Close Range (2016)

En attendant le prochain de la franchise Undisputed, Scott Adkins et Isaac Florentine se retrouvent le temps de Close Range…

Critique

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Résumé : Un déserteur est entraîné dans un combat brutal contre un shérif corrompu, ses adjoints incompétents et un dangereux cartel de drogues afin de protéger sa sœur et sa jeune nièce.

Critique : 

En attendant la sortie d’Undisputed 4, il nous faut nous consoler avec la sortie de Close Range, la dernière collaboration entre Scott Adkins (The Expendables 2) et le réalisateur Isaac Florentine (Undisputed III: Redemption). Même si nous étions surs d’en avoir pour notre argent en termes d’action, la bande-annonce du long-métrage nous donnait quelques doutes en ce qui à trait au produit fini qu’est Close Range

Après le sauvetage de sa nièce kidnappée par un puissant cartel de drogue, Colton MacReady doit débuter un combat brutal afin de sauver sa propre famille. En effet, le cartel, en soif de vengeance, a décidé de prendre d’assaut le ranch de MacReady avec l’aide de la police locale, qui est composée de policiers corrompus prêts à tout pour s’assurer qu’aucune aide ne viendra au secours de MacReady…

D’entrée de jeu, il me faut m’excuser pour les propos sévères de cette critique. Peut-être que mon rhume et ma fatigue générale a joué dans mon appréciation de Close Range, mais il reste que le long-métrage d’Isaac Florentine comporte plus de défauts que de qualités. Sans être dans le déni, nous savions que Close Range ne serait pas le long-métrage du siècle, mais nous étions en droit d’attendre un peu plus d’un scénario bâclé. Dans un certain sens, nous pouvons même dire que le long-métrage n’a pas de scénario.

Le long-métrage a une durée avoisinant les 85 minutes (1H25 si vous préférez…). Cette durée inclut un générique d’ouverture et un générique de fin, qui retirent une bonne dizaine de minutes au long-métrage. Et pourtant, le scénario de Close Range peine à optimiser cette courte durée. Malgré les quatorze adversaires que devra affronter Scott Adkins après le générique d’ouverture (Isaac Florentine nous force presque à les compter en dévoilant le nom de tous les membres du cartel mexicain lors de leur première apparition en sol américain.), nous avons l’étrange impression que rien ne se déroule dans ce film, puisque nous ne faisons qu’attendre le prochain combat du personnage de Scott Adkins contre ces bandits.

Le problème du scénario de Close Range pourrait se trouver dans les limites de son concept qui reprend l’idée de l’invasion à domicile, mais en remplaçant le trio de méchants habituels (Le voleur, le tueur et le braqueur de coffre…) par un cartel de la drogue. Aussi, le long-métrage se tire dans le pied en utilisant une trame scénaristique vue et déjà vue en apportant rien de nouveau à la table et en fondant l’histoire sur des dialogues plus que douteux et sur un paragraphe d’ouverture qui nous parle du Japon et des samouraïs, pour une raison encore inconnue. Et pourtant, le long-métrage a un personnage principal qui méritait le coup d’œil. Nous avons sincèrement l’impression que Colton MacReady, le personnage principal du long-métrage, a vécu de nombreuses péripéties avant les événements du film et qu’il en vivra plusieurs autres par la suite. Si vous voulez mon opinion personnelle, je dirais même que ce personnage pourrait facilement être l’objet d’une franchise un de ces jours. Sinon, le seul élément narratif intriguant du long-métrage était le personnage du shérif dont la corruption, l’alcoolisme et l’amour de son fils apportait un peu d’imprévisibilité dans une histoire qui en avait grandement besoin.

Heureusement, ce qui sauve largement le long-métrage, c’est la présence d‘Issac Florentine à la réalisation. Florentine est habitué de Scott Adkins; il connait les aptitudes de son acteur par-cœur et il connait les limites de ses dons en arts martiaux. Cela permet au réalisateur d’offrir des scènes d’action à couper le souffle. Le long-métrage débute en feu avec un plan séquence où Adkins prend d’assaut les hommes qui retirent en otage sa nièce et poursuit sur sa lancée avec un Adkins qui saute sur le toit d’une voiture en mouvement et avec un affrontement final plutôt jouissif. Notons aussi que Florentine a dépensé de façon efficace le faible budget de son long-métrage, notamment en produisant un générique d’ouverture assez générique ou en détruisant une partie du décor principal du long-métrage grâce à la fusillade finale.

Ces petits éléments nous permettent que Close Range est plus riche qu’il ne l’est réellement, nous donnant même l’impression que nous ne regardons pas une vulgaire production sortant directement en DVD. Malheureusement, tous n’est pas rose dans la réalisation de Florentine, car ce dernier donne trop de style à son long-métrage, un «style» qui se caractérise par des plans de caméra qui sont parfois étranges. Rien de dramatiques, même si nous avons l’impression de visionner un film qui se pense plus «cool» qu’il ne l’est réellement. La même critique peut être appliquée à une course poursuite qui ne fonctionne que grâce à la quantité impressionnante de poussière présente sur le plateau de tournage.

Au niveau de la trame sonore, Stephen Edwards fait de son mieux pour offrir une musique à l’inspiration mexicaine, mais cela ne fonctionne tout simplement pas. Malgré des éléments sympathiques, à l’exception d’un horrible sifflement récurrent, la musique d’Edwards nous donne l’impression d’être une sorte de Frankenstein qui s’effondre sur lui-même. Nous pouvons réellement dire que le long-métrage est un désastre à ce chapitre, surtout que la musique omniprésente d’Edwards parvient réellement à nous distraire et à nous sortir du contexte du long-métrage.

Dans le rôle titre, Scott Adkins est magnifique. Il livre une performance formidable, malgré la faiblesse relative du scénario, et il est impressionnant dans les scènes d’action. Il était définitivement né pour jouer ce personnage. Nous pouvons dire la même chose, ou presque, de Nick Chinlund (Con Air) qui joue le shérif corrompu de l’histoire, et de Madison Lawlor, qui offre une solide performance ce qui est grandement honorable vu l’inexpérience relative de l’actrice. Pour sa part, Tony Perez (Scarface) fait un bon travail, sans plus, dans le rôle de l’antagoniste principal de Close Range. Et c’est tout ce que vous pouvez espérer du jeu des acteurs, car le reste de la production a un talent assez limité.

Close Range n’est pas le film du siècle, mais il saura vous divertir, spécialement si vous avez envie d’un moment de cinéma jouissif. Les scènes d’action valet le détour et Scott Adkins vole la vedette. Malheureusement, le film est vite rattrapé par la faiblesse de son scénario qui semble avoir été conçu sur un bout de papier dans une cantine du coin. Il reste que pour un spectateur fanatique du cinéma des années 80 ou pour un spectateur ayant envie de visionner quelque chose sans se creuser la tête, Close Range demeure le meilleur choix possible.


Réalisation : Isaac Florentine

Scénario : Chad Law, Shane Dax Taylor

Avec : Scott Adkins, Tony Perez, Nick Chinlund, Caitlin Keats, Jake La Botz, Madison Lawlor, Ray Diaz, Umar Khan, Craig Henningsen

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