Kill’em All (2017)

Résumé : Après une fusillade massive, un mystérieux étranger arrive à un hôpital local sur le point d’y mourir. Lorsqu’un groupe armé prend d’assaut l’établissement, son infirmière, seule survivante de l’attaque, doit faire face à une enquête du FBI qui dénouera une intrigue de vengeance internationale.

Critique :

Kill’em All était un projet que les admirateurs de JCVD attendaient depuis longtemps pour la simple et bonne raison que le film parvient à réaliser deux exploits. D’abord, le long-métrage fut le premier passage derrière la caméra de Peter Malota, le responsable des cascades sur les meilleurs films de la filmographie de Van Damme. Et ensuite, Kill’em All est la première réunion entre les deux vedettes de la franchise Bloodsport, Jean-Claude Van Damme et Daniel Bernhardt. Il n’est que dommage que le produit final ne réponde pas aux attentes…

Dans un hôpital presque abandonné, une jeune infirmière soigne un homme mystérieux, blessé durant une fusillade. Lorsqu’un groupe armé débarque, les deux êtres doivent s’unir afin rester en vie. Néanmoins, le lendemain, deux agents du FBI arrêtent la jeune femme afin de l’interroger sur les événements de la veille et cette dernière devra tout leur raconter dans les moindres détails.

Vingt ans après le succès de The Usual Suspects, Peter Malota tente dans ce divertissement de reproduire le classique des années 90 en pondant un film d’action avec JCVD qui respecte la même structure ou presque. Hélas, Kill’em All échoue à tous les niveaux et ne parvient pas à faire un divertissement de qualité avec une structure non linéaire. Au-delà de la réalisation plus qu’ordinaire de Malota, le scénario entre les mains du réalisateur peine à avoir suffisamment de substance pour tenir debout pendant 90 minutes. Grossièrement, le postulat de départ se résume à un homme qui doit affronter à mains nues une poignée de bandits dans un hôpital abandonné.

Kill’em All tente désespérément de reproduire The Raid avec le héros du film qui doit monter les étages de l’édifice afin de retourner un homme au sommet, tout en affrontant une personne par étage. Bien que l’idée semble bonne, la majeure partie du long-métrage est consacrée à l’enquête du FBI, où deux agents interrogent une femme, alors que toute la section « intéressante » de Kill’em All se déroule en flashbacks, à l’image de The Usual Suspects. À chaque fois que le film se transporte chez le FBI, nous avons le droit à d’immenses dialogues que l’on peut littéralement couper du récit sans que cela impacte le dénouement de l’intrigue. Kill’em All se sert de la structure narrative de The Usual Suspects pour remplir inutilement sa durée, pour transformer un court-métrage en un long-métrage.

Le problème provient surtout du fait que les dialogues ne sont pas si géniaux, avec des personnages qui parlent pour ne rien dire et des situations nanardesques, comme lorsque le vilain du film s’énerve puisque le personnage de JCVD a mangé un fruit. Kill’em All tente, en vain, de surprendre son spectateur avec quelques revirements de situations – tous prévisibles – durant le troisième acte, et avec d’autres flackbacks en parallèle des flackbacks principaux, un procédé qui alourdit considérablement le tout. Et si au moins, nous pouvions faire un joli montage des scènes d’action sur YouTube, nous pourrions dire que nous n’avons pas perdu notre temps avec le long-métrage…

Comme le ton de cette critique le suppose, ce n’est pas le cas alors que Malota se révèle être un mauvais réalisateur. Les scènes d’action ont une belle chorégraphie, ce qui est une preuve que Malota est bel et bien aux commandes de son projet. Hélas, le cinéaste décide de camoufler le tout avec une réalisation digne de Taken, afin de camoufler la doublure de JCVD. Le montage est bordélique et les plans de caméra sont indigestes, comme lors du combat entre Van Damme et son fils, où nous voyons surtout les pieds et les parties génitales des deux hommes, au lieu de l’action. Si nous sommes déçus par ce combat, nous pouvons au moins remercier Malota du combat entre JCVD et Bernhardt. Certes, il faut attendre la fin du film pour le visionner et nous sommes presque endormis, lorsque nous atteignons enfin cette séquence, mais l’affrontement est la seule section maîtrisée du long-métrage et l’attente en vaut la peine puisque les deux hommes ont un duel sympathique, bien que peu mémorable.

Au niveau de la distribution, Kill’em All est une pure déception. Autumn Reeser (The O.C.) est la seule actrice qui semble se soucier du film, avec un rôle intéressant. Peter Bernhardt (Bloodsport 2) offre également une bonne performance, mais l’acteur est tellement sous-utilisé que cela en devient criminel. Pour ce qui est de JCVD, disons seulement qu’il semble sortir d’un coma… Peter Stormare (Fargo) joue d’un des deux agents du FBI, mais l’acteur semble avoir quelques soucis à ne pas éclater de rire devant les dialogues qu’il a entre les mains. Notons également que l’autre agent du FBI est interprété par l’icône des années 80 / 90, Maria Conchita Alonso (The Running Man).

Il y a de bien meilleurs films à critiquer et Kill’em All m’a donné l’impression de perdre mon temps, en le visionnant et en faisant cette critique. Il est inutile de dire que nous ne recommandons pas le long-métrage. Le produit final ne vaut simplement pas la peine d’être visionné et il décevra tous les admirateurs du populaire acteur, qui devront attendre sa nouvelle série sur Amazon pour retrouver la vedette qu’ils ont autrefois aimée.


Réalisation : 

Scénario : Jesse Cilio, Brian Smolensky, Craig Stewart

Avec : Jean-Claude Van Damme, Autumn Reeser, Peter Stormare, Maria Conchita Alonso, Daniel Bernhardt, Kris Van Damme,Mila Kaladjurdjevic, Paul Sampson

A propos de Michaël Michaud 447 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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