AWOL-72 (2015)

Résumé : Un marine en désertion est en possession d’un secret gouvernemental, faisant de lui un homme recherché et traqué par une équipe tactique russe, par la police de Los Angeles et par un dangereux assassin.

Critique : 

Il y a de ces films qui passent complètement sous le radar. Parmi-eux se trouve AWOL-72, un film d’action américain détesté par quelques centaines de spectateurs sur le site américain IMDB (Au moment d’écrire ces lignes.), un film ignoré par la critique qui ne l’a simplement pas vu (Malgré le fait que le film soit déjà sorti depuis quelques temps à quelques endroits dans le monde, dont les États-Unis.), un film n’ayant eu aucune promotion réelle. En fait, AWOL-72 n’intéresse que les blogueurs cinglés de cette planète, et puisque nous sommes des blogueurs cinglés, voici notre critique…

Conrad Miller, un soldat en désertion, décide de régler ses comptes et de quitter le pays lorsqu’il découvre que sa copine attend son enfant. Néanmoins, ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que ses agissements intéresseraient les autorités russes, américaines ainsi que la racaille locale, le forçant à payer sa liberté au prix de quelques cadavres et de quelques mâchoires brisées.

AWOL-72 n’est pas un mauvais film, mais ce n’est pas un film qu’il est facile d’aimer. D’entrée de jeu, nous pouvons sentir que ce long-métrage a tenté d’étirer son sujet au maximum, en utilisant moins de décors, afin de financer des scènes d’action d’une qualité supérieure. Concrètement, cela se voit au fait qu’AWOL-72 est constitué de deux «courts-métrages» que l’on a maladroitement fusionné ensemble, afin d’utiliser le maximum de divers lieux comme un motel lugubre ou un restaurant américain typique.

D’un côté nous avons la quête de liberté et de rédemption du personnage de Luke Goss (L’histoire publicisée dans la bande-annonce du long-métrage.), en plus de RZA, Bokeem Woodbine et Heather Roop qui partagent la vedette de cette section de l’intrigue. Et de l’autre, nous avons une espèce de film sur des «rednecks» (Se déroulant exclusivement dans le fameux motel lugubre…) mettant également en vedette le personnage de Luke Goss, sans oublier Louis Mandylor et le sosie de Dennis Quaid. On sort de ce film avec l’impression que les scénaristes d’AWOL-72 avaient deux bonnes idées et qu’ils ont tenté maladroitement de mélanger ces idées, ce qui nous donne un long-métrage qui peine à dépasser les 75 minutes.

Séparément, ces histoires offrent du réchauffé très divertissant, mais une fois mises ensemble, le tout s’effondre lamentablement sous des mauvais dialogues, sous des coïncidences dignes d’un roman savon à l’américaine et sous de nombreuses incohérences. Le tout reste divertissant, notamment grâce aux scènes d’action, mais l’accumulation de genres cinématographiques et d’éléments d’intrigues ne font que tirer le long-métrage vers le bas. Heureusement pour nous, la faible durée sauve le tout du désastre total.

C’est au niveau technique qu’AWOL-72 se démarque réellement. La réalisation de Christian Sesma (Lost Time) ose faire ce que peu de réalisateurs de seconde zone ne peuvent se permettre : Offrir une réalisation qui n’inclut pas un montage agressif, une caméra branlante et des effets spéciaux dignes d’un étudiant universitaire. En fait, la seule raison qui force Sesma à utiliser l’une de ces techniques de mauvaise qualité, c’est lorsqu’il refuse d’utiliser une steadicam, le dispositif permettant de stabiliser une caméra tenue entre les mains de son opérateur. Sa caméra est travaillée et recherchée, offrant une signature visuelle supérieure aux films qui sortent directement en DVD.

Néanmoins, Sesma ne parvient pas à instaurer un réellement sentiment d’urgence, l’une des seules choses que le scénario parvient réellement à accomplir, notamment à cause du deuxième tiers qui est composé du second «court-métrage» mettant en vedette Mandylor et compagnie. Heureusement, Sesma se rachète grâce au dernier tiers, qui comporte une longue séquence d’action, avec des effets de caméra plutôt réussis et d’excellentes scènes de batailles et de fusillades. Également, la direction photographique de Germano Saracco (Qui opère également la caméra principale d’AWOL-72.) et le montage de Peter Devaney Flanagan (Scream) supportent amplement le travail de Sesma, offrant toutes les nuances et les effets qu’un réalisateur peut rêver. Malheureusement, nous ne pouvons pas dire la même chose de la trame sonore de Michael John Mollo (How to Train Your Dragon), qui propose des compositions assez oubliables et anodines.

Au niveau du casting d’AWOL-72, nous avons ici deux extrêmes, entre les acteurs professionnels et les acteurs moins expérimentés. Luke Goss (Hellboy II : The Golden Army) offre une bonne performance dans le rôle titre, montrant qu’il est réellement devenu au fil des années une figure importante du cinéma d’action indépendant américain. Heather Roop (Guns, Girls and Gambling) joue la compagne de Goss et fait un travail adéquat dans ce rôle. Dernier membre du casting principal, RZA ( The Man with the Iron Fists) offre une prestation efficace dans un rôle relativement inutile. Pour sa part, Bokeem Woodbine (The Rock) est excellent dans le rôle assez secondaire d’un tueur à gages, essentiellement présent dans la grosse séquence d’action du dernier. Et puis, nous avons Louis Mandylor (My Big Fat Greek Wedding) dans un caméo assez étrange et anecdotique. Comme vous vous en doutez, le reste du casting est, dans sa globalité, assez mauvais, mais nous pouvons affirmer que ces acteurs nous ont permis de découvrir Leif Gantvoort (Paul Blart: Mall Cop 2), le meilleur sosie non-officiel de Dennis Quaid.

Sans être un désastre monumental, AWOL-72 n’est pas non plus le film de l’année. Son scénario est si bordélique et bipolaire que nous n’avons même pas oser entrer dans les détails dans cette critique. Néanmoins, il ne faudrait pas oublier que la force d’AWOL-72 réside dans la puissance de la caméra de Sesma, même si cet élément ne sauve pas le long-métrage d’un naufrage assez prévisible. Malgré-tout, AWOL-72 est parfait pour vos soirées de beuveries, spécialement si vous êtes légèrement intoxiqués en le visionnant…


Note : 1.5 / 5

Réalisation : Christian Sesma

Scénario : Cecil Chambers, Christian Sesma

Avec : Luke Goss, RZA, Bokeem Woodbine, Louis Mandylor, Brooke Newton, Leif Gantvoort, Heather Roop

AWOL-72 (2015)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divertissement
2.5

En conclusion

Nous ne recommandons pas AWOL-72, néanmoins, si vous décidez de le visionner, tentez de rester éveillés jusqu’au générique de final, histoire de ne pas manquer les quelques moments d’action franchement réussis…

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