Attrition (2018)

Résumé : Lorsqu’une fille thaïlandaise aux pouvoirs mythiques disparaît, Axe et son ancienne équipe s’unissent pour la secourir.

Critique : 

Steven Seagal (Under Siege) est de retour. Les dernières années ont été difficiles pour l’acteur. Du moins d’un point de vue de cinéphile. La totalité des films mettant en vedette l’acteur a été assez corrosive, laissant un mauvais arrière-goût en bouche, et ce depuis quelques années. Personnellement, depuis Maximum Conviction en 2012, Seagal n’a pas fait de divertissements qui m’ont réellement diverti. La tendance s’arrête aujourd’hui avec Attrition, le meilleur film de l’acteur depuis des lustres.

Des années après une opération qui s’est conclue amèrement, un homme nommé Axe a choisi de mener une vie paisible en suivant les codes du bouddhisme dans un petit village où il pratique la médecine. Un jour, un père désespéré cogne à sa porte lui demandant de sauver sa fille. Cette dernière est dotée de certaines habiletés; des habiletés que Qmom, un puissant trafiquant local, souhaite utiliser pour se soigner d’une mystérieuse maladie. Devant la détresse de l’homme, Axe débutera une marche qui le forcera à renouer avec son passé violent…

Bien que je fus sévère envers l’acteur, une bonne partie de la filmographie récente de l’acteur manque les ingrédients suivants : un Steven Seagal au meilleur de sa forme, une histoire intéressante et un cinéaste compétent. Attrition réussit un miracle digne d’un funambule. Malgré quelques défauts notoires, le long-métrage surprend et étonne. Et pourtant, les premiers instants d’Attrition font extrêmement peur avec ce qui semble être une publicité pour UNICEF avec un Seagal qui nous lance diverses statistiques durant un monologue d’introduction.

Après ce faux pas, Attrition gagne de l’assurance. On peut sentir que le scénario écrit par Seagal lui-même force pour se rendre à la marque des 90 minutes. Il y a quelques scènes inutiles ici et là, surtout dans le premier tiers. Mais rapidement, nous nous trouvons en territoire familier. Seagal suit les codes classiques de sa filmographie pour nous livrer une histoire solide et intrigante avec plusieurs moments forts. Le personnage d’Axe est assez intéressant et permet à l’acteur de se démarquer à de nombreuses occasions.

Seule ombre au tableau Attrition tente de se doter d’une facette mystique qui ne fonctionne pas. Le personnage d’Axe a quelques rêves / visions érotiques avec une déesse (ce n’est pas aussi mauvais que cette formulation semble le supposer…). Et l’enjeu de sa quête, une femme ayant les dons de prémonition et de guérison, n’est jamais clairement expliqué. Le vilain Qmom souffre également d’un manque d’exploration. Le divertissement parvient à faire de Qmom un méchant terrifiant et crédible. Mais dès que nous apprenons que ce dernier souhaite simplement guérir une maladie de peau et son daltonisme, il est difficile de ne ps éclater de rire devant le manque d’explications qu’apporte le scénario de Seagal.

Heureusement ce dernier a trouvé un excellent réalisateur pour le mettre en image. Le français Mathieu Weschler (Covert Operation) parvient à redonner ses lettres de noblesse à Steven Seagal et à soutenir convenablement les autres talents de sa distribution. Et si l’on exclut certaines largesses causées par le budget relativement faible d’Attrition, Weschler n’a rien à se reprocher. Le cinéaste a trouvé un moyen de nous faire retrouver le Seagal des années 90. Les combats sont bien cadrés et bien supportés par un montage qui ne gâche pas tout. L’acteur n’a peut-être plus la grâce d’un Siu-Wong Fan, mais il trouve le moyen de paraître plus solide que bien des interprètes de son âge. Weschler offre plusieurs occasions aux deux hommes de se démarquer, notamment lors d’un combat en début de parcours.

En tant qu’Axe, Steven Seagal est convaincant. On peut sentir la passion de l’homme pour son projet, tant dans les scènes de dialogues que d’action. Siu-Wong Fan (Riki-Oh: The Story of Ricky) a également une bonne présence, lui qui joue le meilleur ami d’Axe; un personnage nuancé qui permet à l’acteur de briller à quelques occasions. Bien que son combat final contre Seagal est abrupt, Kang Yu (Ip Man 3) offre un méchant de service tout à fait respectable. Il est simplement le genre de « bad guy » qui aime se défouler sur des sacs de boxe humains; ce qui concorde parfaitement dans le scénario de Seagal. Notons que Ting Sue, James P. Bennett (Black Water), Rudy Youngblood (Apocalypto) et Sergey Badyuk (Mamy) complètent la distribution d’Attrition.

Attrition est loin d’être un grand film, mais il divertit amplement. Mathieu Weschler et Steven Seagal mènent leur projet rondement pour offrir une oeuvre 80 minutes agréable à visionner. Et pour offrir quelques bons duels avec Maître Seagal


Réalisation : Mathieu Weschler

Scénario : Steven Seagal

Avec : Steven Seagal, Siu-Wong Fan, Kang Yu, Ting Sue, Rudy Youngblood, Kat Ingkarat, Sergey Badyuk, Bayra Bela, James P. Bennett, Cha-Lee Yoon

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Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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