True Grit (1969)

Résumé : Un Marshall alcoolique et un Texas Ranger font équipe avec une filette têtue pour traquer le meurtrier du père de ce dernier en territoire indien.

Critique : 

John Wayne fut une icone du cinéma américain. Il a joué dans des chefs d’oeuvre comme The Man Who Shot Liberty Valance, Rio BravoThe Searchers ou The Longest Day. Étrangement, le seul Oscar que Wayne gagna fut pour True Grit, un western grandement surestimé et détesté (Dans ses parties ou son tout…) par plusieurs membres importants de l’équipe, dont John Wayne qui a ouvertement détesté le film, ses compagnons de jeu et le réalisateur du film…

Mattie Ross, une gamine têtue, voyage à Fort Smith pour récupérer le corps de son père, tué lors d’un voyage commercial par l’un de ses employés. En assistant à une pendaison, elle décide de retrouver le meurtrier de son père et pour ce faire elle engage un policier alcoolique pour le traquer en territoire amérindien. Sur la route, ils seront accompagnés par un représentant de la loi du Texas cherchant également cet individu pour des raisons inconnues.

True Grit est un film grandement aimé par les fans de John Wayne. Malheureusement pour ces derniers, cette critique du film culte des années 60 ne risque pas d’impressionner beaucoup des fans du long-métrage. L’un des grands défauts de True Grit, c’est que ce dernier souffre de la lenteur des œuvres de cette époque, une lenteur qui est particulièrement pénible à suivre dans ce cas-ci.

En fait, jusqu’au moment où notre trio d’antagonistes partent en territoire amérindien (Un territoire où on ne voit que très peu d’amérindiens…), l’intrigue du long-métrage stagne, comme s’il attendait ce moment précis pour démarrer. Et pourtant, cette section du long-métrage comporte plusieurs scènes puissantes, comme la première scène de dialogues entre Rooster Cogburn et Mattie Ross ou lorsque cette dernière négocie avec un commerçant ayant vendu des chevaux à son défunt père. De plus, on dirait que Marguerite Roberts ait mal compris le personnage de Mattie Ross, lui donnant des traits de caractère qui se rapprochent de l’enfant gâté et non de la femme forte qu’elle est réellement dans la seconde partie de l’oeuvre.

La deuxième moitié de True Grit est légèrement supérieure alors que nos héros partent réellement à l’aventure. Si l’aspect enfant gâté disparaît légèrement au profit de l’affirmation de Mattie Ross, c’est toutefois l’ombre de John Wayne qui assombrit le film. L’acteur est clairement la vedette de ce long-métrage mais la première partie du long-métrage laissait suffisamment d’espace pour le personnage de Mattie Ross de se développer. Sans entrer les détails, la seconde section de cette pellicule croule légèrement sous le poids de la vedette que l’on tente malheureusement d’imposer comme étant le personnage central de l’intrigue, même si Cugburn n’est pas que l’employé de la gamine. Il y a également le personnage de La Boeuf, le policier du Texas, qu’on relègue au niveau du «sidekick» assez inoffensif. La plus grande offense viendra néanmoins des dernières minutes de True Grit alors que la présence de Rooster Cogburn devient insupportable dans des scènes que l’on pourrait facilement supprimer du récit.

Techniquement parlant, True Grit n’est pas un mauvais film, loin de là. Nous pourrions même dire que True Girt a bien vieilli, notamment grâce aux paysages du Colorado qui bordent les décors du film. Henry Hathaway (How the West Was Won) offre une réalisation fort compétente, malgré quelques soucis assez visibles, comme une erreur de raccord qui est devenue culte (Lorsqu’un des personnages sort de l’eau sans être mouillé.), au même titre que le Stormtrooper qui se cogne la tête dans Star Wars. Malgré toute la bonne volonté de Hathaway, nous pouvons remarquer deux grandes faiblesses dans son travail, alors que ce dernier n’est pas capable de dynamiser correctement l’intrigue ennuyeuse (Et prévisible…) du film et il a quelques difficultés à bien gérer les quelques scènes d’action.

Cela se voit notamment lors de la scène, qui est aujourd’hui devenue légendaire, où John Wayne attaque et charge un groupe de bandits à cheval, avec une arme dans chaque main. À ce moment-là, il est clair que monsieur Wayne est assis dans un véhicule, ce qui apporte un aspect involontairement comique à cette scène mythique. Musicalement parlant, Elmer Bernstein (Cape Fear) offre une trame sonore assez intéressante respectant les codes du Western et la totalité de l’époque, même si elle va dans toutes les directions. Néanmoins, elle est omniprésente dans True Grit, se transformant peu à peu en un poison pour les oreilles, qui atteignent leur niveau de saturation assez rapidement.

True Grit repose évidemment sur un trio de personnages. John Wayne (Rio Bravo) cabotine grandement dans ce qui lui donnera l’Oscar du Meilleur Acteur, un prix visiblement remporté pour l’ensemble de sa carrière et non pour sa participation dans ce projet. Malgré-tout, il domine largement ses compagnons de jeu, alors qu’il donne la réplique à un chanteur dans son premier projet cinématographique important (Glen Campbell qui offre une performance assez fade.) et à une jeune actrice offrant une performance horrible (Kim Darby qui est trop vieille pour jouer une gamine et qui est insupportable…). Jeremy Slate joue le meurtrier de cette histoire, mais State n’est pas suffisamment présent pour offrir une présence mémorable. Notons que True Grit comprend des apparitions de Robert Duvall (The Godfather) et de Dennis Hopper (Apocalypse Now) dans des rôles secondaires mais importants à l’intrigue.

True Grit n’est pas un western incontournable. Il n’est même pas l’un des meilleurs films de John Wayne, même si le succès populaire de True Grit a permis au film de connaître une suite (Rooster Cogburn) avec un John Wayne toujours aussi cabotin. Et, même en n’ayant pas encore vu la version de 2010 au moment d’écrire ces lignes, je mettrais ma main au feu que ce long-métrage est de loin supérieur au film de monsieur Hathaway. Contre toute attente, on ressort de True Grit divertit, malgré quelques scènes ennuyeuses, ce qui prouve finalement que la notoriété de ce long-métrage est grandement surestimée…


Réalisation : Henry Hathaway

Scénario : Marguerite Roberts

Avec : John Wayne, Glen Campbell, Kim Darby, Jeremy Slate, Robert Duvall, Dennis Hopper, Alfred Ryder, Strother Martin, Jeff Corey

True Grit (1969)
2.8

Résumé

True Grit n’est à recommander que pour les fans de westerns ou pour les fanatiques de John Wayne

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Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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