Cartel 2045 (2017)

Résumé : En 2045, la guerre contre les drogues au Mexique s’est intensifiée tandis qu’un cartel utilise des robots pour renforcer ses opérations.

Critique :

Après une campagne sur Kickstarter, Cartel 2045 (anciennement Juarez 2045) a finalement débarqué au Canada. Le film d’action tente de faire un spectacle de haut niveau avec une prémisse de base assez intéressante. Hélas, le long-métrage a derrière la caméra Chris Le, un cinéaste relativement amateur qui se retrouve dépassé par les événements de son propre film (qu’il a également écrit) et par la faiblesse de son budget.

Cartel 2045 est un étrange mélange entre les longs-métrages Scarface, Chappie et Iron Man. Trois divertissements que le scénario ne semble pas comprendre. Cartel 2045 va dans tous les sens. Son histoire a quelques éclairs de génie alors qu’elle débute dans un futur où les conflits armés vont bientôt remplacer les braves soldats par des robots. Un futur « assez proche » au nôtre que le film n’explore pas pour se concentrer sur la folie meurtrière d’un puissant criminel mexicain se nourrissant à la cocaïne. L’aspect minimaliste apporte quelque chose d’unique à Cartel 2045, surtout que cela permet à Danny Trejo à être en mode « Tony Montana » durant la centaine de minutes du film, et c’est tout simplement génial.

Hélas, au delà d’un vilain sympathique, Cartel 2045 n’offre rien de particulier. Malgré des idées fortes, le long-métrage tourne en rond et offre plusieurs longueurs. Le scénario du film a un bon concept qui lui permettrait d’offrir un bon film d’une heure sans plus. Pour attendre une durée respectable, les acteurs sont forcés de nous réciter des dialogues indigestes et de vivre une sous-intrigue totalement inutile avec la présence d’un traître chez nos héros. À cause de cela l’histoire de Cartel 2045 ne peut tout simplement pas être fluide. Et n’aidant résolument pas la cause, Chris Le a choisi de laisser les membres du cartel mexicain parler en espagnol, sans pour autant offrir des sous-titres pour les spectateurs ne comprenant pas cette langue.

Sur le plan technique, Cartel 2045 a une ambition certaine pour nous proposer beaucoup d’action. Habituellement, nous serions aux anges, mais le budget limité (1 million) ne permet pas à Chris Le de créer des robots crédibles. Les effets spéciaux du film varient entre le sympathique et le très dégoûtant. Le pire survenant lorsque Danny Trejo met, comme souligné dans la promotion du film, son armure d’Iron Man et se met à bouger dans tous les sens; assis sur un petit banc. Également, pour camoufler ses limites visuelles, le réalisateur semble avoir choisi d’embrouiller ses scènes avec un effet visuel semblable à la neige présente sur de vieux VHS. Cela apporte un style « Grindhouse » très artificiel au long-métrage. Un style qui devient malheureusement involontairement drôle et dérangeant à la longue… Le se rattrape un peu lors de quelques moments n’impliquant pas les robots; des moments qui démontrent que le cinéaste a l’œil pour créer des scènes efficaces, malgré son cadrage inexpérimenté et le montage paresseux de l’ensemble de son oeuvre.

Malheureusement, il y a peu d’acteurs connus dans la distribution de Cartel 2045, à l’exception de Trejo, bien sûr, et de Alexander P. Heartman (Power Rangers Samurai). Aucun des interprètes ne se démarque, alors qu’ils livrent presque tous des performances assez inoubliables, voire même médiocres. Le seul qui se démarque est, évidemment, Danny Trejo (Machete Kills). L’acteur comprend pleinement la médiocrité de Cartel 2045 et il s’amuse durant toutes ses scènes.

Cartel 2045 n’offre rien pour plaire à son spectateur. L’histoire est vaguement définie avec des mélanges de genre et des dialogues mal conçus et mal définis. Seul Danny Trejo élève le niveau de qualité de l’oeuvre, mais c’est une chose qu’il fait déjà dans de nombreuses séries Z. Seul un meilleur budget, un meilleur cinéaste et une exécution moins bâclée aurait pu sauver Cartel 2045 du désastre que nous avons entre les mains.


Réalisation : Chris Le

Scénario : Chris Le

Avec : Brad Schmidt, Alexander P. Heartman, Blake Webb, Kyler Steven Fisher, Adam Scorgie, Danny Trejo

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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