Checkmate (2015)

Résumé : Six personnes sont au beau milieu d’un braquage de banque et chacun de leurs gestes peuvent avoir un effet sur le résultat du cambriolage. Es-ce une coïncidence ou sont-ils les pions d’un jeu sadique?

Critique : 

La dernière fois que nous avons visionné un long-métrage de Timothy Woodward Jr., nous avons vaguement mentionné dans notre critique que son cinéma pouvait correspondre à celui de Tarantino, dans un certain sens. Nous l’avons être comparé à Usain Bolt, même si le long-métrage que nous avions entre les mains était médiocre. Aujourd’hui, nous replongeons dans la filmographie de l’homme avec Checkmate, un de ses derniers projets sortis à l’automne dernier au Québec.

Dans une ville inconnue, deux frères planifient un braquage de banque, un homme demande à un prêtre / tueur à gages de l’assassiner, un jeune couple attend un premier enfant et un policier fait son travail. Dans cette même ville, deux hommes jouent aux échecs, ce qui pourrait avoir un effet sur le destin des hommes et femmes mentionnés ci-dessus, qui se dirigent tous inconsciemment au même endroit.

Nous critiquons Checkmate pour trois raisons seulement. D’abord, Timothy Woodward Jr. est en train de devenir une pierre angulaire du cinéma d’action indépendant avec plusieurs productions en cours et critiquer ses longs-métrages devient inévitable, surtout lorsque l’on tient un site internet sur le cinéma d’action et que nous avions fondé un peu d’espoir en son cinéma. Ensuite, puisque 4got10 nous avait lamentablement déçu (Critique ici), nous devions donner une deuxième chance au cinéaste par souci d’équité. Et puis, le film est distribué «gratuitement» sur Netflix. Et c’est la seule raison qui nous a fait visionner Checkmate, puisque ce long-métrage est merdique.

Certes, il y a deux types de cinéma merdique; celui dont nous récompensons l’effort ou le divertissement en n’étant pas sévère lorsqu’on le critique, et le cinéma merdique qui devrait être éradiqué de la planète. Checkmate tombe dans la seconde catégorie, malgré une bonne prémisse de départ de la part des scénaristes qui ont eu l’idée d’offrir un braquage de banque mystique à la sauce From Dusk Till Dawn. Cela nous prouve à nouveau l’influence relative de Quentin Tarantino sur Timothy Woodward Jr., une influence qui se fait également sentir sur le nombre de jurons présents dans le scénario du film.

Il y a tellement de jurons dans ce film, que cela nous empêche quasiment de suivre les conversations des personnages qui semblent suivre ce modèle pour construire leurs dialogues : Juron, sujet, verbe, juron, adjectif, juron. Il y a tellement de jurons qu’une religieuse pourrait perdre sa foi en Dieu en visionnant Checkmate. Et lorsque Checkmate cesse de blasphémer, le scénario qui en découle comporte beaucoup de dialogues nanardesques et est trop brouillon pour être une source de divertissement. Et sur ce point, le seul intérêt de Checkmate réside dans la fameuse partie d’échec, non pas parce qu’elle est plus intéressante que les aventures de notre groupe d’inconnus, mais parce que nous voulons savoir comment es-ce que le scénario jouera avec les vraies identités des personnages de Vinnie Jones et de Danny Glover. Sauf qu’au final nous serons terriblement déçus par la résolution du seul élément important du scénario, qui évite cette révélation en nous lançant un combat de ninjas en pleine figure dans les dernières minutes du long-métrage.

Derrière la caméra, Timothy Woodward Jr. continue à dépenser le budget de ses longs-métrages aux mauvais endroits avec un générique d’ouverture très stylisé, un générique qui ne laisse pas d’argent pour les besoins réels de Checkmate, qui n’a même pas les moyens de filmer en hélicoptère en plein vol. Il a tout juste les moyens pour filmer les scènes d’action du film convenablement ou pour faire des effets spéciaux crédibles. Les voitures sont déjà endommagées avant que les fusillades éclatent, nous pouvons parfois voir les explosifs servant lors des impacts de balles, sous les gilets des acteurs, même chose pour ce qui semble être des micros, mais, l’élément le plus pathétique de cet aspect technique réside dans une vulgaire feuille de papier que Woodward Jr. aime filmer en gros plan et que l’équipe n’a même pas été foutue de rédiger entièrement. Il vous suffit de visionner la bande-annonce si vous ne nous croyez pas.

Sinon, Woodward Jr. continue à offrir une réalisation convenable sans plus sauf que cette fois-ci il semble avoir beaucoup de difficulté à instaurer un rythme à son long-métrage. En termes simples, il ne parvient pas à faire en sortie que nous daignons nous intéresser à Checkmate. Même chose pour la trame musicale de Sid De La Cruz qui est tout simplement pathétique et ennuyeuse.

Notre seul réconfort se trouve au niveau du casting. Danny Glover (Lethal Weapon), Vinnie Jones (Snatch.) sont les seuls acteurs qui simplement s’amuser. Cela transparaît à l’écran alors que les deux hommes offrent les meilleures performances du film. Un peu comme Mischa Barton (The O.C.) qui semble vraiment se forcer à rendre son rôle crédible, en jouant une femme asthmatique qui ne sait pas comment utiliser de façon efficace son inhalateur… (Parole d’un ancien asthmatique!!)

Michael Paré (Streets of Fire) et Katrina Law (Arrow) sont également de la partie, mais le scénario laisse peu de place à ces acteurs. Et puis, il y a Sean Astin (Lord of the Rings)Antwon Tanner (One Tree Hill) et Willa Ford (Friday the 13TH) qui sont en roue libre totale, jouant de façon outrageuse leurs personnages respectifs. Néanmoins, le véritable problème du casting de Checkmate, c’est Johnny Messner (Tears of the Sun) qui interprète l’un des braqueurs en tentant d’imiter l’interprétation du Joker de Heath Ledger, mais qui ne parvient qu’à se donner des airs de drogué schizophrène qui ne fait qu’hurler à la Lune…

La motivation derrière la critique de Checkmate est assez simple; nous voulions vous recommander de ne pas visionner ce long-métrage, en restant et en ne se focalisant que sur les aspects positifs de l’oeuvre. Oui, ce fut très difficile, mais nous avons réussi. Et nous ne risquons pas de retomber dans le piège que propose le cinéma de ce réalisateur…


Réalisation : Timothy Woodward Jr.

Scénario : Calvin Cox Jr., Jennifer Lynch, Henry Mitchell

Avec : Vinnie Jones, Danny Glover, Sean Astin, Michael Paré, Mischa Barton, Johnny Messner, Katrina Law, Willa Ford, Antwon Tanner, David Chisum

Checkmate (2015)
0.7

En conclusion

Checkmate tente de battre le record du monde du film d’action avec le plus de jurons dans son scénario. Malheureusement, cette vulgarité ne fonctionne pas du tout, à un point tel qu’il y a une seule chose à faire : fuir Checkmate à tout prix…

Envoi
Note des visiteurs
0 (0 votes)

Écrit par Michaël Michaud

Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

View all posts by Michaël Michaud →

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.