Attention les dégâts (1984)

Résumé : Un musicien et un cascadeur sont les doublures de deux milliardaires. Ils acceptent de les remplacer à leur villa de Rio de Janeiro leur qu’un inconnu planifie d’assassiner ces riches.

Critique : 

Considéré par certains comme étant leur dernier grand long-métrage, Attention les dégâts fut l’une des dernières rencontres entre deux légendes du cinéma italien, Bud Spencer et Terence Hill. Ensemble, les deux hommes ont collaborés dans plus d’une quinzaine de projets et ont connu du succès partout dans le monde grâce à leur style d’humour physique, violent et bon enfant bien particulier, un style que l’on pourrait vaguement comparer au cinéma de Jackie Chan. Pour explorer l’étendue de ces légendes, il nous fallait les découvrir avec ce long-métrage débarqué en DVD au Québec…

Eliot Vance et Greg Wonder vivent leur vie, aux extrémités des États-Unis. Un jour, les deux inconnus sont contactés par une agence mystérieuse afin de remplacer deux hommes riches, dont ils sont les sosies, pour une semaine en échange d’un million de dollars. Alors que les deux milliardaires sont sur le point de conclure une grosse transaction financière et qu’ils sont la cible d’un mystérieux némésis, Eliot et Greg vivront la semaine la plus trépidante de leurs vies en se faisant passer pour ces deux hommes…

Attention les dégâts est un exemple parfait des grandes heures du cinéma italien, un cinéma qui s’est essentiellement développé sur un modèle de copiage, en créant des vagues de péplum, de westerns spaghettis et des giallos, des vagues de films assez similaires et uniques en de nombreux points. Nous pouvons résumer le style de Bud Spencer et de Terence Hill en des comédies au ton léger et quasi-enfantin avec de longues scènes d’action axées sur l’humour et les baffes. S’il n’est pas le meilleur long-métrage de leurs carrières respectives, Attention les dégâts est une copie conforme du moule cinématographique des deux hommes.

Le scénario n’a peu d’importance alors que les deux acteurs semblent s’éclater dans ce voyage organisé au Brésil. Dès les premières minutes, nous savons que le scénario n’a aucun  sens, l’histoire du film n’est à la base qu’une vaste blague que l’on étire durant une bonne centaine de minutes. En acceptant les largesses du texte de Marco Barboni (You Call Me Trinity, They Call Me Renegade), comme le fait que des fesses de danseuses exotiques peuvent communiquer grâce à un langage secret, nous pouvons pleinement apprécier le spectacle, alors que deux hommes «pauvres» débarquent dans un monde d’abondance et de richesse et se mettent à enfreindre chacune des règles établies par l’élite qu’ils sont censés représenter.

Et lorsque le scénario rattrape finalement les deux hommes, c’est pour une bonne vieille bagarre ou pour un moment exotique digne d’un film d’espionnage. Malheureusement, comme c’est le cas dans une certaine partie des films mettant en vedette les deux hommes, les personnages secondaires servant à avancer l’intrigue sont assez stupides et ont presque un rôle de figuration. Les méchants du film sont habillés en noir et sont maladroits, nous rappelant en quelque sorte les bandes-dessinées de Tintin, et ont la fonction de chair à canon, rendant leurs menaces peu terrifiantes. Et lorsque dans le dernier tiers nous voyons débarquer un commando d’élite tout droit sorti d’une obscure copie de Rambo, nous serions en droit de nous réjouir, jusqu’au moment où ils décident de jeter leurs armes afin de mieux recevoir des baffes.

Derrière la caméra nous avons un certain Enzo Barboni, un cinéaste italien omniprésent dans la filmographie des deux hommes. Malgré des moyens limités (Il ne suffit qu’à penser à la course poursuite impliquant une Mustang qu’il ne fallait visiblement pas abîmer…), Barboni s’en tire haut la main. Avec une réalisation classique, Barboni parvient à instaurer un certain rythme au long-métrage et à compenser les faiblesses du scénario que Hill et Spencer ne peuvent corriger. Et lorsque les deux hommes se retrouvent en double exemplaire à l’écran, la maîtrise technique de l’homme nous permet d’y voir que du feu, même si nous savons pertinemment qu’il s’agit d’un simple trucage.

Néanmoins, il aurait fallu repenser l’approche du scénario en ce qui concerne les scènes d’action qui privilégie les longues scènes d’action, un élément peu dérangeant dans la plupart dans productions lorsque c’est bien exécuté (Comme dans Attention les dégâts.) qui semble ici interminable à cause des largesses du monteur, un certain Philip Edwards dont c’est la seule production. Musicalement parlant, Attention les dégâts se démarque par l’utilisation d’une chanson originale, un détail mineur qui est grandement appréciable dans une production légèrement fauchée. Après-tout il faut mieux avoir un single digue d’un artiste de centre commercial qui supporte adéquatement une trame sonore effacée qu’une trame sonore bâclée et énervante.

Néanmoins, il ne faudrait pas oublier Terence Hill (My Name is Nobody) et Bud Spencer (Banana Joe) qui sont les véritables vedettes de cette production. Les deux hommes s’éclatent réellement et s’amuse à jouer deux personnages différents, aux caractères aux antipodes de l’humanité. Ils sont la principale raison qui fait d’Attention les dégâts un long-métrage exemplaire et divertissants. Les deux hommes ont une chimie d’enter et savent vous faire rire, même dans les situations les plus ridicules. Sans nous faire crier à cause de leur incompétence, le reste du casting est relativement médiocre. Malgré tout, quelques acteurs tirent leur épingle du jeu comme Nello Pazzafini (Ator: The Blade Master)  qui interprète un méchant gangster nommé Tango (Un nom qui donnera lieu à une des meilleures blagues du film.) et un certain Dennis Bourke qui joue un psychologue et «ami» de l’un des deux milliardaires.

Sans être le meilleur long-métrage des deux acteurs, Attention aux dégâts est une porte d’entrée parfaite pour explorer la filmographie des deux hommes. L’humour et les scènes d’action seront plaire aux petits et aux grands, grâce à des drôleries qui traverseront les époques, comme celles de Louis de Funes, de Jerry Lewis et de Jackie Chan. Attention aux dégâts est définitivement un joyau méconnu du cinéma italien, un véritable plaisir coupable, que tout le monde se doit de visionner au moins une fois dans leur vie.


Réalisation : Enzo Barboni

Scénario : Marco Barboni

Avec : Terence Hill, Bud Spencer, April Clough, Harold Bergman, C.V. Wood Jr., Dary Reis, Nello Pazzafini, José Van de Kamp, Fernando Amaral, Roberto Roney, Athayde Arcoverde, Dennis Bourke

Attention les dégâts (1984)
3.3

En conclusion

Malgré des problèmes de scénario importants, Attention les dégâts saura vous plaire grâce au charme de ses vedettes principales et de charme indéniable digne du cinéma italien des années 80.

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Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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