Chain of Command (2015)

Résumé : Après le meurtre de son frère, un ancien soldat nommé Webster part à la recherche des coupables, pour y découvrir une conspiration profondément ancrée dans le gouvernement des États-Unis.

Critique :

Bon Dieu… Chain of Command fut un véritable supplice à visionner. Piégé dans les méandres de la distribution internationale, le long-métrage a finalement débarqué au Canada mardi dernier. Il a fallu près de deux ans pour ce que film arrive chez nous et, en toute franchise, il aurait pu éviter de débarquer dans notre contrée sans que cela n’affecte le peuple canadien Même si, aux vues de sa bande-annonce, il était clair que Chain of Command serait un mauvais long-métrage, rien ne pouvait nous préparer à ce qui allait nous tomber à la figure.

Webster fête son retour au pays dans son jardin en compagnie de son frère, d’un collègue et d’un pirate. Son frère doit quitter la fête en toute urgence en lui racontant brièvement qu’il a des ennuis. Un peu plus tard Webster apprend que son frère est brutalement assassiné. Il décide de mener sa propre enquête, sans se douter qu’il met les pieds dans les activités d’un groupe d’anciens soldats trafiquant de la drogue. Tandis que les cadavres s’accumulent et qu’un tueur à gages se met à ses trousses, Webster découvrira l’horrible identité du meurtrier de son frère..

Ne vous laissez pas berner par notre traduction du résumé officiel de ce long-métrage ou par celui écrit par nos soins dans le paragraphe précédent. Chain of Command n’est aucunement un long-métrage intéressant. Ce n’est même pas un divertissement qu’il est possible de recommander. Pendant la première moitié du long-métrage, il est possible de se « divertir » en analysant Chain of Command comme un nanar italien et en notant toutes les tares du film. Croyez-moi, c’est faisable. C’est un petit jeu qui fut utilisé par l’auteur de ces lignes, un jeu où l’on est capable de remplir une feuille blanche de commentaires en moins de 30 minutes.

Néanmoins, après une demie-heure, ce divertissement malsain commence à peser sur nos épaules et nous commençons à voir ce film comme le plus mauvais film de l’année. Chain of Command a néanmoins quelques cartes dans sa manche. D’abord, le trio d’acteurs principaux est relativement compétent. Michael Jai White (Spawn), Max Ryan (Sex in the City 2) et Steve Austin (The Expendables) semblent être déprimés et totalement amorphes, mais ils représentent également les meilleurs éléments de Chain of Command. Michael Jai White a quelques bonnes scènes d’action et il se force réellement à rendre son personnage convainquant. Il n’y parvient pas, mais ce n’est aucunement sa faute. Et Steve Austin a un ou deux bons moments, même s’il ne se bat pas contre Michael Jai White, ce qui est terriblement dommage.

Et ensuite, dans son ensemble, le scénario de Chain of Command a un potentiel certain, un potentiel qui ne fut jamais exploité. Bien que l’histoire n’est aucunement originale, nous pouvons sentir l’influence certaine de Lethal Weapon, en reprenant quelques éléments de cette intrigue et en modifiant suffisamment les choses pour que seul un cinéphile averti puisse noter ce lien. Par-contre, c’est la seule qualité que l’on puisse trouver à ce script, l’ensemble de l’intrigue n’étant constitué que par du remplissage, pour camoufler un manque flagrant d’imprévisibilité, et par des dialogues exécrables, histoire d’effectuer encore plus de remplissage. Sérieusement, à chaque fois que les personnages ouvrent la bouche, nous avons l’impression d’écouter un paquet de clichés et de dialogues où aucun des personnages ne parlent réellement à celui qui lui donne la réplique. Dans le meilleur des cas, les dialogues de Chain of Command peuvent se résumer à ceci :

  • Personnage A : Que voulez-vous?
  • Personnage B : Je veux résoudre un problème.
  • A : Ai-je un problème?
  • B : C’est ce que je tente de résoudre.
  • A : Puis-je vous aider à résoudre ce problème?
  • B : Non, je peux résoudre ce problème toute seul.
  • A : Suis-je la source du problème?
  • B : Ça serait problématique si vous êtes le problème..

Et ce n’est aucunement une exagération puisque ceci n’était qu’une traduction grossière des dialogues d’une véritable scène entre Max Ryan et Steve Austin

Malheureusement, Chain of Command, ne peut se reposer sur son réalisateur, Kevin Carraway (7 Below), pour offrir les fondations d’un bon long-métrage. Comme mentionné au début de cet article, Chain of Command vogue allègrement entre les limites du nanar et du navet moisi. En plus du scénario qu’il a co-écrit, Kevin Carraway est responsable de la pire réalisation de l’année. Sérieusement, il est impossible de qualifier sa réalisation d’incompétente, puisque cela serait presque lui une faveur. Ses placements de caméra sont bordéliques (Les épaules des acteurs occupent parfois plus du tiers de l’écran et obstruent les scènes de conversation…), les scènes de caméra sont truffées d’éléments chaotiques, comme un acteur qui tombent sur une caméra ou un gros plan sur un tapis protégeant les genoux d’un cascadeur, et il ne dirige aucunement ses acteurs. À l’exclusion du trio d’interprètes principaux, tous les acteurs et les figurants sont horribles, avec des jeux d’acteur à la ramasse et qui, à l’occasion, ne savent pas quoi faire devant une caméra. De plus, quelques choix artistiques en lien avec le casting sont discutables, ce qui n’aide aucunement le long-métrage. Nous vous mettons même au défi de trouver un autre film où un serveur dans un bar est amputé des deux mains. Oui, car cela fut un choix créatif discutable de Kevin Carraway

Comme si ce n’était pas assez, tous les autres éléments techniques sont à la ramasse. L’éclairage de Chain of Command consiste essentiellement à un énorme projecteur placé face aux acteurs. Les décors sont pauvres et vides et l’ameublement des pièces n’a aucun sens (Une longue scène est consacrée à des techniciens vérifiant la conduite de gaz de la cuisinière de notre héros, sauf que la production n’a trouvé de mieux pour illustrer ce moment qu’une cuisinière électrique…). Les effets numériques sont horribles et les effets sonores sont encore pires. Les bruits des armes à feu sortent d’un jeu vidéo d’arcade et des sons bizarres apparaissent soudainement sans aucune raison (Comme un son strident lorsque Jai White fait une pirouette…). Et il me faut arrêter de tirer à boulets ardents sur Chain of Command en vous parlant de l’horrible trame sonore de Steve Yeaman (3 Day Test). Le compositeur a décidé de « ne pas composer » une trame sonore, en préférant utiliser une gamme sonore constituée d’une banque de sons disponibles sur YouTube. Le pire exemple de ce manque d’intérêt est un bruitage actuellement utilisé par le site américain d’IGN, durant leurs vidéos; un bruitage qu’on abuse à profusion pour créer « un moment horrifique » ou pour illustrer le héros principal qui ouvre une porte…

Même en mâchant mes mots, Chain of Command est un long-métrage horrible, médiocre et exécrable. D’aucune façon nous ne pouvons recommander ce film. Les fans de Michael Jai White seront déçus et auront de la peine pour l’acteur qui fait de son mieux pour bien paraître dans un long-métrage qu’il n’a pas envie de tourner. Et pour ceux qui oseraient regarder ce long-métrage, rappelez-vous que la réalisation ne fonctionne pas, que les acteurs sortent d’un mauvais théâtre d’été et que le scénario est ennuyeux et prévisible, à un point tel qu’il est possible de deviner toute l’intrigue du long-métrage durant la première scène…


Réalisation : Kevin Carraway

Scénario : Kevin Carraway, Lawrence Sara

Avec :  Michael Jai White, Max Ryan, Steve Austin

A propos de Michaël Michaud 447 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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