Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales (2017)

Résumé : Jack Sparrow part à la recherche du Trident de Poséidon, tout en étant poursuivi par l’équipage d’un bateau fantôme.

Critique :

Après un quatrième volet assez mauvais, plusieurs fans espéraient que la franchise Pirates of the Caribbean puisse mourir en paix, sans que l’héritage de Johnny Depp soit souillé une fois de plus en met l’acteur au centre d’une bouse visuelle. Heureusement, Disney Pictures a entendu les appels des admirateurs de la saga avec un cinquième volet qui tente de reproduire la magie du premier Pirates of the Caribbean – le meilleur de la saga.

Un jeune gamin nommé Henry Turner tente de se tuer afin de retrouver son père, un pirate condamné à une malédiction l’empêchant d’être réuni avec sa famille. Des années plus tard, après que la tentative fut un échec, Henry parcourt les mers sous les ordres de l’armée britannique. À la suite d’une bataille navale, il devient prisonnier d’un fantôme nommé Salazar, qui ère sur la Terre en attendant d’assouvir sa vengeance face à Jack Sparrow. Malheureusement pour Henry, il se trouve que Sparrow est le seul homme capable de sauver la vie de son père et que ce dernier est disparu depuis des années.

Il faut donner du crédit au nouveau volet de cette saga. Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales tente par tous les moyens de réinventer son univers afin d’apporter une certaine forme de conclusion aux quatre précédents chapitres et afin de relancer le tout sur de nouveaux héros et de nouveaux concepts. L’objectif était louable et, sur la forme, le long-métrage connait un vrai succès dans ce domaine. Henry Turner est un héros assez intéressant à suivre avec une destinée dans la même lignée que celle de son père; vedette des trois premiers Pirates of the Caribbean. Et, avec plusieurs autres personnages dont les destinées font écho aux autres volets de la saga, nous ne pouvons qu’apprécier la direction que prend le film.

Hélas, le long-métrage ne parvient pas à réinventer totalement son concept. À cause de cela, nous pouvons constater un certain essoufflement à la longue. Une fois que Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales atteint cet objectif, il ne sait plus quoi faire et il se met à faire du surplace, comme si les scénaristes ne savaient plus comment réinventer la franchise. Pour camoufler cet aspect, les deux hommes se mettent à nous lancer une armée de blagues à la figure. La bonne nouvelle, c’est que l’humour rend ce spectacle divertissant et permet de décocher quelques bons gags. Mais entre ces derniers, il n’y a que peu de substance, faisant en sorte que le spectateur du film risque de trouver le temps long, peu importe qu’il soit un « redneck » accro au cinéma d’action ou un spécialiste du septième art.

Un autre problème qui affecte le texte de Jeff Nathanson (Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull) et Terry Rossio (The Legend of Zorro) c’est qu’en ayant peu de substance, les personnages du film n’ont que peu d’espace pour se développer. Dans ce nouveau Chapitre Jack Sparrow est devenu une caricature plus proche de la Panthère Rose que du célèbre pirate qu’il fut jadis tandis que Barbossa est pour les deux premiers tiers du film, l’ombre de ce qu’il a déjà été. Même chose pour les personnages secondaires qui restent sur la même note durant tout le film et qui sont parfois inutiles. Pensons surtout à ce capitaine de la marine britannique ou à cette sorcière qui n’ont aucun impact réel sur le dénouement de l’intrigue. Le plus grand perdant se révèle être Salazar, le grand méchant qui après une introduction impressionnante, devient un cliché ambulant ayant pour objectif d’être méchant pour être méchant, sans plus.

Visuellement parlant, le changement de garde paraît dès la première minute. Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales est le chapitre le plus artificiel de la saga avec une esthétique qui se veut actuel et qui cherche à imiter l’imagerie des productions de Marvel et de DC Comics. Cela fonctionne amplement alors que les réalisateurs réussissent des séquences d’action géniales tant qu’ils se concentrent sur des effets pratiques, comme leur d’un vol de banque ou d’une séquence à la guillotine jouissive. Malheureusement, afin de surfer sur la vague des films de superhéros, le troisième tiers tombe dans le monde des effets numériques, avec des séquences d’action hideuses, illisibles et ennuyeuses.

Au niveau de la distribution, Johnny Depp (The Lone Ranger) continue à cabotiner dans ce rôle culte, mais nous pouvons tout de même sentir des onces de la performance qui lui a valu d’être nominé aux Oscars pour le premier volet de la franchise. Même chose pour Geoffrey Rush (The Warrior’s Way) ainsi que pour tous les autres acteurs récurrents de la saga, qui sont solides durant tous leurs passages à l’écran. En guise de déception, il nous faut souligner les Javier Bardem (Skyfall), David Wenham (Iron Fist) et Kaya Scodelario (The Maze Runner) de ce monde qui semblent tous recycler d’anciennes performances afin de les adapter pour Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales. Brenton Thwaites (The Giver) parvient à compenser en étant le meilleur acteur de cette production, parvenant même à effacer les débuts infructueux de sa jeune carrière.

Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales n’est peut-être pas le succès espéré pour les nombreux fans de la populaire saga, mais il parvient à éviter que la franchise continue sa pente descendante en accouchant d’un long-métrage potable et vide, mais divertissant. Au moins, entre deux rires et deux séquences d’action enlevantes, nous n’avons aucunement le temps de nous ennuyer, et ce jusqu’au troisième tiers où le tout part un peu en couille. Et avis aux intéressés : une scène post-générique vient un peu sauver la mise, il vous faudra donc patienter durant le long générique de fin…


Réalisation : Joachim Rønning, Espen Sandberg

Scénario : Jeff Nathanson, Terry Rossio

Avec :  Johnny Depp, Javier Bardem, Geoffrey Rush, Brenton Thwaites, Kaya Scodelario, Kevin McNally, Golshifteh Farahani, David Wenham, Orlando Bloom

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