Blindspot – Saison 1 (2015-2016)

Résumé : Une femme amnésique surnommée Jane Doe est trouvée nue, et couverte d’obscurs tatouages, sur Times Square à New York. Sa découverte expose un vaste mystère qui intéresse immédiatement, qui commence à suivre les indices cachés sur le corps de la dame, tout en amenant cette dernière à découvrir sa véritable identité.

Critique : 

De toutes les nouveautés télévisuelles de la saison 2015 / 2016, Blindspot fut mon premier choix pour deux raisons évidentes. Premièrement il faut dire que le fait que cette série fut créée par Martin Gero, une des têtes pensantes de la série Stargate Atlantis (Une série culte de mon adolescence…). Et deuxièmement, Blindspot offrait, aux vues des bandes-annonces, un concept assez poussé pour une série télévisée dont le contenu s’étire sur une bonne vingtaine d’épisodes. Avec plusieurs de divertissement au compteur, il est maintenant temps de revenir en arrière et d’évaluer ce nouveau produit télévisuel…

Une femme est trouvée nue au centre-ville de New York, alors que son corps est couvert de tatouages et que sa mémoire vient d’être effacée. Sur le dos de la demoiselle, des instructions demandent aux autorités de contacter Kurt Weller, un agent de terrain du FBI. Tandis que ce dernier suivra les autres indices sur le corps de cette Jane Doe qui mèneront le FBI sur les traces de dangereux criminels méconnus des forces policières de ce monde, la jeune femme récupérera tranquillement quelques morceaux de sa mémoire et découvrira avec l’aide de Weller qu’il est fort probable qu’elle soit Taylor Shaw, une amie d’enfance de Weller qui fut supposément tuée lors d’une soirée obscure par le père de ce dernier. Néanmoins, un groupe mystérieux contacte Jane afin qu’elle se mette à espionner secrètement le FBI…

Il est assez difficile pour nous de juger d’une série comme Blindspot, car cette série déçoit grandement son spectateur dans la mesure où elle tient entre les mains un concept grandiose qui apporte enfin quelque chose de nouveau à la prémisse de base de plusieurs séries américaines où une force policière requiert les services d’une personne plus qualifiée comme, par exemple, The Mentalist, Castle ou même Dr. House. Malheureusement Blindspot a un sérieux problème, car nous pouvons vaguement comparer la série à un pilote de F1 qui gagnerait sa vie en faisant les livraisons d’une pizzeria locale.

Car, même en étant équipée d’une excellente prémisse, la série s’entête à nous servir des enquêtes policières vues et revues des dizaines de fois. Un terroriste à une bombe, des hommes kidnappent des femmes pour en faire des prostitués, un terroriste à une bombe (Encore…), des voleurs volent une bijouterie, des méchants Russes espionnent les États-Unis… Mais sur le plan fondamental, cela ne fait pas de Blindspot une mauvaise série télévisée, car si nous excluons quelques embûches en début de saison, Blindspot parvient à offrir un divertissement de qualité semaine après semaine. Car, malgré-tout, l’écriture de la série réussit à sauver du désastre Blindspot grâce aux nombreuses sous-intrigues qui supportent l’émission télévisée, en apportant l’énergie nécessaire pour captiver les audiences. Même si la série se focalise essentiellement sur Kurt Weller et Jane Doe, chaque personnage important de la série a plusieurs sous-intrigues qui permettent de donner beaucoup de nuances et de profondeur au casting de la série.

En tête d’affiche, nous avons un Weller tourmenté depuis la présumée mort de Taylor Shaw et la maladie fatale de son père, le principal suspect de la mort de Shaw. Et au fil de la série les deux êtres éprouveront lentement mais surement des sentiments envers l’autre dans ce qui deviendra très rapidement un triangle amoureux lorsque le mystérieux Oscar contacte Jane. C’est par lui que toute la réussite de la série se transporte à l’écran, car Oscar est l’homme chargé, par ceux qui ont effacé la mémoire de Jane Doe, de contacter cette dernière, et il apporte une dimension intéressante à la série car il place le personnage de Jane Doe dans un dilemme moral. Cet élément scénaristique est très important car il situe les personnages de la série dans une sorte de danger constant qui nous donne envie d’en découvrir plus sur les secrets des tatouages de Jane et de l’organisation d’Oscar. Et comme mentionné ci-haut, tous les personnages de la série sont d’une importance scénaristique cruciale qui font d’eux de véritables êtres humains et non des faire-valoir pour nos deux héros. Cela se traduit concrètement par la relation amoureuse de Reade avec la sœur de Weller, par les nombreux problèmes de jeux de Zapata, par la vie amoureuse de Patterson ou par les nombreux secrets du passé Mayfair, la chef de cette unité.

Car au centre de la série il y a un véritable mystère qui ne fait que s’épaissir grâce aux nombreuses conversations à doubles sens entre Jane et Oscar et aux mystérieuses missions qu’elle est «forcée» d’accomplir pour lui, semaine, après semaine. Certes, cela peut sembler être un procédé redondant à la longue, sauf que Blindspot gagne sur le long terme, puisque contrairement aux séries télévisées policières qui nous sert les mêmes intrigues à outrances, Blindspot joue d’originalité et gagne sur toute la ligne. Car, même en nous servant les mêmes intrigues policières que ses compétiteurs, Blindspot est la meilleure série télévisée américaine au niveau de ses sous-intrigues qui battent à plat de couture la compétition et même les intrigues principales qu’elle nous sert, semaine après semaine…

Sur le plan technique, Blindspot impressionne. Au niveau des décors et des lieux de tournage, nous pouvons sentir que nous avons entre les mains une série «riche» qui utilise pleinement New York et ses environs, qui constituent ses lieux de tournage. Ces ingrédients permettent de créer un cachet unique et un univers crédible et palpitant à Blindspot, qui se permet même à quelques reprises de tourner quelques scènes dans les endroits les plus mémorables de The Big Apple.

Ceci étant dit, il nous faut souligner que c’est sur le plan de l’action que la série performe avec un style de mise en scène très proche de Jason Bourne et des derniers James Bond. Par ce fait même nous avons le droit à des scènes d’action spectaculaires qui n’ont rien à envier aux blockbusters américains. Même que, pour un rythme de tournage accéléré, Blindspot surprend et étonne avec des longues séquences d’action à chaque épisode, qui peuvent alterner entre un combat entre Jane et des asiatiques dans un complexe d’appartements à un affrontement sur le pont d’un véritable bateau de la marine américaine, en passant par un duel à la hache dans une grange enflammée…

Au niveau du casting, la série obtient un sans fautes ou presque. Sullivan Stapleton (300: Rise of an Empire) joue à la perfection le rôle de Kurt Weller, un personnage marqué par la mort présumée de son amie d’enfance, en créant la tristesse et l’obstinance nécessaire pour rendre cet homme crédible. Sans grandes surprises, nous pouvons dire la même chose de Jaimie Alexander (Thor), celle qui interprète Jane Doe et possiblement Taylor Shaw, alors que l’actrice parvient à créer une héroïne qui n’a rien à envier aux Jason Bourne de ce monde…

Si nous élargissons le casting principal, il nous faut souligner les excellents jeux des actrices Marianne Jean-Baptiste (RoboCop), Ashley Johnson (The Last of Us) et Audrey Esparza (Black Box), qui est d’ailleurs rapidement devenu ce dernier béguin hollywoodien. En fait, nous ne pouvons que nous plaindre de Rob Brown (The Dark Knight Rises) qui joue de façon assez générique «l’Afro-Américain de service», et de Ukweli Roach (Street Dance 3D), dont Blindspot fait tout pour rendre son personnage utile en vain. Si au départ l’idée d’avoir un psychologue dans l’équipe pour épauler Jane Doe semblait être excellente, le fait qu’on ait transformé cet être en personnage principal de la série qui n’a, parfois, qu’une seule phrase de dialogue à dire par épisode, est assez ridicule. Notons également la présence du québécois François Arnaud (J’ai tué ma mère) dans le rôle du fameux Oscar, l’ancien amant de Jane Doe (De l’époque où elle avait encore sa mémoire.) dont la présence dans la vie de Jane apportera beaucoup de matière à la série…

Non Blindspot n’est pas parfaite, la paresse dans l’écriture de ses intrigues principales nous font presque grincer des dents. En attendant de voir la série évoluer sur une intrigue non-focalisée sur les criminels aléatoires renfermés sur les tatouages de Jane Doe, il nous faut nous contenter sur les séquences d’action spectaculaires et sur les sous-intrigues qui sont littéralement le point fort de Blindspot et qui sont notre principale raison pour revenir devant notre télévision à chaque semaine. Et aux vues du dernier épisode de la saison, nous avons déjà hâte de voir ce que la série nous réserve à ce niveau pour la prochaine saison…


Créateur : Martin Gero

Diffusée sur : NBC

Avec : Sullivan Stapleton, Jaimie Alexander, Rob Brown, Audrey Esparza, Ashley Johnson, Ukweli Roach, Marianne Jean-Baptiste, François Arnaud, Jordana Spiro, Jay O. Sanders, Michael Gaston, Dunn Trieste Kelly Dunn, Joe Dinicol

A propos de Michaël Michaud 369 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.