Ghostbusters (2016)

Résumé : Quatre jeunes femmes doivent défendre New York lorsque cette dernière est envahie par une horde de fantômes.

Critique : 

D’entrée de jeu, je dois admettre qu’en revisionnant le Ghostbusters original, pour en faire une critique, je fus incapable de mettre des mots à mes pensées. Même en étant pas un fanatique du long-métrage de 1984, il reste que ce long-métrage est et restera toujours un long-métrage intouchable d’Hollywood. Et même en ne dérivant pas dans le délire misogyne de plusieurs internautes, il restait que j’étais assez déçu de l’arrivée de ce nouveau Ghostbusters. À défaut de vous offrir mes avis des deux Ghostbusters originaux, voici notre avis du plus récent volet de cette saga cinématographique.

En quête d’une permanence dans une prestigieuse université, Erin Gilbert est surprise par la visite d’un homme ayant découvert son livre sur les apparitions paranormales. Désirant que ce livre disparaisse de la circulation, Erin part à la recherche d’Abby Yates, une amie d’enfance, afin de retirer ce livre des registres d’Amazon. Abby accepte à la condition qu’Erin l’accompagne pour aider l’homme mystérieux, qui prétend que son manoir est hanté par un fantôme. Sur place, elles seront les témoins d’une apparition fantomatique. Perdant tour à tour leurs emplois respectifs, Erin et Abby deviendront des casseuses de fantômes, afin de prouver que ces derniers existent et de retrouver l’homme responsable de la vague récente d’apparitions paranormales touchant New-York.

C’est avec beaucoup d’étonnement que j’ai visionné ce Ghostbusters. Il faut dire que toutes les mauvaises réactions du public à l’annonce de ce long-métrage, les mauvaises bandes-annonces et le fait qu’il n’y avait que trois spectateurs dans la salle de cinéma, m’avaient un peu refroidi. Mais qu’importe, car c’est en gardant l’esprit ouvert que j’ai débuté le visionnement de Ghostbusters. Il faut avouer d’entrée de jeu que dès les premières minutes, le long-métrage parvient à démentir ce que les nombreux détracteurs hurlaient à la figure de Paul Feig et compagnie.

Non, Ghostbusters n’arrive jamais à surpasser, ni même à égaler son aîné mais ce détail n’est pas si dommageable puisque nous avons ici l’un des meilleurs divertissements de l’été 2016. Ghostbusters parvient à étonner et à surprendre avec une intrigue étrangement familière qui est pourtant à des lieues du long-métrage de 1984. Durant sa première moitié Ghostbusters joue de sécurité en offrant un hommage au film original avec une trame sonore assez similaire où nos héroïnes se font renvoyer de leur emplois respectifs, débutent une compagnie d’extermination de fantômes et détruisent une salle prestigieuse dans leur première tentative pour capturer un fantôme. Heureusement, le tout nous est servi avec suffisamment de différence pour rendre le tout palpitant et pour éviter une certaine redondance.

Après un coup de poing à la figure des fans (Dans une scène assez insultante pour les fans du film original.) Ghostbusters décide enfin de s’assumer et de devenir un film d’action estival. Certes, la transition est assez brusque, mais c’est à ce moment là que Ghostbusters devient d’autant plus intéressant car il embrasse enfin sa destinée. À partir de ce point, le long-métrage cesse d’être handicapé par son aîné et débute sa véritable destinée. Non pas que la première moitié est ennuyante, comme mentionné ci-haut, mais le scénario du film n’était jusque-là qu’un ramassis de blagues parfois douteuses, qui divertissent beaucoup, à défaut de faire rire. Nous y gagnons enfin le film estival tant attendu avec de nombreuses exterminations de fantômes se déroulant pendant le duel de ces femmes face au meilleur méchant de la franchise (Un objectif qui n’était pas si difficile à réaliser, je vous l’accorde…). Malheureusement, peu importe comment Ghostbusters traite son matériel de base, le long-métrage sera toujours destiné à l’échec. Car, s’il tente de nouvelles choses, les fans de la première heure seront rabroués par la modernité du film. Mais s’il reste coincé dans sa zone de confort, les fans de ce monde auraient hurlé à la Lune que Ghostnusters n’est qu’une pâle copie du film original.

Malgré-tout, Ghostbusters a quelques surprises dans son scénario comme la dynamique entre les quatre héroïnes qui rivalise assurément avec les longs-métrages originaux, tout comme les apparitions de fantômes qui jouissent pleinement des progrès technologiques pour étoffer leurs mouvements et leurs personnalités. Aussi le long-métrage se permet même d’équiper nos casseuses de fantômes avec des nouvelles technologies, grâce à une véritable progression de l’équipement des personnages, qui passent de chasseuses incompétentes à de véritables dures à cuire. Néanmoins, des incohérences habituelles, le scénario de Ghostbusters a quelques problèmes notoires, comme le caméo de l’un des Ghosbusters originaux que l’on tente d’étirer en un rôle secondaire minable où l’acteur passe son temps à être assis et à rouspêter. Même chose pour le maire de New York, qui se veut être une réplique minable du maire de Jaws. Et il ne nous faudrait pas oublier le fait que deux personnages voient leurs cheveux devenir gris à un moment du long-métrage, sans aucune explication valable…

Derrière la caméra, Paul Feig (Spy) a beau ne pas être l’homme de la situation, il reste qu’il parvient à faire un travail adéquat. Préférant se concentrer sur l’humour (Même si le réalisateur ne fait que laisser ses comédiens faire tout le boulot…), le domaine de l’action est assez en reste, alors que le réalisateur offre des moments peu inspirants. Certes, durant quelques rencontres fantomatiques, Feig parvient à créer un véritable suspense digne des plus grands films d’horreur de ce monde, mais lorsque vient le temps de dégommer du fantôme, le réalisateur semble se reposer sur ses lauriers en se contenant de s’appuyer sur les effets numériques pour créer du spectacle. Heureusement, ceux-ci sont assez jolis ce qui permet de camoufler la paresse du réalisateur.

Même que la 3D est le sauveur de Ghostbusters sur le plan technique. Le long-métrage est possiblement la meilleure expérience 3D pour un film d’action, depuis Avatar, le grand-père moderne de cette technologie. Ghostbusters a la brillante idée de mettre les scènes d’action en 3D numérique (Comme toutes les productions cinématographiques de ce monde…) et de sortir physiquement les effets spéciaux de l’écran, à l’ancienne, ce qui crée ainsi des effets 3D bluffants et uniques. Par le fait même, nous pouvons presque dire que le long-métrage est une expérience cinématographique à absolument consommer sur grand-écran, pour ne pas perdre cette magie. Autre ombre au tableau, la trame sonore de Ghostbusters se contente d’offrir le minimum syndical avec des sonorités assez banales et peu originales. Et oui, il nous faut admettre que la nouvelle version de la chanson titre de la franchise est assez mauvaise, même si nous sommes à mille lieues de la version de Run–D.M.C., produite dans le cadre de Ghostbusters II en 1989.

Au niveau des actrices, nous avons un quatuor en demie-teinte. La moitié plus douteuse du groupe est composé de Melissa McCarthy (Spy) et de Kristen Wiig (MacGruber), alors que les deux actrices sont plus intéressées à improviser des gags parfois douteux qu’à offrir de véritables performances. Pour sa part, Leslie Jones (Trainweck) offre une prestation exemplaire, proposant le seul personnage principal avec de l’humanité, grâce à sa prestation toute en retenue. Néanmoins, la véritable surprise du casting se trouve du côté de Kate McKinnon (Finding Dory). Même si son jeu d’actrice risque de diviser les spectateurs, il reste que j’ai été envouté par la comédienne qui offre un jeu d’actrice captivant et unique qui nous force à détourner du regard pour fixer constamment l’actrice durant toutes ses scènes. Et puis, il y a Chris Hemsworth (The Avengers) qui joue avec brio l’idiot de service, un rôle qui lui va à merveille. Notons finalement qu’Andy Garcia (The Godfather Part III), que Charles Dance (Last Action Hero) et que Neil Casey (SNL) ont des rôles mineurs dans cette production.

Non, Ghostbusters n’est pas parfait, loin de là. Mais à l’image d’un nanar italien, il parvient à surpasser ses composants pour créer un divertissement supérieur et unique. Il parvient à mélanger les éléments qui font de lui un film moyen, pour créer une expérience cinématographique exemplaire. Et pour les fans récalcitrants, vous devez visionner Ghostbusters en salles. En mettant de côté votre rage viscérale, vous pourriez même être surpris du spectacle qui se trouve devant vos yeux. Après-tout, Ghostbusters n’est qu’un autre blockbuster américain qui sera vite oublié d’ici la fin de l’année par la quasi-totalité des cinéphiles de ce monde…


Réalisation : Paul Feig

Scénario : Katie Dippold, Paul Feig

Avec : Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon, Leslie Jones, Chris Hemsworth, Neil Casey, Andy García, Charles Dance, Michael K. Williams, Elizabeth Perkins

A propos de Michaël Michaud 570 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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