American Made (2017)

Résumé : Barry Seal était un pilote ordinaire travaillant pour TWA avant d’être recruté par la CIA en 1978. Son travail en Amérique du Sud capta l’attention de Pablo Escobar, qui avait besoin d’un homme de son talent, avant de devenir un trafiquant de drogues, d’armes et un blanchisseur d’argent…

Critique :

Tom Cruise (Mission: Impossible) est de retour dans un rôle assez surprenant. Cette fois-ci, il ne joue plus un espion américain ou un dur à cuire, mais un simple humain, dans une histoire inspirée d’un fait réel. Cela peut sembler étrange, mais nous avons ici un rôle rafraîchissant pour l’acteur qui semble (enfin?) jouer un rôle de son âge, ou presque.

Dans ce film assez classique, Cruise joue un personnage inconscient de ce qui l’entoure et qui est transporté dans le monde de l’espionnage par un agent de la CIA. Dès les premières minutes, nous comprenons assez vite où American Made va se diriger et se conclure. Ce n’est pas un énorme problème dans la mesure où le scénario du long-métrage et la réalisation de Doug Liman (Edge of Tomorrow) décident de forcer le rythme et le divertissement au profit d’une histoire riche et complexe. Et c’est assez dommage puisque Cruise se retrouve alors abandonné à lui-même, tentant de jouer un salaud avec son optimiste habituel; puisqu’il n’a jamais le temps d’explorer pleinement son personnage, qui enchaîne les événements à la vitesse de l’éclair.

En parallèle, American Made se ressent comme un hommage au cinéma des années 70, tant par le style utilisé par le réalisateur que par une représentation intéressante du patriotisme américain de cette époque. Encore là, le tout n’est jamais réellement exploré en surface. Ce qui ne nous empêche pas de voir plusieurs figures importantes de l’époque débarquer à l’écran, pour notre plus grand plaisir. Avec une durée sous les deux heures, le long-métrage aurait bien besoin d’une demi-heure supplémentaire pour développer le personnage principal et l’époque où il vit.

Techniquement, le divertissement jouit grandement de la présence de Liman. Le cinéaste opte pour une mise en scène simple, mais efficace et dynamique; tout en étant dans sa zone de confort : la comédie d’action. Liman a néanmoins mieux performé dans ce domaine par le passé alors que la comédie rate souvent sa cible et que l’action n’est pas si spectaculaire (bien qu’élaboré). Même Tom Cruise semble être dans une zone de confort. Même si l’acteur se retrouve coincé à porter le film sur ses épaules, Cruise se contente à l’occasion de jouer une parodie de lui-même, au lieu d’habiter pleinement son personnage. Le reste de la distribution obtient des rôles assez secondaires, avec Domhnall Gleeson (The Revenant), Jesse Plemons (Black Mass), Caleb Landry Jones (Get Out) et Benito Martinez (The Shield) parmi les acteurs les plus connus du film.

American Made reste un bon film. C’est dommage, car le long-métrage avait le potentiel et les ingrédients pour créer un spectacle digne de la belle époque de Scorsese. À la place, nous avons un bon petit divertissement pop-corn qui sera vite oublié.


Réalisation : Doug Liman

Scénario : Gary Spinelli

Avec : Tom Cruise, Domhnall Gleeson, Sarah Wright, Jesse Plemons, Caleb Landry Jones, Lola Kirke, Jayma Mays, Alejandro Edda, Benito Martinez

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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