concentrer sur le personnage principal et sur de nombreuses visions le mettant de l’avant avec sa famille. Ce sont certes des éléments assez importants, mais en comparaison, il y a tellement moments cruciaux de l’intrigue qui auraient mérité une plus grande attention…

Évidemment, Alejandro González Iñárritu est l’une des deux grandes vedettes du long-métrage. Le réalisateur parvient ici à réussir un travail de maître, un travail exemplaire qu’aucun réalisateur n’est parvenu à accomplir. Chaque plan de caméra est sublime, créant ainsi les morceaux d’un moment cinématographique exemplaire. Le réalisateur est parvenu à capter à la perfection les plaines désertiques de l’Ouest canadien (Lieu de tournage) avec des plans de caméra magnifiques et un montage parfait. Et que dire de la direction photo qui utilise la lumière naturelle du Soleil, ce qui a forcé l’équipe de production à limiter le tournage à quelques heures seulement à chaque jour…

Également, The Revenant parvient à être extrêmement réaliste au niveau de sa violence graphique, accompagnant ainsi la démarche du réalisateur, ce qui peut déranger certains spectateurs, notamment à quelques scènes d’anthologie comme le célèbre combat entre Leonardo DiCaprio et un ours ou comme une course poursuite qui se conclut par la décapitation et l’éventrement d’un cheval. La trame musicale de Ryuichi Sakamoto (Appleseed) et de Carsten Nicolai aide aussi l’ambiance du long-métrage, alors que les deux hommes signent une musicalité intéressante. Surtout que l’on pourrait dire que, dans un certain sens, la musique des deux hommes vient apporter du rythme à The Revenant lorsque ce dernier est abandonné par le scénario assez pitoyable du film.

Comme vous vous en doutez probablement, l’autre grande vedette du long-métrage, Leonardo DiCaprio, offre la meilleure performance de sa carrière. Il est pleinement investi dans un rôle qui pourrait bien lui permettre d’obtenir un Oscar. Il se donne corps et âme dans le personnage d’Hugh Glass, un personnage qui n’a pourtant pas beaucoup de dialogues ou de rencontres avec les autres personnages du film. Lui donnant la réplique, Tom Hardy (The Dark Knight Rises) offre également une performance remarquable, voire même supérieure à celle de DiCaprio. Néanmoins comme la quasi-totalité des personnages de The Revenant qui sont sous-développés, l’antagoniste interprété par Hardy peine à être une menace crédible, surtout à cause de la seconde moitié du récit qui abandonne l’acteur et son personnage.

Domhnall Gleeson (Star Wars: The Force Awakens) et Will Poulter (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the Dawn Treader) interprètent les deux principaux compagnons de voyages de Dicaprio et de Hardy, tout comme Forrest Goodluck qui joue le fils d’Hugh Glass, accompagnant ce dernier dans cette expédition dans l’Ouest américain. De plus, si vous ne clignez pas les yeux, vous aurez la chance de voir les acteurs québécois Vincent Leclerc (Les Pays d’en haut) et Emmanuel Bilodeau (René Levesque – Le destin d’un chef) qui ont des petits rôles dans cette production.

The Revenant n’est pas un mauvais long-métrage, mais la maigreur et l’insignifiance de son scénario axé sur un survivalisme redondant et peu généreux en intrigue sont que le visionnement du film devient assez rapidement pénible. Certes, The Revenant va probablement remporter quelques Oscars, mais c’est grâce au travail exemplaire du réalisateur et des acteurs qui nous offrent leurs meilleures performances en carrière. Même que c’est grâce à eux, et grâce à eux seulement, que le film se mérite d’être vu, idéalement sur le grand écran de votre salle de cinéma favorite.


Réalisation : Alejandro González Iñárritu

Scénario : Alejandro González Iñárritu, Mark L. Smith

Avec : Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson, Will Poulter, Paul Anderson, Lukas Haas, Brendan Fletcher, Brad Carter, Javier Botet

The Revenant (2015)
3.6

En conclusion

Même s’il nous permet de débuter l’année en beauté, The Revenant n’est pas le chef-d’oeuvre escompté, ce qui ne nous empêche pas d’être éblouis par le spectacle à grand déploiement offert par Alejandro González Iñárritu

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