Mythica: The Necromancer (2016)

Résumé : Lorsque son ami le plus loyal est retenu en otage par Peregus Malister, le maître cruel de la guilde des voleurs, Marek doit s’embarquer dans une mission corrompue avec ses compagnons de voyage. Mais lorsque la mission même ce groupe dans les griffes de Szorlok, Marek doit sacrifier ses ambitions et possiblement son âme pour sauver ses amis et pour empêcher Szorlok d’obtenir un autre morceau du Darkspore.

Critique : 

En général, plus une série cinématographique s’étire, plus elle devient médiocre. Malgré quelques exceptions, cela est une loi de la nature hollywoodienne qui démontre qu’à la longue, mêmes les meilleurs scénaristes ont tendance à manquer d’originalité et de créativité. Mythica: The Necromancer, long-métrage médian de la franchise Mythica, tente de faire obstacle à ce vice cinématographique en tentant de jouer la carte de l’audace et en nous entraînant sur le sentier d’un divertissement qui pourrait bien être le «Empire Strikes Back» de cette saga…

Alors qu’elle tente de compléter son entraînement avec le sage Gojun Pye, Peregus Mallister a soif de vengeance et kidnappe le valeureux Thane. N’écoutant pas les conseils de Pye qui lui dit qu’elle doit rester avec lui et qu’elle n’est pas prête à affronter Szorlok, Marek décide de sauver Thane en effectuant une mission pour Mallister; en récupérant une cargaison de drogue mystérieusement disparue. Mais cette mission pourrait diriger involontaire Marek et ses compagnons dans les griffes ténébreuses de Szorlok…

D’entrée de jeu, il faut dire que Mythica: The Necromancer avait l’audace d’exclure du scénario son personnage le plus prolifique en le faisant kidnapper dès les premières minutes du long-métrage. Une action que les fans de jeux vidéos peuvent comparer de façon assez boiteuse avec Halo 5: Guardians (Avec la «disparition» de Master Chief…). Heureusement, le long-métrage avait une carte cachée avec l’arrivée d’un autre personnage mystérieux Betylla, un guerrier pouvant murmurer aux insectes, ce qui permet de dynamiser un peu la dynamique du groupe, temporairement devenu un trio, même si cela nous rappelle étrangement le scénario du précédant qui usait de la même astuce.

C’est même le plus grand défaut de ce nouvel opus qui reprend subtilement des éléments du restant de la franchise. Mythica: The Necromancer a même l’audace de conclure, en quelque sorte, avec une séquence se situant dans une grotte, pour la troisième fois d’affilée. Il faut croire que les scénaristes de la franchise aient une fascination pour les orifices rocheux. Mais blague à part, nous pouvons noter une certaine paresse de la part des scénaristes dans la réutilisation de nombreux thèmes déjà abordés dans les deux précédents opus et dans l’utilisation de dialogues assez douteux lors de quelques séquences, des dialogues qui pourraient être tirés d’un mauvais téléfilm pour les personnes âgées. Heureusement, le long-métrage réussit malgré tout à nous transmettre des émotions, des émotions qui sont assez tristes et qui vont vous faire pleurer même si Mythica: The Necromancer ne cache aucunement son jeu sur cet aspect. Un peu comme si le long-métrage nous donnait des petits clins-d’œil, afin de nous spoiler subtilement cette partie du dénuement de l’intrigue.

En plus de l’arrivée d’un certain Betylla, le long-métrage permet également de laisser plus de place pour des personnages qui avaient jusqu’ici des présences figuratives. Nous parlons évidement de Gojun Pye, qui gagne enfin de l’importance, même si la majorité de son arc scénaristique n’est que sous-entendue, et de Szorlok, qui même s’il n’est que l’antagoniste secondaire de l’intrigue, parvient à représenter une véritable menace en chair et en os pour Marek et ses compagnons, dans une première rencontre psychédélique qui ne décevra aucunement les fans de la franchise.

À la réalisation, nous avons A. Todd Smith, directeur de la photographique des précédents volets de la franchise qui obtient son premier véritable exploit en tant que réalisateur. Et dans l’ensemble, nous pouvons dire qu’il livre un long-métrage assez intéressant, plus ambitieux que ce que nous serions en droit d’espérer de la part d’une production en partie financée sur Kickstarter. Certes, en tant que réalisateur débutant, A. Todd Smith n’est pas exempte de défauts, des défauts qui proviendront principalement des aspirations du réalisateur. En effet, il a une certaine tendance à privilégier le contenant au lieu du contenu, comme s’il voulait créer à tout prix un «money shot» à chaque séquence. Le «money shot» étant ce type de plan qui montre quelque chose d’épique, un plan que les distributeurs hollywoodiens raffolent (Par-exemple, nous pouvons citer la destruction de la Maison Blanche dans Independance Day.). Même si cela fonctionne la majorité du temps, cette façon de voir le cinéma ne fait qu’alourdir Mythica: The Necromancer, visuellement parlant.

Et au poste de la direction de la photographie, c’est un certain Casey Wilson (Casey of Heart) qui remplace A. Tood Smith haut la main, offrant même une exécution supérieure dans ce domaine, parvenant à capturer avec plus d’efficacité les beautés et les couleurs vibrantes des lieux de tournage. Au niveau des scènes d’action et des effets spéciaux, le long-métrage se surpasse (Si on le compare avec d’autres productions indépendantes qui ont des moyens financiers et techniques équivalents.) avec quelques bonnes trouvailles, comme avec une séquence assez remarquable où Marek et le mystérieux Betylla traversent un champ de bataille d’une extrémité à l’autre afin d’y retrouver un homme ayant des connaissances vitales pour leur quête.

Le seul élément technique vraiment dérangeant du long-métrage se trouve dans la composition sonore de Nathaniel Drew, le compositeur attitré de la saga Mythica. Nous pouvons affirmer que Drew a composé, sans le moindre doute, la meilleure trame sonore de la franchise à ce jour. Sauf qu’étrangement, sa musique est souvent en décalage avec les propos de Mythica: The Necromancer, ce qui fait qu’elle nous énerve à la longue, malgré que nous aurions très certainement énormément de plaisir à écouter cette musique dans notre voiture ou notre salon. Il y a juste quelque chose qui ne fonctionne pas lorsque nous fusionnons cette musique avec Mythica: The Necromancer

Notre quatuor de héros, Melaine Stone (Riot)Adam Johnson (Veronica Mars)Jake Stormoen (War Pigs) et Nicola Posener (Axed), se surpasse, offrant tous des performances riches en émotions, avec chacun des acteurs ont tous leur moment de gloire, même si Adam Johnson est absent pour la majorité des scènes de cette production. Néanmoins, cette fois-ci c’est Jake Stormoen qui se débarque de ce quatuor, lui dont le personnage regagne quelques lettres de noblesse après un deuxième volet où il était plus effacé et plus énervant. Philip Brodie (World of the Dead: The Zombie Diaries) est la seule addition notable du long-métrage, lui qui joue avec une certaine efficacité le fameux Betylla. Et il nous faut noter que Kevin Sorbo (Hercules: The Legendary Journeys), Robert Jayne (La franchise Tremors) et Matthew Mercer (Resident Evil 6) cessent de traverser l’écran pour quelques minutes, alors que ces hommes voient leurs rôles respectifs prendre de l’expansion.

Malgré un manque d’originalité assez flagrant d’un scénario qui tente d’être vainement audacieux, Mythica: The Necromancer ne déçoit pas le spectateur qui suit cette franchise depuis l’année dernière. Mythica: The Necromancer réussit au moins d’exploit de ne pas tirer la franchise vers le bas, alors qu’il reste encore deux longs-métrages à visionner pour conclure cette saga cinématographique indépendante.


Réalisation : A. Todd Smith

Scénario : Jason Falle, Liska Ostojic, Justin Partridge

Avec : Melanie Stone, Adam Johnson, Jake Stormoen, Nicola Posener, Philip Brodie, Kevin Sorbo, Matthew Mercer, Davey Morrison, Robert Jayne, Christopher Robin Miller, Geoff Hansen

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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