Inferno (2016)

Résumé : Robert Langdon se réveille dans une chambre d’hôpital à Florence, en Italie, avec aucune mémoire des derniers jours qu’il a vécu. Il est à nouveau la cible d’une chasse à l’homme mondiale, avec l’aide du Dr. Sienna Brooks, et avec son savoir de la symbologie, Langdon tentera de regagner sa liberté, ses souvenirs manquants, tout en solvant une énigme qui peut changer la face de l’humanité.

Critique : 

La saga du Da Vinci Code est de retour avec un nouveau volet relatant les nouvelles aventures de Robert Langdon en Italie. Malheureusement, les suites tardives ont la mauvaise habitude d’avoir la réputation de longs-métrages conçus pour récolter le plus d’argent possible en revivant des franchises que l’on croyait mortes et enterrées. Contrairement à ses rivaux, ce film avait le mérite d’offrir, selon les bandes-annonces, une véritable reprise d’une saga cinématographique aimée par de nombreux fans de partout dans le monde. Du-moins, c’est qu’Inferno tente de faire sur le papier puisque le long-métrage n’est qu’un vulgaire téléfilm de 75 millions de dollars, un long-métrage qui n’émoustillera que les mères au foyer en quête de frissons.

Quelque part en Italie, un homme est poursuivi par des autorités, dans une course qui se conclura au sommet d’un édifice. Plutôt que d’être arrêté, l’homme mystérieux décide de se suicider en se jetant du haut du bâtiment. Après un certain laps de temps, Robert Langdon se réveille amnésique dans un hôpital en Italie. Dans une confusion totale, le professeur parvient, avec l’aide d’une infirmière, à s’évader de sa chambre lorsqu’il est attaqué par une mystérieuse tueuse. Avec l’aide de la jeune femme, Langdon reprendre peu à peu ses esprits et découvrira qu’il est coincé malgré-lui dans une folle course contre la montre organisée par le suicidaire afin de récupérer un virus mortel pouvant tuer la moitié de l’humanité.

Malgré de nombreuses qualités techniques, Inferno se compare plus aux téléfilms diffusés en après-midi à la télévision qu’aux précédents volets de la populaire saga. Nous avons ici un long-métrage si ennuyeux que l’on a besoin d’un miracle pour ne pas s’endormir. Dans un effort confus pour adapter les nombreux revirements du roman de Dan Brown, Inferno ne fait que superposer des couches de mystères et de complications pour y créer une histoire si commune qu’il est possible de voir lesdits revirements dès le générique d’ouverture. Bon, cette déclaration est un peu exagérée, mais elle dénote tout de même un énorme problème du long-métrage.

Si Da Vinci Code souffrait d’une bande-annonce qui dévoilait tous ses revirements, Inferno jouissait d’une campagne publicitaire bien construite qui permet au spectateur d’entrer dans le long-métrage en ne connaissant que très peu de détails sur le déroulement de l’intrigue. Malgré un scénariste réputé (David Koepp, Jurassic Park), nous avons l’impression que le long-métrage est incapable de garder ses propres secrets. Les dialogues et les situations qui arrivent à notre héros débarquent avec si peu de réalisme et de fluidité que le spectateur averti saura résoudre le mystère d’Inferno bien avant que le personnage principal n’y parvienne. Certes, il y a une certaine logique dans ce problème dans la mesure où Robert Langdon est amnésique pendant une bonne partie du long-métrage et qu’il est victime de visions étranges et confuses, faisant en sorte qu’il n’est plus l’homme de la situation comme par le passé. Malheureusement, même si c’était possiblement la bonne chose à faire pour ce personnage, cela ne fait qu’apporter de la confusion et de la lenteur, qui profitent à notre sens de la déduction pour résoudre plus rapidement cette menace.

Parlant de cette menace, Inferno ne parvient pas à rendre celle-ci crédible. D’un côté, le long-métrage n’a pas de véritable méchant ou de menace crédible pouvant s’opposer à nos héros. Certes, des agents du gouvernement sont à ses trousses, tout comme une tueuse  étrangement peu crédible avec son costume de policière qui semble être un peu trop grande pour elle, mais ce n’est rien que Robert Langdon n’a déjà affronté par le passé. Et lorsque le véritable méchant se dévoile lors du dernier tiers, il est malheureusement trop tard pour que cela ait un impact quelconque. De plus, même si nous devons considérer qu’Inferno est une adaptation littéraire bâclée, il reste que la menace d’un virus pouvant décimer la moité de la population est tout simplement trop grande pour que l’on puisse croire qu’un simple professeur universitaire puisse sauver le monde. Et, à cause de la structure narrative impliquant la perte de mémoire de Langdon, nous n’avons pas l’impression que les autorités sont en mesure de sauver la planète, ou même qu’ils sont intéressés de faire leur boulot, laissant ainsi le sort de l’humanité entre les mains d’un érudit vieillissant et mentalement confus.

Sur le plan technique, même Ron Howard (Rush) semble être lassé par cette saga tandis que le réalisateur se contente d’offrir un long-métrage dénudé d’émotions. Howard se contente d’être sur le pilote automatique pour la majorité de cette production, tout en offrant un enchaînement de scènes peu inspirées dans ce qui semble être un long-métrage de commande pour le réalisateur oscarisé. Howard est tout simplement incapable d’insuffler une véritable énergie au scénario chloroformé de Koepp.

Même au niveau des effets spéciaux, Inferno déçoit. Dès le générique d’ouverture, le distributeur, Sony Pictures Canada, a préféré entrecouper le générique d’ouverture, qui semblait être magnifique, par les diapositives d’un Powerpoint monté par un étudiant fauché, au lieu de traduire les mentions du texte présent dans cette section ou de simplement mettre des sous-titres. De plus, la photographie d’Inferno souffre également d’un laxisme qui touche particulièrement la direction de la photographique, qui n’est efficace que lors de l’affrontement aquatique final.

Heureusement, Tom Hanks (Forrest Gump) supporte le film sur ses épaules en offrant pour une troisième occasion, une performance exemplaire en tant que Robert Langdon. Par-contre, nous ne pouvons pas en dire autant de Felicity Jones (Rogue One: A Star Wars Story) qui est assez fade dans le rôle d’une jeune infirmière à la rescousse de Langdon. Même chose pour Omar Sy (Intouchables), Sidse Babett Knudsen (Borgen) et Ben Foster (3:10 to Yuma) qui n’impressionnent guère dans leurs rôles respectifs. Par-contre, il nous faut également donner du mérite à Irrfan Khan (Jurassic World), qui avec un rôle assez minime, parvient à voler la vedette dans chacune de ses scènes.

Peu de gens sortiront d’Inferno avec une folle envie de revoir les aventures de Robert Langdon. N’étant qu’une adaptation inutile et peu énergique d’un roman populaire, ce long-métrage n’est pas un divertissement qu’il faut absolument découvrir à tout prix. À la place, il nous faut vous conseiller le roman, qui est, selon les rumeurs, grandement différent du produit qu’il est possible de découvrir en salles. Car, même les fanatiques des écrits de Dan Brown risquent d’être déçus par ce long-métrage…


Réalisation : Ron Howard

Scénario : David Koepp

Avec : Tom Hanks, Felicity Jones, Ben Foster, Irrfan Khan, Omar Sy, Sidse Babett Knudsen, Ana Ularu, Ida Darvish

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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