Daredevil – Saison 2 (2016)

Résumé : Alors que Matt pensait avoir rétabli l’ordre dans la ville, de nouvelles forces destructrices apparaissent à Hell’s Kitchen. L’homme sans peur affronte désormais un nouvel adversaire, Frank Castle, et retrouve son amour de jeunesse, Elektra Natchios.

Critique : 

Après une première saison plus que parfaite, Daredevil revenait en force avec une intrigue palpitante centrée autour du Punisher et d’Elektra, deux membres importants de la mythologie du super-héros aveugle. Malheureusement, il était évidant que le programme de Netflix ne pouvait faire mieux que l’année où elle a perdu sa virginité avec treize épisodes magnifiques. Il ne restait qu’à savoir jusqu’où la chute de la série allait s’arrêter. Heureusement pour nous, Daredevil a su accuser le coup avec une nouvelle d’épisodes forts divertissants.

Maintenant qu’il a libéré New York de Wilson Fisk, Daredevil est occupé à combattre la guerre des différents groupes criminels qui tentent du vide créé par l’absence du criminel. Néanmoins, un nouveau justicier est en ville. Ce dernier est en quête de vengeance et il attaque tous les malfrats de la ville à coups de balles. Tandis que les victimes s’accumulent, Matt Murdock utilise ses talents d’avocat et de justicier pour retrouver cet homme. Néanmoins, il est loin de se douter que dans l’ombre se cache une menace lugubre pesant sur la métropole; une menace qui intéresse grandement une flamme du passé tumultueux de Murdock.

Ce qui différencie les adaptations télévisuelles de Marvel et les adaptations cinématographiques, c’est le traitement apporté aux méchants. Car, avec plusieurs épisodes en banque, la télévision peut se permettre d’offrir un développement égal et détaillé aux gentils de l’histoires, et aux vilains. Durant sa deuxième saison, Daredevil a commis l’erreur d’introduire deux nouveaux héros à la série, Elektra et le Punisher. Pour les non-initiés, disons simplement ces deux êtres ont marqué la carrière littéraire du diable d’Hell’s Kitchen et qu’ils avaient connu jusqu’à ce jour des adaptations un peu douteuses au grand-écran. Mais, pour revenir à nos moutons, la présence de ces deux héros ont causé tellement de tort à la série, que nous sommes presque devant une douzaine d’épisodes insupportables.

En réalité, la façon la plus imagée de représenter Daredevil serait de vous dévoiler cette dernière comme étant un «Grand Canyon» télévisuel. La saison démarre en lion avec une intrigue réglée au quart de tour racontant la lutte entre notre héros favori et le Punisher. Ce dernier est adapté à la perfection et la série laisse le temps aux deux personnages d’exprimer leurs points de vue, avec des poings et des mots. Pour faire court, le Punisher est simplement en quête de vengeance Et lorsque Daredevil parvient enfin à amener le Punisher à la justice, il est assez intéressant de voir le parallèle que la série fait avec le système carcéral américain. Ensuite, la série décide de s’attaquer à Elektra, un autre personnage emblématique que Daredevil travaille à la perfection. Si nous tairons les motivations de son retour, sa présence apportera le chaos nécessaire dans la vie de notre protagoniste. Elle est digne de sa version littéraire, avec une sensualité et une folie bouleversante. Certes dans le dernier tiers de la saison sa présence sera peut-être anecdotique, mais cela n’est pas le principal défaut de la série.

En fait, le véritable problème de Daredevil se trouve dans sa gestion des personnages et de son intrigue. Est-ce intéressant de voir Daredevil et Punisher combattre des criminels locaux? Oui. Est-ce intéressant de voir Daredevil et Elektra combattre des ninjas? Oui. Néanmoins, il aurait juste fallu que les scénaristes de la série pensent à lier ces deux moitiés de l’intrigue. Rien n’unit ces deux éléments, faisant en sorte que nous avons constamment l’impression de passer du coq à l’âne. Pire encore, lorsque nous sommes avec le Punisher, nous avons simplement envie de retourner aux côtés de la belle Elektra et vice-versa.  Il aurait été si simple de faire en sorte que les destinés de ces deux personnages se croisent, que ce soit par un objectif ou un ennemi commun. Mais non, à la place, nous avons ce qui semble être un long montage maladroit de deux saisons télévisuelles. Évidement, la série finit par rattraper le tir pour les derniers épisodes. Mais ce n’est pas à cause de la sagesse ou de l’intelligence des scénarios. Pour réparer le bazar qu’ils avaient créé, les écrivains ont décidé d’utiliser la solution la plus simpliste qu’ils avaient sous la main. Ils ont tout simplement choisi de faire revenir une bonne portion des personnages symboliques de l’année dernière. Cela a le mérite d’être divertissant, mais ce n’est aucunement original, surtout que certains d’entre-eux n’ont aucune utilité réelle à la série. Pire encore il aurait été assez facile de les remplacer par des personnages moins importants de la mythologie du justicier aveugle. Parlant de personnages douteux, il nous faut mentionner brièvement le fait que Karen Page est devenue le personnage à tout faire. Pour cette saison, les scénaristes n’avaient pas la moindre idée de la trajectoire de Page, tandis qu’elle oscille entre le métier de «détectrice privée», d’avocate et de journaliste. Si nous sommes chanceux, elle deviendra peut-être une actrice pornographique comme sa version littéraire, dans la troisième saison. De plus, Daredevil manque cruellement de dilemmes moraux et religieux, alors que le père Lantom n’est présent que dans le quatrième épisode de la saison…

Sur le plan technique, Daredevil continue à impressionner. Avec des moyens financier plus importants, la série parvient toujours à mettre de l’avant des prouesses remarquables, avec des explosions, des fusillades et des combats plus généreux. Nous avons même le droit à une nouvelle séquence de combat brutale digne d’Oldboy. Par-contre, il est dommage que Daredevil n’ait pas de combat brutal et remarquable dans les derniers épisodes. Certes, visionner le super-héros combattre une horde de ninjas représente un peu délice, mais lorsque le justicier doit battre le chef de ces hommes de main, le tout devient ennuyeux et répétitif. Pourtant, la solution à ce problème-ci se trouve dans le scénario de la série et non dans la technicalité de cette dernière. Aussi, il nous faut noter les prouesses du département des costumes qui ont refait l’apparence de Daredevil, en plus de façonner les bases des célèbres costumes d’Elektra et de Punisher. Et sur le plan musical, il n’y a rien à dire alors que John Paesano continue sur sa lancée avec des trames sonores plus que parfaite.

Au niveau du casting, Daredevil continue à impressionner. Tous les membres du casting de la première saison sont de retour en force et offrent tous des performances exemplaires, surtout Elden Henson (La saga Hunger Games) dont le personnage vit une saison assez mouvementée. Pour sa part, Jon Bernthal (The Walking Dead) est tout simplement magnifique dans le rôle du Punisher, et il nous offre une performance signe des meilleurs acteurs de ce monde. Par-contre, Elodie Yung (Banlieue 13: Ultimatum) est assez fade et elle peut être énervante par moments; ce qui ne l’empêche pas de rendre justice au personnage d’Elektra. Stephen Rider (The Host) et Michelle Hurd (The Glades) sont également présents dans des rôles récurrents.

La deuxième saison de Daredevil n’est pas parfaite, mais elle a au moins le mérite de divertir. Maintenant que l’effet de surprise s’est estompé, elle devait se reposer totalement sur son intrigue et ses personnages pour recréer le succès de la première saison. Mais sa vague d’épisodes décousus ne permet pas de réussir cet exploit. Heureusement, Daredevil ne perd pas pied et parvient à nous offrir un pays final plus qu’exemplaire, digne du meilleur de la télévision américaine. Et avec une série dérivée sur le Punisher en préparation, nous pouvons réellement dire que Daredevil n’a pas raté son coup avec cette deuxième saison.


Créateur : Drew Goddard

Diffusée sur : Netflix

Avec : Charlie Cox, Deborah Ann Woll, Elden Henson, Jon Bernthal, Elodie Yung, Stephen Rider, Rosario Dawson, Royce Johnson, Susan Varon, Michelle Hurd, Marilyn Torres, Geoffrey Cantor, Ron Nakahara, John Pirkis, Scott Glenn, Peter Shinkoda

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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