Kill Kane (2016)

Résumé : Ray Brookes devient un homme en quête de vengeance lorsque sa famille est tuée par des gangsters. Incapable de trouver la paix dans la justice policière, il devient un justicier et arpente les rues à la recherche de ceux qui lui ont volé son futur.

Critique : 

Parfois, nous sommes déchirés entre notre cœur et notre cerveau. Cela se produit notamment lorsque nous sommes devant un mauvais long-métrage, qui nous force à dire de mauvaises choses de lui, même si nous sommes conscients de tous les efforts des artisans derrière ce projet. C’est un peu le cas de Kill Kane, un film d’action britannique qui est le sujet de cette critique…

Témoin d’une exécution, Ray Brookes, un enseignant britannique, décide de garder le silence et de ne rien dire à la police. Quelque temps plus tard, les gangsters concernés retrouvent ce témoin gênant et décident de forcer Ray à regarder sa famille mourir devant ses yeux, avant de le tuer lui-aussi. Ray survit à cette attaque et, après trois mois passés dans le coma, il décide d’exécuter sa propre forme de justice.

Même si cette critique sera plutôt sévère et peu positive, il me faut avouer que j’ai beaucoup de respect envers Kill Kane, un long-métrage qui fonctionne grâce à la passion de ses artisans, et ce malgré un budget relativement restreint et un tournage sur un période de neuf jours. Sous la gouverne d’un réalisateur lambada, Kill Kane aurait sûrement été un échec sur toute la ligne et grâce à une certaine forme de génie de la part du réalisateur, nous avons entre les mains un produit relativement potable.

Lorgnant largement du côté de Death Wish et de The Punisher, Kill Kane offre une histoire digne du film de vengeance, un sous-genre qui est associé en général au cinéma d’action et d’horreur. En théorie, Kill Kane ne réinvente pas la roue et offre une histoire typique : un innocent voit sa famille se faire tuer et décide de se faire une vengeance. Cependant, le long-métrage joue d’audace dans sa structure narrative en débutant dès que son personnage principal se réveille de son coma et qu’il doit apprendre la dure réalité de sa situation.

Par la suite, Kill Kane alterne entre le passé et le présent alors que nous suivons en paralèle les événements qui ont mené au coma de Ray Brookes et le désir de vengeance de ce dernier. Sur papier, cette idée était plutôt géniale, mais dans les faits, elle est pleine de défauts car elle brise constamment l’élan narratif du long-métrage, que l’on sent saccadé et irrégulier. De plus, le scénario d’Andrew Jones (The Last House on Cemetery Lane), Adam Stephen Kelly et Christian Sellers (More Brains! A Return to the Living Dead) a la fâcheuse idée de nous présenter le flashback de l’invasion du domicile du personnage principal avant chaque meurtre de ce dernier, plus spécifiquement le meurtre correspondant à la mort d’un membre de sa famille. Sa famille est composée de trois membres (Excluant Brookes bien sur!!), il y a trois criminels qui attaquent sa maison et Kill Kane utilise ce procédé à trois reprises. Il ne faut pas utiliser beaucoup de logique pour comprendre la facilité derrière ce mécanisme scénaristique.

De ces flashbacks, on retiendra surtout celui avec Kane qui nous offre une excellente scène de dialogue avec une tension très palpable et un face à face verbal plutôt grandiose. C’est également l’occasion de noter l’étrangeté relative du titre du film puisque Kane n’est pas le méchant principal du long-métrage, mais un de ses hommes de main. Il faut croire qu’aux yeux des producteurs, Kill Kane sonnait mieux que Kill Frank… Également, Kill Kane tente de placer une sorte de sous-intrigue en insérant un policier qui enquête sur les agissements de Ray Brookes et qui apparaît et disparaît mystérieusement dans le scénario du film. Les quelques scènes avec ce personnage sont plutôt déplacées dans le sens qu’elles semblent sortir de nulle part. Mais, il faut dire que la faible durée du long-métrage ne permet pas de construction réelle pour les personnages ou de laisser suffisamment de temps pour que l’intrigue se développe paisiblement, puisque Kill Kane ne dure que 65 minutes, une fois que l’on y retire le générique d’ouverture et le générique de fin…

Comme nous l’avions mentionné en début d’article, Adam Stephen Kelly est un pur génie, surtout que le réalisateur réalise ici son premier long-métrage. Néanmoins son génie n’est que théorique, dans la mesure que le réalisateur est capable de nous livrer un long-métrage qui fonctionne. Car dans la réalité, Adam Stephen Kelly ne fait que filmer de très près ses acteurs, apportant ainsi une confusion générale lors des scènes de dialogues et un manque d’énergie lors des scènes d’action. Parlant de ces dernières, nous restons un peu sur notre faim alors que le long-métrage se focalise essentiellement sur l’aspect dramatique du scénario, plutôt que sur l’aspect thriller d’action.

Heureusement, Kill Kane a quelques éléments réussis sur le plan technique comme la direction photographique de Jonathan McLaughlin (The Last House on Cemetery Lane) qui est un peu trop jaunâtre dans les flashbacks, mais qui est plutôt géniale lors des séquences se déroulant dans le présent. Cela se voit surtout lorsque le personnage de Vinnie Jones traque ceux qui ont tué sa famille, avec une gestion impeccable des ombres, des lumières et de la couleur qui font ressortir le côté ténébreux du visage de Jones. De plus, il nous faut souligner la trame sonore de Bobby Cole (Robert the Doll) qui offre une musique maîtrisée avec, principalement, des instruments à clavier (Comme un piano…). Grâce à cela, Cole rehausse considérablement la tension du long-métrage avec sa trame sonore terrifiante et angoissante qui emprunte beaucoup au cinéma horrifique des années 80 (Halloween, Friday the 13TH…) et qui fut le principal intérêt dans notre visionnement de Kill Kane

Dans le rôle phare, Vinnie Jones (Snatch.) offre une performance assez géniale captant avec prévision toute la lourdeur du scénario et la détresse de son personnage principal. Avec Kill Kane, Jones nous donne envie de voir l’interprète plus souvent dans des rôles de premier plan, même si l’acteur est habituellement coincé dans des seconds rôles parfois miteux. Dan Richardson (London Hood) est également grandiose dans le rôle du méchant principal du film malgré sa faible présence (Trois ou quatre scènes seulement…). Même chose pour Sean Cronin (Mission: Impossible – Rogue Nation) qui interprète le bras droit du personnage de Richardson, ou si vous aimez mieux, le Kane de «Kill Kane»… Sebastian Street (Age of Heroes) joue le policier de service, un petit rôle qui est bien encadré par l’acteur. Le reste de la distribution est assez passable, surtout les membres de la famille de Ray Brookes qui sonnent faux avec une dynamique familiale forcée et artificielle…

Kill Kane n’est pas l’échec que tout le monde prétend, mais il n’est pas non plus la réussite que certains d’entre-nous attendaient avec impatience. Le long-métrage se situe quelque part entre les deux en n’étant pas assez bon pour marquer les esprits, mais en n’étant pas assez mauvais pour qu’on le détruise totalement. Kill Kane connaîtra certainement du succès auprès des fans de Vinnie Jones, c’est dommage car nous avions entre les mains les ingrédients d’un divertissement encore plus grandiose…


Réalisation : Adam Stephen Kelly

Scénario : Andrew Jones, Adam Stephen Kelly, Christian Sellers

Avec : Vinnie Jones, Sean Cronin, Sarah Alexandra Marks, Lee Bane, Sebastian Street, Dan Richardson, Nicole Faraday, Conor Boru, Mitchell Fisher

A propos de Michaël Michaud 447 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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