Man of Steel (2013)

Résumé : Clark Kent, l’un des derniers membres d’une race éteinte qui se cache sur Terre en temps qu’être humain est forcé de révéler sa véritable identité lorsque notre planète est envahie par une armée de survivants de Krypton qui menacer de détruire la terre d’accueil de Clark Kent.

Critique : 

C’est avec beaucoup d’excitation que la franchise Superman recommença à zéro en 2012. Supervisée par Christopher Nolan (The Dark Knight), mais pilotée par Zack Snyder (Watchmen), Men of Steel avait une lourde tâche en vue puisqu’il fallait réconcilier le public mondial avec le fils de Krypton. Le public avait soif d’une adaptation réussie pour l’homme d’acier et heureusement pour ces personnes, Man of Steel exauça les souhaits de ces gens…

Un jeune garçon nommé Clark Kent découvre qu’il a des pouvoirs extraordinaires et qu’il n’est pas originaire de notre planète. Des années plus tard, en tant que jeune homme, Clark parcourt la planète à la recherche de ses origines. Tandis qu’il obtient enfin des réponses à ses questions, il devra devenir un héros et le symbole d’espoir dont l’humanité a besoin lorsque la Terre sera menacée de la destruction par l’assassin de son véritable père, en quête de vengeance.

Man of Steel a plusieurs défauts, mais nous ne pouvons pas dire qu’il manque d’audace en actualisant suffisamment le mythe de Superman pour ne pas rendre son histoire désuète. Car, pour certains, le code moral et la naïveté de ce personnage ont fait de lui la «cheerleader» de l’univers DC, à cause de sa divinité qui rend difficile la création de faiblesses pouvant menacer ce demi-dieu, sans sombrer dans la facilité avec de la kryptonite ou d’autres membres de sa planète d’origine.

C’est en adoptant une de ces menaces que Man of Steel débute, lorsque le général Zod décide de mener un coup d’État afin de libérer Krypton d’une destruction éminente. Durant cette séquence nous pouvons sentir d’influence d’Avatar sur la planète Krypton, à un point tel que nous pouvons éprouver une certaine peine lorsque nous quittons cet endroit mythique. Non pas que le reste du long-métrage est terriblement ennuyeux, mais l’exotisme de cette planète et la guerre entre Jor-El et Zod offraient une prémisse bien plus intéressante qu’est Man of Steel en réalité.

Une fois sur notre planète, le long-métrage évite de commettre quelques erreurs que Richard Donner a commises par le passé, notamment en n’omettant de raconter en détail l’enfance de Superman. Man of Steel sait que nous connaissons cette histoire par cœur et se contente de divulguer que les éléments qui sont nécessaires et inédits (comme la relation entre Clark Kent et son père adoptif.). Et pour ce qui est la parabole faisant des parallèles entre Jésus et Superman, elle est réduite à des sous-textes efficaces comme lors de la scène où Kent va se confier à un prêtre après l’arrivée de Zod. Également, il nous faut aussi souligner l’introduction de Lois Lane (avec la présence de Clark Kent bien camouflée dans le cadre de la caméra…) en Arctique qui fait grandement honneur à ce célèbre personnage.

Par contre, dès l’arrivée de Zod sur la Terre, l’histoire de Man of Steel commence à perdre de nombreuses plumes, notamment en étirant la présence de Lois Lane. Le scénario fait tout pour rendre son personnage utile, à un point tel que cela en devient presque ridicule. Et pour ce qui est de Zod en lui-même, le long-métrage réussit une étrangeté en rendant ce personnage plus menaçant et plus dangereux que lors de sa dernière présence, dans Superman II, mais moins crédible et moins imposant par la même occasion. À certains moments, nous avons même l’impression que ce personnage est ni plus ni moins qu’un vulgaire bébé gâté.

Derrière la caméra, Zack Snyder offre une bonne réalisation, parvenant à capturer avec brio le gigantisme de ce personnage, avec l’aide d’une excellente direction photographique et d’un montage efficace, bien qu’un peu trop agressif. Mais la plus grande réussite du réalisateur repose sur les images puissantes qu’il parvient à générer et à mettre en scène, comme lorsque Superman expérimente pour la première ses pouvoirs aériens, ou lorsqu’il reçoit un accueil favorable par l’armée américaine lors de la bataille de Smallville. Et pourtant, le génie de Snyder se retrouve surtout dans les flashbacks, tant sur Krypton que sur Terre, qui parviennent à rendre Man of Steel plus épique qu’il ne l’est réellement.

Pourtant, c’est à partir du moment que Zod débarque sur Terre que Snyder débloque complètement, comme s’il avait un orgasme devant cette seconde partie du film qui est essentiellement composée de scènes d’action. Le réalisateur semble émerveillé devant son propre travail et oublie presque sa priorité numéro un : faire un bon film. Lorsque le générique de fin arrive, nous avons le goût de vomir devant un gavage de séquences musclées plus ou moins excitantes et légèrement répétitives. Surtout que Man of Steel se tire royalement dans le pied avec la destruction de Metropolis, dans la mesure que bataille précédente, à Smallville, est mille fois plus intéressante et divertissante que celle de Metropolis. Ce qui fait que lorsque Superman arrive dans cette métropole, nous avons tout simplement envie que le long-métrage se conclue au plus vite.

Pour sa part, Hans Zimmer (The Lion King), qui est devenu par la force des choses, le nouveau compositeur officiel des adaptations de DC Comics, nous offre une trame sonore magnifique. Man of Steel surprend et étonne à ce niveau grâce à Zimmer qui signe ici ses plus grandes partitions. Sa musique nous empoigne jusqu’aux tripes et offre une expérience viscérale aux spectateurs qui sont renversés par les thèmes choisis pour supporter cette nouvelle adaptation de Superman. Même que nous pouvons dire que les compositions de Zimmer font mordre la poussière à la musique de John Williams, composée des décennies plus tôt pour les précédentes adaptations de l’homme d’acier.

Sous le costume de Superman, Henry Cavill (Immortals) a une belle présence à l’écran, même s’il ne parvient pas à égaler les acteurs qui l’ont précédé à ce niveau. Amy Adams (The Fighter) est bien sans plus, mais soyez rassurés son interprétation de Lois Lane est mille fois supérieure à celle de Kate Bosworth dans Superman Returns. En tant que Zod, Michael Shannon (The Iceman) livre la marchandise avec une interprétation assez convaincante, malgré que l’acteur est rapidement abandonné par la faiblesse du scénario à son égard. Pour ce qui est des parents de Superman, nous ne pouvons qu’être émerveillés devant les performances de leurs interprètes (Diane Lane (The Perfect Storm), Kevin Costner (Dances with Wolves) et Russell Crowe (Gladiator)) qui apportent beaucoup de profondeur au long-métrage.

Non, Man of Steel n’est pas la meilleure adaptation de l’homme d’action, mais le film parvient à dépoussiérer suffisamment l’histoire de ce superhéros pour le rendre actuel et moderne. Et sans la pression d’une potentielle suite ou d’un univers partagé, Man of Steel est assez rafraîchissant dans sa démarche, même si son penchant pour les scènes d’action dans la seconde partie de son récit fait en sorte que le long-métrage conclut son périple en queue de poisson…


Réalisation : Zack Snyder

Scénario : David S. Goyer, Christopher Nolan

Avec : Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon, Diane Lane, Russell Crowe, Antje Traue, Harry Lennix, Richard Schiff, Christopher Meloni, Kevin Costner, Ayelet Zurer, Laurence Fishburne, Michael Kelly

A propos de Michaël Michaud 369 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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