Black Water (2018)

Résumé : Un agent sous couverture se réveille pour se retrouver emprisonné dans un site noir de la CIA, sur un sous-marin.

Critique :

Après avoir participé à l’un des meilleurs films d’action canadiens, Gridlocked, le directeur de la photographique Pasha Patriki obtient sa première chance de se faire valoir avec Black Water, son premier long-métrage en tant que réalisateur. Équipé de trois vétérans du cinéma d’action (Chad Law au scénario ainsi que Jean-Claude Van Damme et Dolph Lundgren au générique), le long-métrage avait un potentiel certain pour combler les fans des deux acteurs cultes et pour faire de Patriki un nouveau cinéaste à mettre sur notre radar de cinéphile.

Néanmoins, Black Water a un énorme problème, il est immensément générique. Le divertissement fait écho au meilleur des films de PM Entertainment et à une certaine partie des films de la Cannon. Nous pouvons y sentir une similitude dans la recette : un ou deux acteurs connus, un petit budget, un scénario simple et peu original, sans oublier beaucoup d’action! C’est essentiellement ce que représente Black Water alors que nous suivons un homme être kidnappé pour obtenir une liste top-secrète, qui n’a en réalité que bien peu d’importance.

Cela n’empêche pas Black Water d’offrir un joli moment de cinéma. Chad Law (Daylight’s End) est surement capable de pondre un film durant son sommeil et il le prouve à nouveau ici. L’histoire du long-métrage contient suffisamment de détours et de revirements pour embrouiller légèrement son spectateur et, en délivrant la majorité de son exposition dans un long flashback, le divertissement y gagne un rythme intéressant le reste du temps. Le seul reproche, en dehors de son manque d’originalité, c’est que le personnage principal de Black Water est peu attachant, surtout lorsque nous faisons une comparaison avec celui interprété par Dolph Lundgren. Et, plus décevant encore, ce dernier n’est pas aussi présent que l’on pourrait penser; l’acteur n’ayant qu’un caméo bonifié le temps d’une scène d’action dans le troisième acte.

Heureusement, Pasha Patriki démontre son talent derrière la caméra. Fier de son expérience, le cinéaste parvient à créer un film qui n’est jamais visuellement laid et qui n’est jamais ennuyant. Le seul élément qui nous rappelle que Black Water est son tout premier long-métrage, c’est que lors des scènes d’action, Patriki a beaucoup de mal à camoufler les doublures – à un point tel qu’on pourrait en faire un jeu à boire. De plus, il faut concéder que le petit budget du film n’aide pas à rendre la vie à bord du sous-marin crédible. Dans la majorité des scènes, le navire est très artificiel, avec un côté « décors d’entrepôt abandonné » très perceptible.

Dans le rôle-titre, Jean-Claude Van Damme (Universal Soldier) a une belle présence à l’écran et offre le meilleur JCVD, en termes d’action, depuis quelques années. Il faut dire qu’il est constamment entouré par deux belles demoiselles, Courtney B. Turk (The Prince) et Jasmine Walte (Joe Dirt 2: Beautiful Loser), ce qui l’a certainement motivé… Blague à part, il ne faudrait pas oublier Dolph Lundgren (Universal Soldier) qui, malgré un rôle limité, s’amuse royalement avec un personnage tout à fait mémorable. Le fils de JCVD, Kris Van Damme (The Philly Kid) a aussi un rôle important, lui qui interprète l’homme de main des méchants du film. Et, bien sûr, n’oublions pas Patrick Kilpatrick (Last Man Standing) et Al Sapienza (The Sopranos), qui jouent les méchants de service dans Black Water.

Dans l’ensemble, Black Water tente quelque chose de nouveau pour JCVD et pour Lundgren, en leur proposant quelque chose qui ne tourne pas exclusivement sur leurs capacités physiques – présentes ou passées. Même si, dans l’ensemble, Black Water n’est pas particulièrement original ou spectaculaire, il ne reste pas moins que la première réalisation de Pasha Patriki est divertissante et plaisante à regarder…


Réalisation : Pasha Patriki

Scénario : Chad Law, Tyler W. Konney, Richard Switzer

Avec : Jean-Claude Van Damme, Dolph Lundgren, Courtney B Turk, Jasmine Waltz, Kris Van Damme, Patrick Kilpatrick, Al Sapienza

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.