Attack Force (2006)

Résumé : Un militaire tente de faire la lumière sur une drogue expérimentale qui touche des prostituées de France après que ces dernières aient «accidentellement» tué son équipe.

Critique : 

Bien que plusieurs cinéphiles considèrent que Steven Seagal (Under Siege), il reste que plusieurs de ses longs-métrages réussissent à divertir, intentionnellement ou non-intentionnellement. Néanmoins, plus plusieurs fanatiques de cet acteur, Attack Force demeure le plus grand navet de la filmographie de l’acteur. N’ayant pas peur des défis, nous avons tenté de visionner ce désastre monumental…

Lorsque l’officier Lawson perd son escadron lors d’une sanglante attaque, selon toute apparence accidentelle, il décide de faire la lumière sur les circonstances suspectes du massacre barbare. Il démasque rapidement l’opération CTX Majectic, un projet militaire si secret que l’armée veut descendre Lawson pour pouvoir agir en paix. Ne reculant devant rien, Lawson engage un combat sans merci avec un réseau de trafic de drogue qui semble être financé secrètement par une division corrompue de l’armée.

Pour l’une des rares fois dans l’histoire du site, il nous a été impossible d’utiliser un résumé fait «maison» pour deux grandes raisons. D’abord, l’histoire d’Attack Force a peu de sens et fait même passer les nanars italiens des années 80 pour des classiques du septième art. Et ensuite, celui qui a écrit ce résumé n’a visiblement pas visionné ce long-métrage avant de l’écrire. Peu de choses de ce résumé n’arrivent actuellement dans ce film…

Premièrement, le personnage de Steven Seagal semble exister dans un univers parallèle où il connaît ses hommes depuis un certain laps de temps, mais ces derniers ne semblent pas le connaître. Deuxièmement, parlons de l’agression accidentelle qui n’est pas accidentelle. Sérieusement, il faut être assez stupide pour croire que la décapitation de trois soldats dans une chambre d’hôtel détruite et saccagée soit un meurtre accidentel. Troisièmement, toute l’opération CTX est un pur désastre. Orchestrée par Majestic (une version pauvre de la CIA…), cette opération visait à créer des super-soldats en leur injectant une drogue mortelle pouvant rendre ces hommes en monstres fous et furieux dès qu’ils expérimentent une situation stressante ou une activité sexuelle. Heureusement, aucune force armée de ce monde n’a eu l’idée de créer cette drogue…

Mais sérieusement, toute l’intrigue d’Attack Force ne fait pas de sens. Nous n’avons qu’à penser à la scène où l’armée attaque des personnes qui vivent des effets de cette drogue. Un commando de l’armée tombe sur un sous-sol rempli de gens qui attendent debout dans le noir comme des zombies et ce commando n’a même pas le réflexe d’envisager la possibilité que ces personnes soient droguées au CTX. Et il y a cette scène où le personnage de Seagal, en voie d’arrêter l’antagoniste principal dans l’affrontement final, décide d’arrêter de façon aléatoire dans une maison pour tuer ses occupants drogués, sans aucune mise en contexte. Il est difficile de croire que Steven Seagal a coécrit le scénario d’Attack Force

Au niveau technique, Attack Force est tout aussi médiocre. Réalisé par Michael Keusch (Autobahnraser), Attack Force est mis en scène de façon assez amateur, voir même de façon cabotine. Les scènes d’action sont ridicules; Keusch ne fait aucun effort pour cacher les murs en carton, les décors en styromousse, et les doublures apparentes. D’ailleurs, voici un conseil pour les cinéastes qui lisent ce texte : n’utilisez pas des doublures d’une autre ethnie pour doubler vos acteurs, surtout si vous ne faites aucun effort pour camoufler ce fait embarrassant. Heureusement pour nous, sans vous dévoiler l’intrigue, le combat final apporte un peu divertissement nanardesque, alors que le combat opposant Steven Seagal et le personnage joué par Ileana Lazariuc se résume à un duel de baffes au visage.

De plus, Keusch a quelques idées assez étranges comme de filmer ses acteurs avec un certain angle aigu et décide dans la même scène de faire pencher une actrice de ladite scène pour qu’elle se tienne de façon oblique, pour ne pas nuire à l’harmonie de ses plans. Il faut dire qu’Attack Force a connu une postproduction assez chaotique. Devant être originellement un film d’horreur portant sur des extraterrestres, la production a décidé de changer le tout une fois que le long-métrage fut complété pour nous offrir l’espèce de blague qu’est devenu Attack Force. Avec de nombreuses scènes tournées une fois que l’implication de Seagal dans ce déchet fut complétée, des dialogues doublés en postproduction et aucun respect par les producteurs pour les spectateurs que nous sommes. Le seul véritable aspect positif de ce long-métrage réside dans la trame sonore. Barry Taylor, un compositeur de quelques navets de Sony Pictures durant les années 2000, n’a peut-être pas créé la trame sonore du siècle, mais au moins, il est le seul élément d’Attack Force qui démontre un minimum d’efforts et de professionnalisme…

Dans le rôle-titre, Steven Seagal réussit l’exploit d’offrir, sans le vouloir, la pire performance de sa carrière. Avec plusieurs doublures tant physiques et vocales, nous n’avons pas l’impression réelle que Steven Seagal fut véritablement impliqué de gré dans ce projet. D’ailleurs, il nous faut donner une mention mémorable à ses doubleurs vocaux qui sont incapables d’imiter convenablement sa voix. Un certain David Kennedy donne la réplique à Seagal et offre une performance assez potable, la seule de ce long-métrage. En effet puisque tout le reste de la distribution est assez médiocre et une grande proportion de ces acteurs sont également doublés par des doubleurs involontairement comiques…

Il n’y a pas de doutes, Attack Force est un mauvais long-métrage. Attack Force ne devrait pas être vu, c’est aussi simple que cela. Le film n’a aucun respect pour les spectateurs qui vont le visionner. Cela serait assez facile de dire que c’est la faute des producteurs qui ont massacré ce long-métrage à la machette. Mais il reste que nous ressortons d’Attack Force avec cette idée derrière la tête et qu’il est impossible de nous en défaire. Si vous êtes en manque de Steven Seagal, passez votre tour et revisionnez Under Siege ou Above the Law


Réalisation : Michael Keusch

Scénario : Steven Seagal, Joe Halpin

Avec : Steven Seagal, Lisa Lovbrand, David Kennedy, Matthew Chambers, Danny Webb, Andrew Bicknell, Adam Croasdell, Mark Dymond, Del Synnott, Emanuel Parvu, Ileana Lazariuc

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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