Venom (2018)

Résumé : Quand Eddie Brock acquiert les pouvoirs d’un symbiote, il devra libérer son alter-ego pour sauver sa vie.

Critique : 

Venom est l’un de ces cas particuliers. La conception initiale du long-métrage se fit dans la haine de plusieurs cinéphiles. Ces derniers étaient encore insultés par le manque de respect du studio Sony Pictures durant l’intrigue de Spider-Man 3. Et maintenant que Venom est en salles, ces admirateurs sont plutôt satisfaits du résultat final, tandis que les critiques semblent détester le spectacle qui nous est offert. La vérité, c’est que Venom est un film tout simplement correct, sans plus.

Une comète comprenant une forme de vie extraterrestre s’approche de notre planète. Cependant, le vaisseau spatial devant étudier le phénomène s’écrase en Malaisie. Une multinationale pilotée par Carlton Drake récupère les spécimens pour les étudier aux États-Unis. En parallèle, Eddie Brock, un journaliste, tente en vain de questionner Drake au sujet de son travail dans l’espace et de possibles expériences sur les humains. Quelques mois plus tard, une nouvelle source amène Brock à faire quelques découvertes et à rencontrer un symbiote nommé Venom…

Nous avons ici un classique des années 90. Si le long-métrage avait débarqué en salles durant cette décennie, nous aurions un classique entre les mains. Hélas, nous sommes en 2018 et plusieurs choses qui auraient représenté cette époque à la perfection sont aujourd’hui des problèmes. Le grand méchant est une copie carbone d’un mauvais James Bond où un millionnaire nous expose son plan en se roulant la moustache. Et plusieurs personnages sortent également de cette époque. Cela apporte beaucoup de lourdeur au divertissement, alors que la quasi-totalité de la distribution se situe dans un film complètement différent. Dans un film que Sony Pictures, et non Ruben Fleischer, souhaite obtenir.

Ce qui sauve Venom, c’est la relation entre ce dernier et Eddie Brock. Le tout nous est présenté comme une comédie policière avec deux collègues différents. Sauf que cette fois-ci, les deux « collègues » sont interprétés par la même personne. La dynamique entre Brock et l’extraterrestre sauve le divertissement à de nombreuses occasions. Les deux hommes apportent beaucoup d’humour avec leurs nombreuses interactions et leurs gestes. Évidemment, Venom aurait gagné à être destiné à un public plus mature. Mais dans le contexte du film, ce dernier profite de l’aspect tous public pour nous lancer quelques moments hilarants à la figure.

Néanmoins, la lourdeur mentionnée plus haut est responsable du plus grand problème. Le premier tiers de Venom est une traversée dans un désert où rien n’est réellement captivant. Durant une bonne vingtaine de minutes, on ne voit pas où les scénaristes veulent aboutir. Le symbiote prend trop de temps pour apparaître, alors que des séquences entières sont dédiées à introduire l’univers du film. Le tout aurait facilement pu se résoudre avec une cure minceur. Cela aurait même permis de rendre l’histoire du long-métrage plus intéressante et plus accessible. Mais ne soyez pas inquiets. Le personnage de Venom est, contrairement aux rumeurs, très présent dans le film avec un dosage presque parfait. Ce qui devrait satisfaire amplement les fans de la bande dessinée de Marvel.

Derrière la caméra, Ruben Fleischer (Zombieland) réussit presque un tour de force. Naviguant habilement entre les clichés obligatoires et la volonté du studio, Fleischer crée un univers intéressant, loin de Spider-Man. À quelques reprises, il lui est incapable de cacher certaines coupures évidentes de son oeuvre. Mais le rythme du divertissement n’en souffre pas trop, une fois que nous avons survécu à l’introduction pénible du film. Au niveau de l’action, ces séquences sont bien construites bien que le grand affrontement final manque de panache. La trame sonore de Venom est également à noter, alors qu’elle possiblement l’une des meilleures de 2018.

Dans un double rôle, Tom Hardy (The Dark Knight Rises) est excellent. L’acteur est la pièce maîtresse de ce casse-tête. Il offre une performance splendide et captivante alliant l’étrangeté de son personnage, avec la puissance de l’extraterrestre qui le dévore de l’intérieur. La nature des autres personnages de Venom fait que le reste de la distribution est assez générique. Michelle Williams (Blue Valentine) est le plus grand gâchis. L’actrice, nommée plusieurs fois aux Oscars, est coincée dans un rôle de soutien, inutile dans la majorité du long-métrage. Et le pire dans tout cela, c’est qu’elle est coincée avec une affreuse perruque sur le crâne.

Venom est un film de superhéros qui ne cherche pas à créer un univers ou mille suites. Cette approche vieillotte est rafraîchissante en soi, bien que le long-métrage comprend de multiples problèmes. Mais avec la bonne approche, Venom reste un spectacle parfait pour un soir d’octobre frisquet.


Réalisation : Ruben Fleischer

Scénario : Jeff Pinkner, Scott Rosenberg, Kelly Marcel

Avec : Tom Hardy, Michelle Williams, Riz Ahmed, Scott Haze, Reid Scott, Jenny Slate, Melora Walters, Woody Harrelson

A propos de Michaël Michaud 568 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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