Lost in the Pacific (2016)

Nous avons tellement détesté Lost in the Pacific, que nous recommandons d’éviter de visionner ce long-métrage… Et de lire notre critique…

Critique

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Résumé : Les passagers riches d’un avion transocéanique voient leur vol tourner au désastre.

Critique : 

Décidément, il m’est impossible de critiquer deux bons longs-métrages de 2017 en ligne. Après l’excellent The Hollow Point qui, malgré d’énormes défauts, parvenait à offrir un solide divertissement, il a fallu que je tombe sur Lost in the Pacific. Si aux vues de sa bande-annonce, nous avions l’impression d’assister à une version chinoise d’Under Siege, la réalité est toute autre. Effectivement, Lost in the Pacific joue dans les platebandes des nanars du studio The Asylum, sans en comprendre le concept.

Gary Gao est le propriétaire d’Oceanic Airlines (Ou d’Ocean Airlines, puisque cela change au gré des scènes…). Alors qu’il est sur le point de lancer son dernier prototype d’avion de luxe, il organise un vol d’essai avec de nombreuses célébrités. Néanmoins, il y aura plusieurs imprévus, dont la présence de son fils qu’il a rarement vu et d’un curieux cuisinier américain. Et, c’est sans oublier une énorme tempête, des terroristes et une horde de chats géants…

En toute franchise, je n’ai rarement vu un film aussi ennuyeux que Lost in the Pacific. Il y a des téléfilms qui sont mieux conçus que ce long-métrage. Durant les 90 minutes de ce « divertissement », nous avons l’impression d’assister à une mauvaise copie d’un nanar européen. Pourtant, ce film ne donne pas l’impression, avec sa prémisse de base, d’être un si grand navet. En réalité, Lost in the Pacific semble être, selon les apparences, une copie chinoise d’Under Siege, avec de mauvais effets spéciaux. Pire encore, nous avons un ancien soldat d’élite devenu cuisinier comme personnage principal. Tandis que tous les signes semblent pointer vers un Under Siege, Lost in the Pacific choisit plutôt d’être un profond drame sentimental.

Mais le film n’a pas les fondations nécessaires pour que ses personnages ouvrent la bouche. Les dialogues sont corrosifs, incohérences, sexistes et ont la fluidité d’un film pornographique soufrant d’un mauvais doublage. Lost in the Pacific est un navet incapable de se rappeler de détails mineurs, comme le nom de la compagnie aérienne qui change constamment. Le scénario n’avance nulle part avec des personnages qui ne font que jacasser les mêmes stupidités encore, encore et encore. Comme la co-pilote de l’avion qui ne fait que répéter sans cesse le fait qu’elle est une femme forte qui n’est plus qu’un simple hôtesse de l’air; un fait que TOUS les autres personnages lui rappellent à chaque conversation. Un autre exemple est un jeune homme, qui est un gagnant de The Voice, un artiste populaire, le meilleur d’un riche homme d’affaires chinois, un gamin qui fut abandonné par son père, un gamin qui retrouve son durant le vol d’inauguration d’un avion expérimental… Pendant une bonne heure, l’intrigue tourne en rond avec ces personnages jusqu’au moment où Lost in the Pacific décide enfin de passer à autre chose.

C’est à ce moment là que des chats géants et des mercenaires débarquent. Oui car, qui dit Under Siege, dit également chats géants et mercenaires. Et oui, c’est avec un certain sarcasme que nous affirmons cela puisque la seule once de divertissement provient du massacre qu’engendre les créatures poilues. Non pas que Lost in the Pacific devient intéressant, il continue à être le plus mauvais film de 2017, mais le fait de visionner des chats manger et empoisonner de mauvais acteurs hors-champ représentait un revirement de situation inattendu. Même chose pour les dernières minutes de l’oeuvre qui se déroulent dans un porte-avion militaire sur le point de s’auto-détruire, ou pour le fait que nous avons ici une espèce de chats mutants fans de musique classique. Lost in the Pacific ne fait qu’accumuler les bourdes dans ce qui semblait être une prémisse simple, une prémisse si simple que Vincent Zhou et Peter Cameron (Co-scénaristes de Flight from Hell) sont incapables de respecter à cause de leur incompétence totale. Les deux hommes semblent manquer d’idées aux cinq minutes et ne font que répéter les traits caractéristiques des personnages à voix haute et nous lancer des chats à la figure jusqu’à ce que nous nous endormons d’ennui…

Sur le plan technique, Lost in the Pacific n’est guère mieux. Malheureusement, Vincent Zhou a un minimum de compétence et une certaine vision du septième art, ce qui rend impossible le fait de prendre ce long-métrage comme un nanar. La caméra n’est pas branlante, les deux séquences d’action ont un cadrage adéquat et Zhou tente désespérément d’instaurer un rythme au long-métrage. Ses efforts paraissent à l’écran et rendent le tout visuellement crédible, jusqu’à un certain point. Mais puisque le scénario est vomitif au plus haut point, le tout ne fait qu’accentuer la médiocrité du long-métrage car nous sommes incapables de prendre le tout avec un second degré humoristique.

Et pourtant, avec les moyens mis à sa disposition, Zhou nous offre plusieurs hilarités sur le plan technique. Les décors intérieurs de l’avion n’ont aucun sens sur le plan logistique et, en toute franchise, nous avons en plus l’impression que les acteurs tournent dans un conteneur ou dans un couloir lugubre. Et, dans leur ensemble, nous avons l’impression que l’avion est constitué de plastique bon marché. Une impression qui s’accentue avec les armes à feu sont réellement en plastique (Possiblement trouvées dans le rayon des jouets d’un magasin à escompte…). Et puisque Lost in the Pacific a bénéficié d’un budget confortable de 10 millions de dollars, nous ne pouvons pas passer à côté des effets par ordinateur qui sont sous le niveau de qualité qu’offre généralement des studios de bas de gamme comme The Asylum, un défaut que les cinéphiles avertis comprendront. Certes, nous savions que cet élément allait être problématique, mais pas à ce point, surtout avec les chats géants et avec l’avion en général, qui sont artificiellement hideux.

Concluons avec un mot sur le casting. Brandon Routh (Superman Returns) semble fatigué dans ce long-métrage. Malgré de bons efforts de l’acteur qui a, en théorie, un potentiel certain en tant que vedette d’action, Routh est distant, avec les yeux rouges, comme s’il n’avait pas dormi la veille. Malgré-tout, il est le meilleur acteur de ce casting et il est plus que compétent dans ses scènes d’action. Malheureusement, tout le reste du casting est à chier (Pardonnez mon juron…). Yuqi Zhang (The Mermaid) tente phonétiquement de parler en anglais, mais cela sonne extrêmement faux, avec un jeu d’actrice qui est tout aussi horrible. Russell Wong (Romeo Must Die) souffre du même problème que Routh, mais il ne semble définitivement pas intéressé par ce projet; pire encore nous avons l’impression qu’il semble être incapable de se souvenir de ses propres lignes. L’ancien de The Walking Dead, Vincent M. Ward, est également présent dans un rôle mineur. Il est également horrible dans une mauvaise parodie de Dennis Rodman, ancien joueur de la NBA

Lost in the Pacific sera probablement le plus mauvais film de 2017. Malgré une réalisation légèrement compétente et un Brandon Routh sur le pilote automatique dans un rôle de soutien, il n’y a rien à sauver de ce navet. Le scénario est inexistant. Les personnages sont faits de carton. Les dix millions du budget ont servi à faire des décors de plastique. Les effets spéciaux ont une bonne vingtaine d’années de retard sur le cinéma contemporain. La trame sonore concorde difficilement avec les thèmes du film. La vaste majorité du casting est médiocre. En toute franchise, Lost in the Pacific est une insulte à tous les cinéphiles en général, un 90 minutes infernal que nous recommandons à personne…


Réalisation : Vincent Zhou

Scénario : Peter Cameron, Vincent Zhou

Avec : Brandon Routh, Yuqi Zhang, Russell Wong, Bernice Liu, Mengjie Jiang, Kaiwi Lyman-Mersereau, Vincent M. Ward, Tazito Garcia, Sunny Wang

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