End of a Gun (2016)

Résumé : Le gardien de sécurité d’un centre commercial croise le chemin d’une brute après qu’il sauve d’une femme du danger.

Critique :

Pour la première fois depuis des années, Steven Seagal décide de quitter sa zone de confort n’étant plus un personnage de soutien sauvant le monde à la dernière minute. Avec End of a Gun, l’acteur revient au premier plan, avec un divertissement faisant grandement écho aux belles années de sa carrière. Après-tout, cela fait plus d’une décennie que l’acteur n’a pas participé à un bon film, un vrai bon film. Malheureusement, ce n’est pas avec End of a Gun que cela va changer…

Decker se stationne devant un bâtiment à Paris. En sortant de sa voiture, il est témoin d’un conflit entre un homme et une femme. Il tente de régler cette dispute de couple, mais l’homme sort une arme, forçant Decker à le tuer en légitime défense. Quelques moments plus tard, Decker est contacté par la demoiselle qui a besoin d’aide pour voler de l’argent situé dans le coffre de la voiture de son copain mort. Decker accepte sans prévoir que des trafiquants de drogue voudront à tout prix récupérer leur bien.

Les fans de Steven Seagal seront à nouveau déçus par le divertissement qu’offre l’acteur. Seagal, qui n’interprète pas un gardien de sécurité comme le résumé officiel laisse présager, continue ses bonnes vieilles habitudes en jouant dans un «clone» de The Asian Connection, un autre film de Seagal avec une structure narrative presque identique, à deux différences près. D’abord, au lieu d’interpréter le méchant trafiquant de service, Seagal joue le héros de l’histoire, un ancien agent de la DEA. Et ensuite, parce que End of a Gun est beaucoup plus ennuyeux en tentant de quitter son aîné pour copier un autre divertissement.

Cela peut paraître étonnant puisque si vous relisez ma critique de The Asian Connection, vous constaterez que ce dernier n’obtient qu’un maigre 0.9 / 5, une note somme toute assez exécrable. Et bien, End of a Gun est parvenu à prendre en note toutes les maigres qualités scénaristiques de son ainé pour créer une histoire assez vide et creuse. Ce divertissement se résume à trois scènes : Seagal rencontre la fille, Seagal vole de l’argent avec la fille et Seagal doit sauver la fille. Entre ces trois moments-clés, nous assistons à du pur remplissage puisque rien ne se passe, rien n’est excitant; nous sommes en plein téléfilm de seconde zone. Et pourtant, l’ensemble de l’œuvre avec une certaine idée derrière la tête : Partir d »un autre projet de l’acteur pour faire un film de braquage à la Steven Soderbergh et se tenir loin de la filmographie de Seagal. Malgré une tentative louable de termes de ton et d’humour de se rapprocher de la trilogie cinématographique mettant en vedette George Clooney et Brad Pitt, End of a Gun se plante royalement avec son texte bâclé axé sur un vol pouvant rapporter plusieurs millions de dollars.

Tenter d’imiter une trilogie allouée par la critique et le public avec une histoire soporifique plonge le spectateur de l’ennui le plus total. Le pire, c’est que le braquage en question se limite à une entrée par effraction où l’acteur et sa doublure marchent dans un stationnement. Le film n’a clairement pas les moyens de ses ambitions et en tentant de jouer gros, il pêche par excès. Ce long-métrage, avec un budget minime, tente de jouer dans la cour des grands, même s’il n’a pas le talent pour mener à bien cette croisade. Le scénario semble être écrit par des étudiants de cinéma qui viennent tout juste de découvrir ce média. Pire encore, nous pouvons noter de nombreuses erreurs facilement corrigeables, comme celle d’un personnage secondaire qui décide de marcher au beau milieu d’une fusillade pour faire «coucou» à ce Decker. Cette incohérence devient insultante lorsque nous prenons en compte que cet homme est un policier expérimenté.

Un autre signe du manque de moyens provient du fait que toute l’histoire d’End of a Gun se déroule à Paris. Mais, à cause du budget minime de cette production, cette ville majestueuse n’est représentée que par des images génériques (Probablement achetées dans une banque d’images sur le net…) et par des horribles écrans verts. Certes, il faut donner à Keoni Waxman, le réalisateur, le mérite de bien travestir Bucarest, une ville de Roumanie, mais cette dernière est si souvent utilisée dans des productions de seconde zone qu’il est impossible de la faire passer pour une métropole française. Même chose pour les acteurs secondaires en général. Waxman a choisi d’engager des artisans locaux qui, la majorité du temps, parlent en anglais avec un accent européen imitant de façon caricatural l’accent français. La supercherie est d’autant plus visible qu’un rôle de second plan est tenu par un acteur réellement capable de parler «à la française», rendant cette arnaque évidente et improbable.

Et pourtant, Keoni Waxman (True Justice) signe possiblement l’une des bonnes réalisations de sa carrière. Certes, il est dépassé par les événements et par les caprices de Steven Seagal (La doublure est plus visible que l’acteur…) et il est incapable de rendre le scénario, qu’il a lui-même co-écrit, palpitant. À la limite, nous pourrions louer l’effort mis dans un séquences d’action dans une chambre d’hôtel, mais je ne suis pas assez généreux pour le faire. Même chose pour Michael Richard Plowman (A Lonely Place do Die), dont la trame sonore plagie atrocement celle d’Ocean’s Eleven, le classique de Soderbergh mentionné plus haut. Est-ce par hommage ou par paresse? Un seul homme sur Terre a la réponse à cette question…

Au niveau du casting, il faut noter que Steven Seagal (Under Siege) est en grande forme pour une seule scène. Par la suite, il alterne entre son marasme habituel et les nombreux plans éloignés de sa doublure. La chanteuse populaire Jade Ewen lui donne la réplique, parvenant même à réussir l’exploit en étant moins fluide dans ses répliques que ce bon vieux Seagal. Les roumains Ovidiu Niculescu (A Good Man) et Florin Piersic Jr. (Killing Salazar) complètent, avec un minimum de compétence, le casting principal d’End of a Gun.

End of a Gun représente une autre étape masochiste pour les adeptes de la filmographie de Seagal. Si certains seront contents de retrouver l’acteur dans un premier rôle, les autres seront déçus du vide narratif se caractérisant par l’absence d’une véritable histoire. Nous pourrions facilement résumer End of a Gun en un montage vidéo de deux minutes, ce qui est d’autant plus dommage si l’on prend en compte que ce «divertissement» risque d’être l’un des derniers rôles de premier plan de la filmographie de l’acteur culte. Espérons seulement pour les derniers fans de sa carrière que Seagal puisse prendre sa retraite dans un avenir proche…


Réalisation : Keoni Waxman

Scénario : Chuck Hustmyre, Keoni Waxman

Avec : Steven Seagal, Florin Piersic Jr.,  Jade Ewen,  Jacob Grodnik, Jonathan Rosenthal,  Ovidiu Niculescu

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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