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Paradis du cinéma d'action

Badland (2019)

Résumé : Le détective Matthias Breecher est engagé pour traquer des criminels de guerre confédérés. Alors qu’il parcourt le Far West en quête de justice, sa détermination est mise à l’épreuve lorsqu’il rencontre une femme pionnière déterminée qui est bien plus qu’elle ne le semble.

Critique : 

S’il y a un genre qui est en déclin depuis des lustres, c’est bien le western. Il y a bien une ou deux productions avec des moyens et des artisans réputés par année, mais pour le reste du temps, ce genre est réservé à de nombreux navets qui polluent les bacs à DVD et à Blu-ray de votre supermarché préféré. Heureusement, Badland se retrouve à mi-chemin entre les deux extrêmes, apportant ainsi une proposition solide pour de nombreux cinéphiles.

Mathias Breecher est un officier de justice mandaté pour traquer et tuer des criminels de la guerre de Sécession par un sénateur américain noir. Après avoir traqué un homme capitaine de l’armée nordiste, Breecher découvre avec stupéfaction que l’homme vit ses derniers jours à la suite d’une terrible maladie. Attendant que le criminel meure en paix, l’homme de loi s’éprend de la fille du coupable – une femme devant s’occuper seule de la ferme en plus de repousser les complices d’un criminel local. Breecher décide alors de régler la situation…

Pour une raison inconnue, Justin Lee (Big Legend) a tenté de nous lancer un Quentin Tarantino à la figure, tout en ayant un film à mille lieues du cinéaste américain. On ne sait pourquoi, mais Badland fut découpé en chapitres. En quatre portions correspondant à quatre personnages. Il n’y a pas de réelle utilité à cet artifice. Surtout que la première et la dernière partie sont en réalité l’introduction et la conclusion. La seconde partie est un véritable long-métrage en soi. Et la troisième partie est littéralement une confrontation sanglante entre Breecher et la force policière d’une ville dirigée par un criminel.

C’est inutile et étrange. On a l’impression de visionner un film et la moitié d’un second film. Au moins, l’histoire du film est intéressante. Elle ne suit pas une route typiquement historique. Elle nous plonge dans une histoire de revanche, de justice et de racisme. Mais à cause des chapitres, on sent deux conflits entre deux approches différentes sur le sujet. Les sections un et trois sont du divertissement d’action pur et dur. Il y a de la survie, du sang et des fusillades. Les sections deux et quatre traitent le sujet avec plus de respect. Badland y est plus réaliste, malgré une vision presque romantique de l’Ouest américain.

Durant la plus grande section de Badland, le film perd un peu de son rythme de croisière. C’est de loin la raison principale empêchant l’oeuvre d’être mémorable. Le film a très certainement un petit budget, avec beaucoup d’acteurs connus dans des seconds rôles, ou des caméos. Lee a tenté de concevoir une oeuvre de 120 minutes, avec une histoire de 90 / 105 minutes. Il a eu la sagesse de ne pas tenter de combler le vide avec des confrontations de regards dans le vide, ou avec des plans de caméra majestueux filmés par un gamin avec un drone.

Il a entouré ses interprètes avec des dialogues croustillants et quelques scènes solides. Toute la distribution a quelque chose à dire ou à faire. Mais alors que notre pistolero s’installe sur la ferme de la famille Cooke, Badland peut devenir long et ennuyeux. Mira Sorvino (Mimic) est une femme en quête d’un homme et Kevin Makely (Big Legend) est le justicier fatigué qu’il lui faut. Il ne cherche qu’un endroit où il pourra rester tranquille – si je peux citer un personnage du film -, un endroit où il aura un amour à protéger. Justin Lee ne tombe pas dans un cliché. Les deux tourtereaux ne vont aucunement se rapprocher tels des animaux sauvages. Mais on passe tellement de temps dans cette réalité paradisiaque, que lorsque le truand interprété par Jeff Fahey (Machete) débarque, on a de bonnes chances sur le point de s’endormir.

Sinon, incarnant le rôle principal, Kevin Makely effectue un travail assez solide. Il a un rôle qui aurait parfait pour Clint Eastwood à une autre époque. Et il se tient debout sans pâlir devant une distribution bien plus expérimentée que lui. Mira Sorvino et Bruce Dern (Nebraska) occupent les personnages les plus importants du voyage de notre héros. Les deux acteurs sont clairement le duo le plus talentueux de Badland. Ils sont d’excellentes scènes ensemble et avec Makely. La seule déception, c’est Tony Tood (Candyman). Il n’est là que pour deux scènes, à des milliers de kilomètres de l’action du film. Il n’apporte rien au film; on pourrait retirer ces scènes sans diminuer la qualité du film.

Badland est un western assez intéressant. Il n’est pas particulièrement bon, mais Justin Lee est parvenu à créer une oeuvre qui a un certain charme. On peut verser quelques larmes et on peut se réjouir devant quelques fusillades. Que demander de mieux!!


Réalisation : Justin Lee

Scénario : Justin Lee

Avec : Kevin Makely, Mira Sorvino, Bruce Dern, Wes Studi, Trace Adkins, Jeff Fahey, Tony Todd, James Russo, Amanda Wyss

Badland (2019)
3.5

Résumé

Badland propose une belle balade à cheval dans l’ouest américain.

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