Batman and Robin (1949)

R√©sum√© :¬†Les justiciers masqu√©s doivent combattre The Wizard, un homme myst√©rieux poss√©dant¬†une machine permettant de contr√īler tous les moyens de transport √† distance.

Critique : 

Apr√®s le succ√®s de Batman (Serial de 1943), il a fallu attendre la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour qu’une suite soit mise en production. Batman and Robin d√©barqua donc durant l’ann√©e 1949 et pr√©sentait aux cin√©philes un nouveau Batman, un nouveau Robin et les premi√®res apparitions en chair et en os de la journaliste Vicky Vale et du c√©l√®bre commissaire Gordon…

Un certain professeur Hammil a invent√© un appareil permettant √† son utilisateur de contr√īler tous les v√©hicules √† moteur dans son rayon d’action. Lorsque la machine est vol√©e par The Wizard et son organisation criminelle, Batman et Robin doivent pr√©venir son activation par le vilain criminel qui recherche d√©sesp√©r√©ment des diamants pour alimenter cette machine machiav√©lique.

Batman and Robin est un nouveau serial de quinze chapitres cr√©√© par Columbia Pictures (Aujourd’hui une division de Sony Pictures.). Cette fois-ci, Batman doit encore affronter un ennemi con√ßu exclusivement pour cette adaptation, The Wizard, un √™tre masqu√© dirigeant la majorit√© de ses op√©rations de sa cave. √Čgalement, il nous faut noter que ce serial fut la premi√®re apparition de Vale et de Gordon, des apparitions qui se font au d√©triment d’Aflred, le majordome qui fut r√©invent√© dans le serial de 1943 obtient ici un r√īle de figurant, sauf pour un chapitre o√Ļ il doit prendre le r√īle de Batman.

The Wizard se r√©v√®le √™tre un adversaire formidable pour Batman, alors que les deux hommes doivent d’affronter directement √† de multiples reprises durant les 4H30 de cette aventure. √Čgalement, ce qui est bien avec cet adversaire, c’est que plus souvent qu’autrement The Wizard et ses hommes parviennent √† battre totalement ou en partie Batman for√ßant ce dernier √† jouer constamment avec quelques coups de retards. Ceci est notamment d√Ľ au personnage de Barry Brown, un journaliste de Gotham City dont la qu√™te de l’exclusivit√© aide le dangereux criminel √† planifier ses crimes et les agissements de nos deux h√©ros.

N√©anmoins, Batman and Robin manque cruellement de constance, surtout si on le compare au serial de 1943. Le m√©chant de cette √©pop√©e avait un objectif clair et pr√©cis; d√©truire les √Čtats-Unis avec une arme gigantesque et cr√©er quelques zombies par la m√™me occasion. Ici The Wizard n’a pas d’objectif global. Alors que son personnage aime tout planifier, il va dans toutes les directions possibles allant de l’√©tat de si√®ge de Gotham City, au cambriolage, en passant par la qu√™te d’invisibilit√©.

√Čgalement, nous pouvons √©prouver un certain malaise envers les sc√©naristes (George H. Plympton (Flash Gordon), Joseph F. Poland (Superman) et Royal K. Cole (Captain America)) qui se sont plant√©s royalement sur deux points. D’abord, ils ont tent√© de reproduire la s√©quence de 1943 o√Ļ Bruce Wayne infiltrait une organisation criminelle, en reprenant la m√™me situation, sauf que cette fois-ci, Bruce Wayne se d√©guise avec un pansement en forme de tuque et que les criminels savent assez rapidement sa vraie identit√©. Ensuite, nous avons le personnage de Vicky Vale, un personnage tir√© de la bande-dessin√©e qui est inutile (Puisque comme mentionn√© ci-haut, Batman and Robin a d√©j√† un journaliste √©nervant dans son groupe de personnages principaux…), qui est incomp√©tente et qui est le ¬ęJar-Jar Binks¬Ľ de ce serial…

Derri√®re la cam√©ra, nous avons un certain Spencer Gordon Bennet. Un nom certes peu familier, mais qui fut le roi du serial, avec plus d’une centaine de projets, incluant les deux adaptations de Superman et de nombreuses adaptations de Zorro (Petite information en bonus : Spencer Gordon Bennet d√©buta sa carri√®re en tant que cascadeur sur un long-m√©trage de 1921 o√Ļ il dut sauter du haut d’un ravin pour esp√©rer atteindre l’eau sur le Hutson River, dans l’√Čtat de New York.). Spencer Gordon Bennet a d√©finitivement un bon sens de la mise en sc√®ne parvenant √† cr√©er de bonnes sc√®nes d’action, gr√Ęce √† son pass√© de cascadeur, malgr√© un budget assez minime, comme le prouve les costumes de Batman, de Robin et de The Wizard qui sont assez ridicules. D’ailleurs √† ce sujet, le costume de Batman offre quelques rires involontaires alors que le masque du super-h√©ros ne permet pas √† Robert Lowery de voir correctement devant lui sans regarder d’air hautain.

De plus, Batman and Robin se permet m√™me quelques folies comme quelques cascades sur un train ou l’explosion d’une maison, des folies que le pr√©c√©dant serial faisait uniquement avec des miniatures. N√©anmoins, cela veut √©galement dire que l’accent de Batman and Robin ne fut pas de concevoir des miniatures r√©alistes, un d√©tail qui vire au ridicule alors que l’on voit un jouet t√©l√©guid√© (un sous-marin) √† chaque √©pisode. Cette fois-ci, personne ne compose la trame sonore du serial (Malgr√© la pr√©sence de Mischa Bakaleinikoff (The Big Heat) √† la direction musicale.). Dans une tactique radine, les producteurs ont choisi d’horribles¬†morceaux de musique dont ils avaient probablement les droits d’exploitation. Malheureusement pour nous, il n’y a aucun moyen d’√©chapper √† l‚Äôabomination sonore qui en r√©sulte lorsqu’on √©coute ce d√©sastre musical…

Malheureusement les producteurs se sont √©galement conduits de fa√ßon radine dans la gestion du casting.¬†Robert Lowery (The Mark of Zorro) est un horrible Bruce Wayne / Batman; il est un bon acteur, mais il n’est aucunement capable d’interpr√©ter de fa√ßon convaincante ce personnage mythique. M√™me chose pour¬†Johnny Duncan, qui ne fut choisi pour le r√īle de Robin pour une seule raison, sa petite taille. Il a le charisme d’une hu√ģtre, il a les expressions faciales (Et l’accent…) de Sylvester Stallone, il semble aussi vieux que Robert Lowery (Ce qui est assez d√©routant.) et le costumier de ce serial a d√©cid√© de l’habiller avec les habits st√©r√©otyp√©s d’un joueur de poker de Las Vegas…¬†Jane Adams (House of Dracula) est √©galement insupportable dans le r√īle de Vicky Vale. Heureusement pour nous, Lyle Talbot (Plan 9 from Other Space) et¬†William Fawcett ne sont jamais loin, alors que ces deux acteurs v√©t√©rans se d√©marquent dans les r√īles de soutien du commissaire Gordon et du professeur Hammil. Et puisque l’identit√© de The Wizard demeure secr√®te jusqu’au dernier chapitre de ce serial (Gr√Ęce √† quelques revirements de situations assez surprenants.), nous allons nous contenter de dire que l’interpr√®te de ce personnage a fait de l’excellent boulot.

S’il n’a pas eu le m√™me impact que son a√ģn√©, Batman and Robin demeure un serial sup√©rieur qui a offert un divertissement de qualit√© aux milliers de personnes qui ont eu la chance d’aller le voir en salles. M√™me que c’est dommage qu’Hollywood ne tente pas de r√©implanter ce concept dans les salles de cin√©ma de ce monde, histoire de forcer les gens √† retourner voir un film sur un¬†grand-√©cran et d’offrir aux √©ternelles publicit√©s d’avant-s√©ance.


Réalisation : Spencer Gordon Bennet

Scénario : George H. Plympton, Joseph F. Poland, Royal K. Cole

Avec : Robert Lowery, Johnny Duncan, Jane Adams, Lyle Talbot, William Fawcett, Leonard Penn, Rick Vallin, Eric Wilton

Batman and Robin (1949)
2.4

En conclusion

M√™me avec des qualit√©s techniques sup√©rieures √† son a√ģn√©, Banman and Robin ne parvient pas √† faire mieux √† cause d’un casting discutable et d’une trame sonore horrible.

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