Actionerd

Paradis du cinéma d'action

Assassin's Game (2015)

Résumé : Vet Jones, un tueur à gages légendaire, ne voulait pas accepter une nouvelle mission. Mais lorsque son fils ne réussit pas à tuer une cible importante, un criminel notoire fait un ultimatum à Jones : finir la mission ou voir son fils mourir. Mais quand Jones découvre que la cible est innocente, il va décider de protéger cette dernière, mais à quel prix?

Critique : 

De nos jours, le cinéma d’action nord-américain semble être tourné vers les suites, les remakes, les reboots et les adaptations de super-héros, ne laissant pas beaucoup d’espace pour introduire un nouveau champion d’arts martiaux. Les prochains Steven Seagal ou Jean-Claude Van Damme de ce monde doivent se résoudre à des participations dans des longs-métrages sortant directement en DVD. Ce mois-ci, ce fut du tour de Mark Mikita, spécialiste des arts martiaux ayant entraîné plusieurs vedettes hollywoodiennes (Incluant Dolph Lundgren et Steven Seagal…), de se lancer dans le 7ème art, et ce pour le meilleur et le pire…

Un tueur à gages recyclé dans l’entretien commercial est forcé de retrouver son ancienne vie lorsque son fils ne parvient pas à tuer une femme mystérieuse au beau milieu du désert. Le criminel ayant engagé la progéniture de Vet Jones lui fait une proposition : Finir le contrat de son fils en tuant cette personne, actuellement cachée dans un entrepôt de Los Angeles, en échange de la vie de ce dernier. Sauf que cet assassin a d’autres plans en tête…

Pour plusieurs raisons, Assassin’s Game évoque en moi des souvenirs d’une jeunesse passée à écouter des mauvais films italiens. Ces derniers mettaient en vedette «la prochaine sensation de l’heure» dans le rôle titre. On entourait cette «vedette» avec des acteurs plus établis dans des rôles de soutien, on donnait à ces interprètes un scénario sans queue ni tête, un réalisateur douteux et un budget microscopique venait boucler la bouche de ce sous-genre cinématographique ayant existé dans les années 70 & 80 (Un sous-genre qui s’est depuis exporté aux États-Unis…).

Aussi étonnant que cela puisse sembler, Assassin’s Game comporte toutes ces caractéristiques. Pourtant, ce long-métrage débute en lion avec une grosse scène d’action dans le désert où notre trio de tueurs en herbe, mené par le fils de Jones, tente en vain de tuer le personnage de Vivica A. Fox (Independance Day). Malgré un début prometteur, on commence à sentir dès ces premières minutes les limites de cette production. D’abord, le scénario de monsieur X (Personne n’est crédité au générique d’Assassin’s Game…) défie les logiques du cinéma dans un texte n’ayant aucun sens.

De façon grossière, nous pouvons résumer le scénario d’Assassin’s Game en trois phases. L’histoire se met en place pendant une vingtaine de minutes, nous avons une séquence d’action durant près de cinquante minutes et nous avons l’affrontement final pour conclure ce récit. Pourtant, dans chacune de ces phases, les actions des personnages n’ont pas de sens. Des otages sont laissés seuls dans une voiture, on laisse la femme ciblée par les méchants toute seule, dans le désert entourant la planque des méchants (Il faut dire que l’on a habilement tenté de camoufler son habit mauve et jaune derrière quelques pneus habilement disposés au sol.), des personnages se téléportent habilement d’un endroit à l’autre, tant dans l’entrepôt servant pour la majorité des scènes de cette production, qu’autour de ce dernier. Et, lorsque le scénario tente enfin de nous offrir quelque chose à nous mettre sous la dent, nous sommes forcés d’assister à la «lutte» pour la féminité du seul protagoniste féminin, alors que l’entrepôt où elle se trouve se fait envahir par les hommes de El Viejo…

Même en considérant le budget relativement faible de cette production, nous sommes forcés d’admettre que la caméra d’Anoop Rangi (Searching for Angels) est assez médiocre. Malgré une réalisation assez conventionnelle, plein d’éléments techniques viennent ruiner son oeuvre. Nous pouvons différencier les caméras utilisées par cette production (L’une des caméras d’Assassin’s Game nous offre des contours ronds à l’image…), le montage est insipide (Ruinant deux scènes d’action où Mark Mikita affronte des hordes d’ennemis.), la qualité du son est variable, on utilise des effets par-ordinateur pour créer des coups de feu et des impacts de balles (Si vous êtes attentifs, vous remarquerez que ces dernières peuvent disparaître avant même que la scène soit finie.)… Néanmoins, Anoop Rangi a quelques moments de gloire, principalement lors des scènes d’action. D’ailleurs le combat entre Mark Mikita et Chris Jai Alex (The Last of Us) fut le moment le plus impressionnant d’Assassin’s Game

Dans le rôle principal, Mark Mikita souffre de son manque d’expérience devant la caméra. Assassin’s Game étant son premier long-métrage, Mikita manque cruellement de charisme et d’expressions vocales/faciales. Dans un certain sens, sa performance peut être comparée à celle d’un jeune Arnold Schwarzenegger. Par-contre, Mikita se rattrape largement dans les scènes d’action, démontrant qu’il est un grand spécialiste des arts martiaux. Malgré un scénario nanardesque, Tom Sizemore (Heat) offre une prestation excellente en jouant El Viejo, l’antagoniste d’Assassin’s Game, un homme éprouvant un certain fétichisme envers son revolver…

Bai Ling (The Crow) a également un passage assez remarqué dans un rôle de soutien, tout comme Vivica A. Fox, qui a quelques bons moments même si on la sent un peu effacée dans les scènes la mettant en vedette. Les autres acteurs de cette distribution proposent des prestations que l’on pourrait qualifier de passable. Ils ont beaucoup de talent et un certain enthousiasme, mais leur manque d’expérience et le scénario crétin viennent jouer en leur défaveur. Néanmoins, on se devra de surveiller du coin de l’œil Melissa Mars (From Paris with Love) et Chris Jai Alex qui parviennent à se démarquer dans ce foutoir que représente Assassin’s Game.

Néanmoins, nous pouvons sortir divertis d’Assassin’s Game. Malheureusement pour les artisans derrière ce projet, notre divertissement proviendra de notre plaisir à énumérer les pires défauts habitant ce long-métrage. Les acteurs sont à la ramasse, le scénario craint, la réalisation atteint très rapidement sa limite… Espérions sincèrement que la prochaine apparition cinématographique de Mark Mikita se fera dans un film mieux réussi.

1 / 5


Réalisation :  Anoop Rangi

Scénario : Inconnu

Avec : Mark Mikita, Bai Ling, Vivica A. Fox, Tom Sizemore, Chris Jai Alex, Melissa Mars, Vincent Mentry, Omari Washington, Jordan Cann

Assassin's Game (2015)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
1.6

En conclusion

Assassin’s Game est un essai raté afin d’introduire une nouvelle vedette du cinéma d’action. À éviter…

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