Pandemic (2016)

Résumé : Dans un futur proche, la planète est décimée par un virus infectant la population et la transformant en zombies. Dans l’espoir de trouver une cure et de repousser les hordes d’infectés, Lauren, une docteure, arrive à Los Angeles, après la chute de New York, afin de prendre en charge une équipe tactique chargée de retrouver des survivants. L’objectif de l’équipe de Lauren est simple : Trouver des survivants et les ramener en lieu sur, tout en étant équipé de caméras afin de documenter leurs expériences sur le terrain, ce qui pourrait être utile dans la recherche d’un remède. Néanmoins, rien ne pourrait préparer Lauren au cauchemar peuplant la ville de Los Angeles…

Critique : 

Il faut croire qu’Hardcore Henry a déjà eu des clones puisque Pandemic est sorti de façon assez discrète la semaine dernière en VOD au Québec (Afin d’accompagner sa sortie dans les salles américaines le 1er avril 2016…). Pandemic est sorti de façon si discrète, qu’il n’est même pas encore listé (Au moment d’écrire ces lignes…) sur le site internet de son distributeur canadien, Mongrel Media, sur IMDB ou même sur les sites de cinéma québécois. En fait, si ce n’était pas d’une visite anodine sur Google Play, nous ne saurions même pas que Pendemic est sorti au Canada. Était-ce un coup de marketing ou était-ce pour cacher la médiocrité du long-métrage??

Lauren, une scientifique médicale de New York, débarque à Los Angeles au beau milieu d’une pandémie mondiale qui transforme lentement la population en êtres sauvages et agressifs, pour ensuite les tuer et les faire évoluer en zombies. Spécialiste de cette maladie, elle sera affectée à direction d’une équipe composée de Wheeler, un ex-détenu aujourd’hui devenu un conducteur d’autobus, de Gunner, un ancien policier responsable des seules armes de l’expédition, et de Denise, une femme en deuil de son fils chargée de guider le groupe. Ensemble, ils devront d’aventurer dans Los Angeles afin d’y retrouver une poignée de survivants dans une école abandonnée.

Je ne vais pas emprunter plusieurs détours pour vous dire ceci : Ne visionnez pas Pandemic. Ce long-métrage est nul et il sera très certainement l’un des pires films de l’année 2016. La seule chose pouvant justifier le visionnement de Pandemic, c’est sa façon de nous présenter l’intrigue de selon le point de vue des acteurs, un peu comme Hardcore Henry, mais en plus confus et en plus complexe. Oui, car nous avons quatre personnages principaux qui sont tous équipés d’une caméra sur le dessus de leur casque et que la réalisation trop nerveuse de l’oeuvre ne nous permet pas d’identifier.

Et pour nous rendre notre visionnement plus simple, un personnage secondaire nous livre une introduction explicative où il nous résume tous les différents stades de la maladie et les différents habits des personnages principaux du long-métrage, nous donnant même l’impression que Pandemic est sur le point de nous faire passer un examen important sur la survie face à des zombies. Malheureusement, nous échouons ce test puisque ces informations ne nous servent à rien. Nous n’avons rien à foutre si les personnages de Pandemic tombent qui quelqu’un de malade, quelqu’un de fou, quelqu’un de cannibale ou sur un zombie cannibale et les personnages eux aussi ne tiennent compte de ce fait en fuyant / tuant tout ce qui bouge, peu importe leur état corporel ou mental. Même chose sur les informations sur les habits vestimentaires de nos héros qui nous servent à rien.

Les quatre personnages ont des gants identiques qui se rendent jusqu’aux coudes des acteurs, et lorsqu’une scène d’action survient, nous ne voyons que ces gants. Nous n’avons aucune idée de l’identité du personnage que nous suivons durant ces scènes à cause de ces fameux gants portés par tous les personnages. Et ce n’est pas au niveau des armes que Pandemic nous aide à différencier ses interprètes puisque selon l’univers du film, un seul personnage peut avoir des armes sur lui, les autres devant se battre avec leurs poings ou presque. Et lorsque le scénario a la bonne idée de donner des bâtons de baseball à tous les acteurs dans une longue scène d’action dans l’autobus, nous sommes rapidement attaqués par une nausée et par de l’incompréhension, car nous n’y voyons que des bâtons de baseball et rien d’autre.

De toute façon, aucun des personnages ne mérite notre soutien. Ils n’ont rien de palpitant et finissent même par nous énerver à la longue, spécialement lors d’une scène où nous apprenons un revirement de situation à propos de la belle docteure. À ce moment, le scénario de Pandemic décide que toute l’intrigue du long-métrage est causé par Lauren, ce qui est totalement faux. Suivant la logique de Pandemic, le commandant qui nous a introduit à ce monde post-apocalyptique pouvait, en théorie, mettre n’importe quel médecin recrue dans cette équipe, sans que cela affecte le récit de Pandemic jusqu’à ce point, puisque toutes les mauvaises décisions ayant un impact négatif sur l’intrigue ont été commises par les autres personnages, avec la recherche de la femme de Gunner, l’égoïsme de Wheeler et l’humanisme de Claire. Également, plus que nous avançons dans le récit de Pandemic, plus que nous voyons les faiblesses du scénario du film, qui nous amène tranquillement à une séquence finale totalement ridicule qui choquera les spectateurs toujours réveillés et qui provoque un certain malaise envers le long-métrage. Évidemment, puisque nous tenons à respecter les lecteurs du site, nous n’allons pas vous dire que Pandemic se termine avec la même facilité scénaristique qui permet au personnage de Claire d’exister dans ce monde, ce qui nous laisse bouche-bée devant le manque d’originalité générale de ce projet…

Et même au niveau des acteurs, nous n’avons rien à nous mettre sous la dent. Rachel Nichols (Continuum) offre une performance moyenne qui nous force sans cesse à comparer l’actrice à Jodie Foster. Pour sa part, Alfie Allen (Game of Thrones) alterne sans cesse entre le jeu d’un détenu repentant et celui d’un petit délinquant, ce qui apporte beaucoup de confusion à son personnage. Heureusement, Mekhi Phifer (ER) est là et il nous propose un jeu d’acteur assez investi, malgré un rôle relativement peu présent dans l’intrigue que propose Pandemic. Également, notons que Missi Pyle (Gone Girl) est assez effacée dans son rôle et que nous avons le droit à un caméo de Paul Guilfoyle (CSI: Crime Scene Investigation) qui interprète l’officier qui nous offre une longue séquence explicative sur les zombies et le code vesimentaire en début d’aventure.

Pandemic n’a que deux points positifs à sa défense. D’abord, même si John Suits est incapable d’instaurer de l’énergie et un rythme à son long-métrage et même s’il semble être dépassé par le concept du «first-person shooter», un concept qu’il ne maîtrise pas pleinement, nous devons admettre que Suits est capable de générer des images fortes et puissantes, notamment lorsque nous traversons Los Angeles, une ville vide et déserte. Même chose pour quelques scènes d’action et d’horreur qui offrent également des images fortes, même si cela représente également le plus grand défaut de la réalisation de Suits, qui semble plus occupé à tenter de créer des images fortes qu’à réaliser un long-métrage efficacement. Ensuite, nous avons la trame sonore d’Alec Puro (Lost in the Pacific) qui offre une bonne trame sonore malheureusement effacée, à un point tel que nous n’avons aucuns souvenirs de cette trame musicale, nous forçant même à un deuxième visionnement sélectif pour pouvoir l’évaluer…

Non, Pandemic n’est pas un bon long-métrage. Nous n’avons même pas envie de vous le conseiller, puisque sa réalisation est bordélique, ses interprètes sont peu inspirés et puisque son scénario a déjà été vu et revu des centaines de fois dans des longs-métrages bien supérieurs. Fuyez-le dans la mesure du possible et assez visionner Hardcore Henry, ou même Doom qui offrait une séquence de «first-person shooter» bien plus réussie que l’entièreté de Pandemic


Réalisation : John Suits

Scénario : Dustin T. Benson

Avec : Rachel Nichols, Missi Pyle, Alfie Allen, Mekhi Phifer, Paul Guilfoyle, Nea Dune, Danielle Rose Russell, Dominic Bogart, Jaime Gallagher, Alexander Ward

A propos de Michaël Michaud 447 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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