Fight Valley (2016)

Résumé : Lorsque sa sœur est retrouvée morte dans une petite ville nommée Fight Walley, une femme décide de mener sa propre enquête et se retrouve mêlée dans une organisation proposant des combats de rue, des combats où combattait sa sœur…

Critique : 

Depuis la création du cinéma d’action, Hollywood s’est fait un point d’honneur à exclure, en quelque sorte, les femmes de ses productions. Et bien, avec la montée légitime du «féminisme cinématographique», de plus en plus de femmes obtiennent des premiers rôles dans des films d’action de plus en plus géniaux. Alors, il est inutile de dire qu’en apprenant la arrivée prochaine de Fight Valley, une sorte de Lionheart au féminin avec quelques personnalités du monde de l’UFC à son bord, le cinéphile que je suis était très excité par ce projet. Enfin, c’était jusqu’au moment où Fight Valley devient un petit porno lesbien…

Tori Coro tente de survivre dans les quartiers violents d’une ville du New Jersey avec ses amis, sa copine Duke et son père alcoolique. Lorsque Tori meurt, dans une vanne tentative pour gagner de l’argent rapidement, sa soeur Windsey, vivant une vie de princesse avec sa mère fortunée, débarque dans le quartier afin de trouver la responsable de cette mort, survenue à Fight Valley, un endroit mystérieux où des gens règlent leurs problèmes à coups de points. Aucunement acceptée par le voisinage, Windsey devra rester sur ses gardes et apprendre à se battre pour assouvir sa vengeance.

Il faut dire que nous avons peut-être embelli la vérité en vous disant que Fight Valley devient un film pornographique lesbien. Certes, il y a de la nudité. Oui, nous avons une relation sexuelle assez explicite où nous voyons presque l’intérieur des organes sexuels d’une actrice. Mais c’est le moindre des soucis de Fight Valley. Pire encore, nous pourrions même dire que le traitement légèrement pervers de Rob Hawk est l’élément salvateur du long-métrage. Fight Valley a énormément de problèmes, surtout pour un long-métrage dont le budget avoisinerait les 22 millions de dollars, selon IMDB.

D’entrée de jeu, il nous faut admettre que Fight Valley subit les conséquences d’une construction scénaristique assez horrible. Le long-métrage débute assez abruptement avec une longue séquence d’introduction de vingt-deux minutes où le film met en contexte la vie de Tori et son entourage. Malheureusement, le film manque cruellement de vision, apportant beaucoup de confusion au spectateur. Pire encore, il a fallu plusieurs visionnements et une visite sur le site officiel du film pour je puisse réellement comprendre la complexité relative du long-métrage et l’identité des personnages qu’il met de l’avant. Le scénariste / réalisateur Rob Hawk est la principale cause de ce problème, car il ne sait pas comment introduire ses scènes pour créer avec ces dernières un fil scénaristique logique. Pensons simplement à une scène, à mi-chemin de Fight Valley, où Windsey parle au téléphone avec son père. L’endroit où se trouve Windsey est banal et quelconque, surtout si on le compare avec le reste des décors.À un point tel que durant toute la scène nous avons l’impression que Windsey se trouve dans le sous-sol de son père. Une expression qui est doublement renforcée par le fait que Hawk ait glissé un moment d’exposition dans cette conversation servant à expliquer sans subtilité l’endroit où se trouve le personnage.

De plus, Fight Valley commet également l’erreur de ne pas supporter son personnage principal, qui doit rapidement devenir une combattre d’arts martiaux mixtes en quelques jours, afin d’éviter de se faire tuer dans ce quartier du New Jersey et, éventuellement, pour venger sa sœur. À aucun moment, le long-métrage tente de rendre crédible son entraînement, qui consiste essentiellement à malmener des blocs de glace. Les autres personnages ne semblent même pas être au courant de sa progression et continuent de la traiter comme la petite princesse gâtée qu’elle est (Qui se promène en limousine de nos jours??). Il faut dire que nous sommes forcés de leur donner raison car à chaque fois que Windsey se retrouve mêlée à une bagarre, elle est tabassée ou jetée au sol. Et lorsque survient enfin son grand moment de gloire, qui se déroule, sans rien vous dévoiler de majeur, dans une sorte de bagarre générale, la princesse se contente de regarder le tout avec un air dégouté, comme si elle se trouverait au beau milieu d’un marécage rempli de moustiques et de saleté. Ensuite, nous avons le droit à un moment classique, montrant le personnage qui gagne en puissance grâce à un montage rapide, pour démontrer toute la progression de l’héroïne; et une fois motivée, la belle se met mettre au tapis dès le premier coup de poing.

Ce qui est de l’incompétence totale ressort malheureusement comme la mauvaise blague d’une comédie douteuse. Et comme si ce n’était pas assez, Fight Valley comporte plusieurs moments involontairement drôles qui sont principalement causés par la construction médiocre des personnages et par le mauvais casting général du long-métrage. La vaste majorité des acteurs et des actrices de cette production n’ont peu d’expérience dans l’industrie et sont, pour la plupart, de mauvais interprètes. Si d’un côté, nous avons une Miesha Tate (La seule combattante de l’UFC qui a un véritable rôle important dans cette production…) qui n’est pas si mauvaise que ça, nous avons une Susie Celek (Ex-femme du joueur de la NFL Brent Celek et fondatrice d’un salon de peinture corporelle à Philadelphie…) dont les expressions corporelles transpirent une constipation physique. Ce qui fait en sorte que toutes les scènes du long-métrage avec Celek, ou avec les autres «actrices» de cette production, semblent forcées car elles sont interprétées par le pire casting qu’un théâtre d’été pourrait avoir. Puisque malgré toute la bonne volonté et les efforts mis par les actrices, elles sont incapables de remplir leur cahier de charges.

Mais, au final, ce n’est peut-être la faute de ces femmes qui se donnent corps et âmes à Fight Valley. Pour trouver un coupable, il faudrait peut-être se tourner à nouveau vers Rob Hawk. Si vous n’avez pas encore deviné à ce point-ci de ma critique, je n’ai aucunement aimé Fight Valley. Et bien, la raison de ma haine se trouve peut-être chez Hawk qui, petit fait cocasse, a récemment déclaré en entrevue que le plan initial était de faire en sorte que les actrices se battent et saignent pour de vrai. Le réalisateur / scénariste offre une réalisation très fantaisiste où chaque plan et chaque scène sont insérés de façon «logiquement aléatoire». Parfois, cela frôle même le ridicule, comme lorsqu’un personnage secondaire marche dans un parc, sans aucune raison ou mise en contexte, puis se met à combattre quelques garces, sans vraiment de contexte, pour ensuite quitter le parc quelques secondes plus tard, sans que l’on sache les motivations de cette séquence. La seule raison de cette séquence, c’est d’offrir une scène de combat gratuite. Et pourtant, on ne peut pas vous affirmer que le long-métrage est rempli de bagarres. Au lieu de miser sur la qualité, Hawk s’est concentré sur la quantité avec plusieurs courts combats qui ne durent que quelques secondes. Il nous laisse même sur notre faim dans la mesure où nous ne voyons pas la conclusion de plusieurs d’entre-eux.

Et, comme si ce n’était pas assez, il nous faut également déplorer l’univers des personnages qui vivent dans un recoin miteux du New Jersey où les quartiers pauvres sont essentiellement composés d’afro-américains en colère désirant combattre des blancs et refusant de gagner honnêtement leurs vies et d’amasser ainsi de l’argent légalement obtenu. Certes nous avons un Italien obèse, couvert de bijoux voyants et alcoolique dans le lot, mais il est trop occupé à se disputer avec son ex-femme riche et garce sur le cercueil de leur fille, pour que ce personnage puisse compter. Mais lorsque le réalisateur / scénariste tente de sauver le tout du désastre en concluant avec de nombreux revirements de situation dignes d’un roman savon (L’héroïne concluant son enquête grâce à un livre qui lui permet de devenir un détecteur de mensonges…), nous sommes trop occupés à roupiller sur notre fauteuil pour saisir la complexité soudaine de son écriture.

Malgré-tout, il nous faut finir sur une note positive, car Fight Valley a quelques bons points dans sa manche. Car, en plus de deux moments offrant de la nudité et de Miesha Tate, vous aurez la chance de visionner les débuts cinématographiques de deux combattantes supplémentaires de l’UFC : Cris Cyborg (Dans un rôle mineur important.) et Holly Holm (Qui traverse l’écran.). Aussi, il nous faut donner du crédit au pilote du drone qui a su faire de belles prises de vues aériennes du New Jersey. Ensuite, la trame sonore du long-métrage, qui est essentiellement composée de chansons populaires, pourrait bien plaire à quelques spectateurs. Personnellement, il me faut admettre que j’ai préféré les compositions de John DeSentis, qui sont malheureusement enterrées sous cette palette musicale assez éloignée de mes propres goûts musicaux.

Mais sérieusement, concluons brièvement en vous disant de ne pas visionner Fight Valley. Vous avez assez perdu de temps en lisant cette critique d’un long-métrage plus que médiocre…


Réalisation : Rob Hawk

Scénario : Rob Hawk

Avec : Susie Celek, Miesha Tate, Erin O’Brien, Kari J. Kramer, Cabrina Collesides, Chelsea Durkalec, Jefferson Sanders, Ivy Lashawn Coleman, Steve Downing, Cris Cyborg, Holly Holm

Fight Valley (2016)
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A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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