Mythica: The Iron Crown (2016)

Résumé : Notre équipe d’héros détourne une charrette fonctionnant à la vapeur, permettant à Marek d’enfin voler la pièce finale du Darkspore, artefact mythique donnant de grands pouvoirs à son utilisateur. Elle tentera par la suite d’amener l’objet en lieu sur tout en étant poursuivie par des mercenaires, des démons, et par le sinistre Szorlok qui tente par tous les moyens de compléter l’artefact, afin de d’envahir le monde avec son armée de morts-vivants.

Critique : 

L’expression américaine «Jump the Shark» décrit un moment dans une franchise cinématographique, ou dans une série télévisée, où arrive un point de non-retour où nous pouvons sentir une chute importante en qualité. Dans un certain sens, Mythica: The Iron Crown, le quatrième volet de la franchise Mythica, parvient à attendre malgré-lui ce titre peu enviable grâce à une mauvaise gestion des détails et à une intrigue à la logique incomplète…

Maintenant que Szorlok a trois morceaux du Darkspore, Marek, Thane et Dagen, toujours endeuillés par la mort de Teela, réussissent enfin à prendre possession du quatrième et dernier morceau de cet objet, en le volant des mains de Borlund Hess, l’amiral d’un bateau volant piloté par une horde de bandits. Alors que nos héros commencent à jouir de leur victoire, Szorlok débarque, avec trois morts-vivants, pour récupérer l’artefact. S’échappant de justesse avec l’aide d’un véhicule motorisé appartenant à Borlund Hess, Marek et ses amis tenteront d’amener leur butin dans un sanctuaire des dieux, où il sera en sécurité. Néanmoins leur voyage sera parsemé d’embûches alors qu’ils sont pourchassés par une équipe de mercenaires envoyés par un compétiteur et par l’armée de Borlund Hess…

Comment décrire Mythica: The Iron Crown… Même en étant un certain fan de la franchise, il est impossible de nier de la baisse de qualité importante connue par ce chapitre. La saga Mythica s’est toujours concentrée sur son univers fantastique et magique et tant qu’elle restait dans les limites de cette zone de confort, elle parvenait à proposer un spectacle convenable. Un spectacle qui étaient assez impressionnant en tentant compte du budget assez limité de la franchise. Néanmoins, Mythica: The Iron Crown tente d’explorer de nouvelles zones en décidant du jour au lendemain que ses personnages vivaient dorénavant dans un monde Steampunk…

Et c’est que cela Mythica: The Iron Crown part en vrille. D’un côté nous avons une intrigue qui se résume simplement à une balade dans une mini-forgonnette (Une véritable mini-fourgonnette affreusement camouflée avec des morceaux de bois…) roulant à basse vitesse. Pour ceux qui se posent la question, nos héros volent ce véhicule pour y récupérer un morceau du Darkspore et pour l’amener dans un sanctuaire des dieux. Ils ne s’arrêtent jamais, sauf pour tomber dans un piège ou pour faire le plein de carburant, même s’ils n’ont aucunement besoin de carburant… Et puisque la mini-fourgonnette se déplace à faible vitesse, tous les ennemis parviennent avec une certaine facilité à constamment rattraper Marek et ses compagnons de voyage.

Ce qui amène une incohérence assez importante dans la mesure où le véhicule utilisé par nos héros se déplace plus lentement que les chevaux utilisés par un groupe de mercenaires, plus lentement que le bateau volant et que les avions utilisés par une corsaire en furie et plus lentement que les jambes des morts-vivants à leurs trousses. On y trouve une forme de redondance car, que importe ce que vivent les personnages, nous savons qu’ils seront rattrapés tôt ou tard par leurs ennemis. Parlant de ces derniers, Mythica: The Iron Crown a une galerie de méchants assez ridicules. D’un côté nous avons ces corsaires volants, qui avec l’aide de leur bateau et de leurs planeurs, sont dignes des pires nanars du monde. De l’autre, nous avons cette équipe de mercenaires qui est supposément supérieure à nos héros en termes d’expérience et de force brute, mais qui se fait ridiculiser à deux reprises. Et finalement, nous avons un peu de Szorlok qui revient en compagnie de trois morts-vivants involontairement comiques.  Malheureusement, le long-métrage utilise Szorlok de façon assez étrange, dans un long et interminable combat entre ce dernier et Gojun Pye, avec une sorte d’hommage raté de l’affrontement entre Balrog et Gandalf dans The Lord of the Rings.

Et lorsque Szorlok revient finalement dans le giron de nos héros, il nous amène la pire incohérence cinématographique de 2016 (À ce jour…) dans le dénouement final de Mythica: The Iron Crown. Sans vous dévoiler la fin du long-métrage, nous pouvons vaguement comparer cette incohérence à celle d’un otage qui accepte de donner une arme à son ravisseur en échange d’un bonbon. Cela ne fait aucun sens et insulte presque les spectateurs de ce film. Certes, tout n’est pas mauvais dans ce long-métrage. Le film a un excellent potentiel comique avec plusieurs blagues qui touchent la cible, surtout celles qui concernent la relation quasi-amoureuse entre Dagen et une zombie (Il faut visionner le long-métrage pour bien comprendre cette référence…). Aussi, la sous-intrigue concernant la «possession» de Marek par l’esprit de Teela est délicieuse en offrant beaucoup de divertissement et de délicieux quiproquos dans notre groupe de héros. Même que Mythica: The Iron Crown aurait dû se concentrer sur ce point précis de l’intrigue, plutôt que de se perdre dans le voyage merdique d’une mini-fourgonnette dans la campagne médiévale…

Derrière la caméra, nous retrouvons John Lyde, vu précédemment dans Survivor et dans Riot. C’est impossible de nier que Lyde apporte une valeur ajoutée à la franchise avec une réalisation qui est, sur de nombreux points, digne des meilleurs films indépendants de ce monde. Il est juste dommage qu’il n’ait pas eu le temps ou les moyens de visualiser son produit final pour se rendre compte que plusieurs éléments ne fonctionnent pas. Comme les effets utilisés dans les scènes avec nos corsaires volants, ou les morts-vivants qui ont plus de liens avec des ninjas vigoureux qu’avec des êtres de leur propre race, ou les déplacements à chevaux qui sont assez comiques. Néanmoins, tout n’est pas de la faute de Lyde, puisque sur le plan technique, il nous faut également considérer le montage amateur d’Airk Thaughbaer (Riot) qui parsème des étrangetés durant tout le film. La pire étrangeté demeure la scène où des hommes sauvent au bateau volant pour atterrir sur une plage, même si les acteurs de ces personnages sautent au sol; un élément que Thaughbaer ne fait rien pour camoufler…

Heureusement, Mythica: The Iron Crown améliore grandement les exploits de la franchise en termes d’effets spéciaux. À l’exception de quelques plans douteux et d’horribles fonds verts, le film s’en tire plutôt bien. Même qu’il nous offre quelques bons moments de magie et des effets de téléportation et de fusée assez rigolos. La trame sonore de James Schafer (Riot) est également un autre point positif du long-métrage. Malgré un montage sonore parfois douteux qui met en évidence plusieurs défauts, comme les dialogues enregistrés en post-production, la musique de Schafer est transposée avec beaucoup d’efficacité à l’écran. Ceci étant dit, nous avons parfois l’étrange impression que le compositeur semble mettre en musique une comédie ou un long-métrage pour enfants.

Au niveau du casting, nous avons ici une distribution en demie-teinte. Alors qu’Adam Johnson (Vamp U) et que Jake Stormoen (War Dogs) livrent possiblement leurs meilleures performances de leurs carrières (L’un étant aidé par le côté déchiré et déprimé de son personnage et l’autre étant aidé par la comédie du long-métrage.), Melanie Stone (Riot) est assez mauvaise dans la mesure où elle semble avoir des difficultés à jouer deux personnages en même temps. Kevin Sorbo (Hercules: The Legendary Journeys) est également de retour, même si toutes ses scènes ont probablement été tournées en une journée devant un écran vert. Pour sa part, Matthew Mercer (Resident Evil) continue à offrir une bonne présence dans le rôle de Szorlok. Néanmoins, tout le reste du casting est assez mauvais, à l’exception de Jasen Wade (Saints and Soldiers: Airborne Creed) qui a une véritable présence à l’écran.

Oui, Mythica: The Iron Crown est assez mauvais. Coincé dans ses déboires techniques et dans le scénario qui se base essentiellement sur une mini-fourgonnette voyageant sur des routes de campagne moderne, le long-métrage plonge la franchise dans un niveau de médiocrité jamais atteint. Et avec un cinquième volet devant sortir dans les mois à venir, nous espérons sincèrement que la saga Mythica saura se sortir de ce mauvais pas. En attendant, nous sommes pris avec un film que nous aurions espéré ne jamais visionner…


Réalisation : John Lyde

Scénario : Jason Faller

Avec : Melanie Stone, Adam Johnson, Jake Stormoen, Matthew Mercer, Eve Mauro, Paris Warner, James Gaisford, Ashley Santos, Jasen Wade, Kevin Sorbo, Nicola Posener, Christopher Robin Miller

Mythica: The Iron Crown (2016)
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A propos de Michaël Michaud 570 Articles
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