Altered Carbon – Saison 1 (2018)

Résumé : Dans un futur où la conscience est numérisée et entreposée, un prisonnier revient à la vie et doit résoudre un meurtre tordu pour gagner sa liberté.

Critique :

Évidemment, il est difficile de parler d’Altered Carbon sans comparer la série à Blade Runner. Les deux œuvres de science-fiction se ressemblent énormément sur le plan esthétique, à un point tel que nous pouvons parler ici d’hommage. Heureusement et malheureusement, Altered Carbon tente d’être la série la plus ambitieuse de la plateforme Netflix, ce qui est une bonne chose et une mauvaise chose à la fois.
La première saison de la série se diviser en deux parties, assez distinctes. Dès le départ, nous entrons dans un spectacle hors normes, dans un divertissement sombre et qui n’a pas de compris, tant sur le plan narratif que sur le plan de la violence ou de la nudité. Même que nous pourrions dire qu’Altered Carbon est l’une des séries les plus violentes et sexuelles de la télévision moderne et « tous publics ». On y suit Takeshi Kovacs, un rebelle du passé, qui se voit réincarner dans un futur lointain afin de résoudre le meurtre d’un homme « immortel ». Évidemment, il y a plus de mystères qui arrivent au fur et à mesure de l’enquête et Altered Carbon en profite pour poser des questions intellectuelles que l’on aborde rarement à la télévision, comme le fait que les riches sont plus ou moins des dieux intouchables.
Et c’est là que le principal problème de la série survient. La première moitié se veut plus intellectuelle et plus explicative alors que nous assistons aux fondations de l’univers d’Altered Carbon. En démarrant ainsi, les premiers épisodes sont parfois difficiles à suivre avec trop d’explications et une lenteur pénible. Ces épisodes se concentrent tellement à bâtir son monde et ses personnages, qui sont jusqu’ici aucunement intéressants, que rien ne nous motive à poursuivre la série. À partir du sixième épisode, Altered Carbon effectue un virage à 180 degrés et devient un divertissement conventionnel. Dès lors, la série devient bien plus intéressante à visionner et plus accessible pour le commun des mortels. Tout ce qui fut pénible auparavant paye enfin en apportant des revirements jouissifs, spectaculaires et prévisibles. Sinon la construction des épisodes m’a grandement dérangé puisqu’ils reprennent essentiellement le format des premières saisons d’Arrow. L’émission de la CW s’est construite avec deux intrigues parallèles avec le personnage principal qui vient une histoire intéressante dans le présent, mais une histoire plus ou moins longue et divertissante dans le passé; une histoire qui avait, par coïncidence, toujours des liens avec l’intrigue principale et qui prenait toujours de place lors d’un épisode où le héros était gravement blessé. Le format fonctionne pour une série de 23 épisodes où il faut étirer la sauce, mais pour un petit format comme Netflix, on a parfois l’impression perdre notre temps dans le passé du personnage principal, ce qui est très dommage.
Comme mentionné plus haut, Altered Carbon se compare à Blade Runner sur le plan esthétique. La série est magnifique à regarder avec des décors spectaculaires et un monde riche et complexe qui s’étend au-delà des nuages. Les effets spéciaux sont aussi de haut calibre surtout lors des moments un peu plus psychédéliques où Takeshi Kovacs hallucine; de par sa condition physique. La violence est également un point de la série. Nous pouvons sentir que beaucoup d’efforts ont été mis pour recréer l’excellence « asiatique » dans un format télévisuel, avec des combats brutaux et enlevants où les acteurs sont toutes leurs cascades ou presque. Altered Carbon est définitivement l’une des séries qui s’approchent le plus d’Hollywood à ce niveau, avec notamment des collaborateurs ayant travaillé sur des franchises comme John Wick, Undisputed ou Captain America en charge de ce département.
Pour interpréter Takeshi Kovacs, Byron Mann (Arrow), Will Yun Lee (The Wolverine) et Joel Kinnaman (RoboCop) offrent tous d’excellentes performances, surtout Kinnaman qui se donne corps et âme pour ce rôle. Cependant, il est facile de constater que les acteurs n’interprètent pas le personnage de la même façon, ce qui retire du réalisme à ce que tente d’accomplir Altered Carbon. Rien à redire sur le reste de la distribution qui est de haut calibre avec des interprétations géniales et parfaites. Cependant, pour revenir à un point mentionné plus haut, la présence de Dichen Lachman est une erreur en soi. L’actrice, bien que parfaite dans son rôle, reprend vaguement un personnage qu’elle a déjà joué dans une populaire série de Marvel, avec des thèmes et des revirements étrangement similaires. Même si les deux émissions sont radicalement différentes et ses deux personnages ont des actions radicalement opposées, la présence de l’actrice rend la seconde moitié de la série prévisible, pour une certaine portion des spectateurs qui réussiront, avec facilité, à deviner chacun des revirements et l’issue du combat final entre Kovacs et le grand méchant d’Altered Carbon. Une erreur qui n’est aucunement de la faute à Lachman, mais à des scénaristes peu inspirés et à un choix trop évident dans le casting de son personnage.
Si la première saison d’Altered Carbon de divise en deux sections aux qualités et défauts opposés, nous ne pouvons nier qu’elle réussit grandement à attendre ses ambitions. Nous avons ici un divertissement intelligent qui questionne l’essence même de l’humanité et de la religion, avec un fond de scènes d’action sanglantes et de nudité jamais gratuite. Déjà renouvelée pour une seconde saison, nous ne pouvons qu’espérer qu’Altered Carbon saura se renouveler pour une nouvelle vague d’épisodes que nous attendons avec impatience.


Créée par : Laeta Kalogridis

Diffusée sur : Netflix

Avec : Joel Kinnaman, James Purefoy, Martha Higareda, Chris Conner, Dichen Lachman, Ato Essandoh, Kristin Lehman, Trieu Tran, Renée Elise Goldsberry, Hiro Kanagawa, Tamara Taylor, Will Yun Lee, Byron Mann

https://www.youtube.com/watch?v=dhFM8akm9a4

Altered Carbon - Saison 1 (2018)
3.8

Résumé

Altered Carbon est une série visuellement spectaculaire. Son histoire n’est peut-être pas parfaite, mais elle divertit amplement.

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