Après sa mort dans le plus grand film de 2019, Scarlett Johansson a pu interpréter une dernière fois son personnage culte dans une lettre d’adieu destinée à une nouvelle génération. En plus d’une décennie, le personnage de Black Widow est passé d’une secrétaire de Tony Stark à une héroïne dans une période de dénonciation féministe. Une mise à jour essentielle qui est pourtant contredite par les propos mêmes du long-métrage…

Natasha Romanoff affronte les parties les plus sombres de son enfance lorsqu’un dangereux complot lié à son passé surgit. Poursuivie par une force qui ne reculera devant rien pour la faire tomber, Natasha doit faire face à son histoire d’espionne et aux relations brisées laissées dans son sillage bien avant de devenir une Avenger.

On est capable de sentir une volonté « féministe » derrière Black Widow. Misant sur les effets psychologiques des traumas du passé, le long-métrage débute par un moment de nostalgie des années 90 avant de nous transporter sur la voie du consentement et du libre arbitre. Sauf que Black Widow n’y arrive tout simplement pas. Avec une intrigue mal calquée sur Jason Bourne et un squelette issu de Captain America: The Winter Soldier, l’oeuvre se compare à un enfant qui tente d’être cool, mais qui ne l’est pas vraiment.

Le scénario « trop masculin » ne fait qu’aborder ces problèmes en surface, nous laissant à la merci d’un grand méchant involontaire drôle. Et oui, c’est un vieil homme cherchant à contrôler de jeunes filles… Venant un peu sauver Black Widow, la dynamique familiale entre Natasha et sa fausse famille n’est exploitée que trop tard. Mais elle apporte son lot d’humour, notant grâce à une performance mémorable de David Harbour.

Et malgré un ton plus sombre qu’à l’habitude, la production de Marvel déçoit un peu en termes d’action. Nous étions habitués à des spectacles de haute voltige ou à des combats plus réalistes et brutaux. Black Widow joue dans les deux catégories. Le film a quelques difficultés à maîtriser cet aspect notamment dans l’acte final qui reprend celui de The Winter Soldier, avec un Avenger qui tente de mettre au sol un navire volant tout en sauvant une personne de son passé.

C’est ce qui est terriblement frustrant avec Black Widow. On voit une volonté de la réalisatrice Cate Shortland et de certaines têtes dirigeantes du studio Marvel de nous raconter une histoire actuelle et innovatrice. Et pourtant, à chaque détour, le long-métrage est à l’image de son Taskmaster. Il a regardé les films de Marvel et il a décidé de nous les resservir sous un nouvel angle.

C’était agréable de voir Natasha avoir son propre film et Scarlett Johansson obtient la chance d’être plus rayonnante qu’elle n’a jamais été. Il y a des moments sincères et quelques touches d’humour, mais cela n’en fait pas de Black Widow un adieu approprié pour ce personnage.

Note : C

Related Posts

Laisser un commentaire