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Paradis du cinéma d'action

Beyond the Reach (2015)

Résumé : Un millionnaire et son guide improvisé jouent à un jeu dangereux durant un voyage de chasse dans le désert des Moyaves…

Critique : 

Il faut se l’admettre, voir un acteur réputé débarquer dans le monde «obscur» VOD et du DVD, c’est toujours un moment d’une certaine tristesse, puisqu’Hollywood semble rejeter ces mastodontes du cinéma afin de privilégier les super-héros et les jeunes vedettes émoustillant les adolescentes. Aujourd’hui, c’est au tour de Michael Douglas (Wall Street) qui, en attendant son apparition dans un monde super-héroïque (Ant-Man), prend d’assaut le petit écran avec Beyond the Reach, son dernier long-métrage sorti en vidéo-sur-demande au Québec.

Ben (Jeremy Irvine, War Horse) est un jeune homme «paumé» qui tente de gérer la compagnie de sa famille (Guide de chasse), tout en subissant le départ de sa coquine, qui part pour la grande ville. La journée du départ de cette dernière, Ben reçoit un contrat : Aider Madec, un riche homme d’affaires,à faire une petite partie de chasse, même ce n’est pas le temps adéquat pour cette pratique. Une fois sur le terrain, une erreur fatale forcera les deux hommes à jouer à un jeu du chat et de la souris, un jeu mortel dans ce désert…

Deuxième adaptation du roman pour jeunes adultes Deathwatch (Roman de 1972), Beyond the Reach est une sorte de néo-western centré sur le duel entre Jeremy Irvine et Michael Douglas, entre le 99% et le 1%, entre un habitant de la campagne et un habitant de la ville. Et aux vues de la bande-annonce et en lisant le résumé de Beyond the Reach, nous savons déjà la structure narrative de ce long-métrage. Stephen Susco (The Grudge), le scénariste, a rapidement compris ce point et il ne perd pas de temps à nous ennuyer, en entrant dans le vif du sujet dès les premières minutes de ce film.

Dès lors, la tension et l’intérêt du spectateur montent lentement en crescendo, les personnages passant alors «d’amis» qui imitent les personnages de WALL-E à des ennemis qui tentent de se tuer à l’aide de dynamite. Cette tension est grandement due à la grande construction des personnages principaux. Ben, la proie, utilisant le survivalisme et l’ingéniosité à son avantage et Madec, le chasseur, faisant de même avec patience et mégalomanie.

Mais, malgré son ingéniosité, le scénario de Susco commet quelques erreurs graves, comme l’utilisation de «flashbacks prémonitoires», comme en ayant quelques incohérences cocasses (La copine de Ben lui offre un bijou en cadeau tandis que Ben réplique avec un revolver…) ou en ayant une conclusion horriblement mauvaise. En effet, à dix minutes de la fin Beyond the Reach se conclut avec brio, mais le long-métrage en rajoute en nous proposant une nouvelle conclusion digne d’un nanar, sans vous la dévoiler bien sur. Sauf que Beyond the Reach ne s’arrête pas là en proposant une troisième conclusion, en quelques minutes seulement, une horrible conclusion digne d’un slasher américain.

À la réalisation, Jean-Baptiste Lénonetti (Carré Blanc), un français, démontre un certain savoir-faire technique assez imposant pour sa première réalisation nord-américaine. Avec une caméra qui fait de l’œil aux grands westerns américains, Lénonetti filme avec panache le désert du Nouveau-Mexique, Beyond the Reach étant tourné sur une réserve Navajo encore vierge en ce qui concerne le 7ème art. Chaque plan extérieur de Lénonetti est une pure merveille, un bijou qui démontre que l’on n’a pas besoin d’effets spéciaux ou d’explosions pour impressionner.

S’il me fallait nommer une scène mémorable, il me faudrait vous parler de la scène où Michael Douglas tire à répétition sur Jeremy Irvine, des tirs rapprochés qui touchent tous le sol, des tirs qui soulèvent le sable et la poussière. Ces dernières se transportent alors sur le personnage de Douglas, qui reste immobile, tel un roc massif et imposant. Une scène franchement mémorable…

Et il ne faut oublier la trame sonore de Beyond the Reach, qui impose par le manque de sonorités. Il y a certaines quelques musiques, originales ou pas, et ces dernières sont jolies, mais la force de ce long-métrage, c’est ses silences oppressant qui forcent le spectateur à endurer un mutisme infernal. Ce mutisme sera parfois interrompu par la présence d’un camion Mercedes, dont les bruits du moteur pourraient donner des orgasmes mentaux aux fanatiques d’automobile. Ce prototype (Il n’en existe que deux au monde parait-il…) est un personnage à part entière, offrant même un élément unique à ce film.

Comme mentionné ci-haut, Beyond the reach c’est un duel entre Michael Douglas et Jeremy Irvine. Le premier offre une performance mémorable, ayant ici la meilleure performance de sa carrière depuis des lustres. Sans rien enlever à Douglas, il faut dire que le fait que son personnage ait des points communs avec celui qu’il occupait dans Wall Street lui a probablement facilité la vie. Le second lui donne la réplique avec merveille, offrant une prestation tout aussi remarquable et une prestation qui était physiquement assez éprouvante. Ronny Cox apparaît également à l’écran le temps de deux scènes, lui qui était dans un long-métrage relativement similaire en 1972 avec Deliverance.

Beyond the Reach est un heureux problème de conscience. D’un côté nous avons envie de le recommander pour la force de ses acteurs, pour la puissance de sa réalisation et pour son duo de personnage mémorable. D’un autre côté nous avons envie de vous dissuader de visionner Beyond the Reach pour sa structure narrative fort prévisible et peu originale et pour une conclusion qui insulte le spectateur en le giflant à quelques reprises. Néanmoins, il nous faut avouer que visionner Beyond the Reach apporte beaucoup d’émotions et est parfait pour un cinéphile pas trop exigeant.

3.25/5


Réalisation : Jean-Baptiste Léonetti

Scénario : Stephen Susco

Avec : Michael Douglas, Jeremy Irvine, Hanna Mangan Lawrence, Ronny Cox, Patricia Bethune, Martin Palmer, David Garver

Beyond the Reach (2015)
  • Acteurs
  • Musique
  • Réalisation
  • Scénario
  • Divetissement
4.1

En conclusion

Beyond the Reach offre une bouffée de fraîcheur à la carrière de Michael Douglas tout en étant un divertissement de qualité, pendant 75 minutes…

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