Riot (2016)

Résumé : Un policier nommé Jack Stone organise un braquage de banque afin d’être arrêter et de se faire jeter prison. Sauf que cette dernière a pour résident Balam, un criminel russe dirigeant la prison de l’intérieur en ayant les gardiens de prison sous son contrôle, un criminel russe qui a accessoirement tué de sang-froid la famille de Stone. Vivant paisiblement dans une section de la prison spécialement aménagée pour lui, il est loin de se douter que Stone vient de débarquer dans sa prison et que se dernier vient pour y assouvir sa vengeance…

Critique : 

Pauvre Dolph Lundgren… 2015 aura été une année de peine et de misère pour l’acteur alors qu’il a débuté en force avec le sympathique Skin Trade, avant de sombrer dans la déchéance avec le très moyen War Pigs, l’horrible 4Got10 et l’encore plus mauvais Shark Lake. Mais, 2015 aura surtout été une année de diversification avec des personnages uniques et inédits pour l’acteur. 2016 semble poursuivre la nouvelle idéologie de l’interprète suédois, alors qu’il joue un détenu simple d’esprit (Ou handicapé…) dans Riot.

En quête de vengeance, Jack Stone est déterminé à enterrer la corruption de sa ville qui touche tous les niveaux de la politique locale. Pour y arriver, il décide de voler des documents compromettants dans un banque et de les remettre à une ambitieuse journaliste. Tandis que son plan se met en marche qu’il est condamné pour ce crime, Jack aura la chance d’être envoyé dans la même prison que Balam, le criminel responsable de ladite corruption et également responsable de la mort de la famille de Jack, afin de tenter de le tuer pour une bonne fois pour toute. Une fois derrière les barreaux, Jack découvrira avec stupéfaction qu’il aura de l’aide d’un allié inattendu…

Il ne faut pas se mentir : Riot ne remportera pas le prix de l’originalité. En fait, je me souviens même d’avoir critiqué l’année dernière Vendetta, un film avec Dean Cain (Lois & Clark: The New Adventures of Superman) qui avait le même scénario ou presque. Sauf qu’au lieu d’un énorme lutteur de la WWE, cette fois-ci, notre héros devra combattre un méchant russe avec l’aide de Dolph Lundgren. Et malgré quelques révélations en fin de parcours, l’étendue de Riot se limite essentiellement à un policier qui tabasse des hommes de main, jusqu’à ce qu’il arrive au vilain russe, un peu comme ces bons vieux films d’action simplets des années 80 et 90.

Ainsi, comme vous le devenez sûrement, l’histoire de Riot y gagne une conventionnalité avec des revirements déjà-vus depuis des lustres. Sauf que ce qui démarque vraiment Riot de la compétition, c’est une utilisation compétente de ses flackbacks qui aident vraiment à étendre et à approfondir l’histoire du long-métrage, en nous dévoilant les raisons qui font que Jack Stone se retrouve aujourd’hui en prison et les motivations derrière ce geste. Également, Riot se démarque avec le personnage de Dolph Lundgren. Ce dernier joue un autre prisonnier très simple d’esprit qui décide d’aider Stone pour des motifs inconnus, que nous n’allons pas élaborer dans cette critique, puisque vous dévoiler les buts véritables de ce personnage sympathique serait un peu comme vous dévoiler, dans une autre mesure, l’identité de Keyser Söze dans The Usual Suspects et vous gâcher la grosse surprise du long-métrage.

Par-contre, il y a un revirement qui peut déranger dans le dernier droit et qui concerne Balam, le méchant russe. Un autre revirement qu’il faut vous gâcher la surprise puisqu’il arrive comme un cheveu sur de la soupe. Riot n’avait pas besoin de cette scène qui sert essentiellement à développer le personnage de Balam, et nous ressortons de cette scène avec un peu de confusion, comme si les scénaristes de Riot avaient le besoin urgent de développer un personnage qui ne connaissait aucun développement, mis à part cette scène de dialogue étrange et mal-placée. Aussi, le long-métrage se tire un peu dans le pied avec sa courte durée qui force Riot à passer outre certains moments importants de scénario, nous laissant ainsi l’impression que nous allons manquer de temps en visionnant ce film. Et c’est exactement ce que nous ressentons lorsque le générique de fin débarque abruptement quelques secondes après la fin de son intrigue, afin de ne pas conclure l’épopée de son personnage principal. De plus, une durée plus longue aurait permis de développer le directeur de la prison et le personnage de Balam, ce qui aurait pu rendre la fameuse révélation du dernier tiers plus crédible et plus réaliste…

Derrière la caméra, John Lyde (Survivor) étonne avec une réalisation surprenante. Avec un budget anémique, le réalisateur est parvenu à nous offrir un long-métrage riche qui n’a aucunement l’air d’être fauché. Lyde a tourné ce long-métrage au quart de tour, en misant sur la compétence de sa caméra énergique et sur un montage efficace pour nous offrir un 90 minutes sans aucun temps mort. Néanmoins, nous pouvons noter quelques failles dans la réalisation de Lyde comme des faux-raccords involontairement drôles (Pensons à une camisole qui change subitement sur le corps du héros, un peu comme dans Die Hard…) et à une gestion empotée des figurants lors du dernier tiers.

En fait, le seul défaut véritable se trouve dans les opportunités manquées de Lyde, comme lors d’une scène d’action qu’il a clairement filmée comme un long plan séquence (Visiblement inspiré par Oldboy ou Daredevil…). Cette séquence franchement réussie est gâchée par une alternance entre les deux plans de caméra réussis de cette bataille, comme si le réalisateur avait senti le besoin dynamiser ce moment, au lieu de laisser parler librement la violence de ces images et la brutalité de ce moment d’action. Parlant des scènes d’action, nous sommes forcés de constater le talent incroyable des artisans derrière ce projet. Nous avons plusieurs bons moments à nous mettre sous la dent avec des combats très bien exécutés. Un peu trop même puisqu’ils manquent de fluidité, brisant légèrement l’illusion de ce spectacle. Pour sa part, James Schafer (Compositeur des volets 4 & 5 de la Mythica) offre une trame sonore efficace, compétente et sympathique qui supporte grandement le récit. Le seul hic repose sur la chanson interprétée par Matthew Reese dans le générique de fin qui est assez mauvaise…

Il faut dire que le long-métrage est également produit par cet acteur qui est efficace dans le rôle titre. Il a peut-être un charisme limité, mais il se défend plutôt bien lors des séquences de combat et il nous fait ressentir de l’empathie envers son personnage. Malheureusement, il se fait rapidement voler la vedette par Dolph Lundgren (Universal Soldier) qui a réellement du plaisir avec son personnage en nous offrant une performance exemplaire, possiblement la meilleure depuis quelques temps. Même chose pour Danielle Chuchran qui retrouve à nouveau Lyde, après leur collaboration fructueuse dans le sous-estimé Survivor, et qui en profite à nouveau pour nous épater avec ses talents d’actrice. Néanmoins, ce casting a deux problèmes. D’abord il y a Melaine Stone (La franchise Mythica) qui surjoue bizarrement une criminelle russe avec une importance relative à l’intrigue de Riot, et ensuite, Chuck Liddell (War Pigs) qui est incapable de jouer avec crédibilité un puissant criminel russe, surtout que l’acteur vacille constamment entre un mauvais accent russe et un accent latino comique. Notons également que Michael Flynn (Halloween 4: The Return of Michael Myers), Renny Grames (Vamp U), Eve Mauro (Zombies vs. Strippers) et D.L. Walker (The Christman Dragon) sont présents au générique du film.

Malgré des attentes élevées envers ce film, Riot livre la marchandise et nous offre l’une des nombreuses surprises de 2016. Certes le long-métrage n’est pas parfait, notamment à cause de son manque d’originalité flagrant, mais il nous offre un bon petit divertissement digne des films d’action des années 80. Et surtout, il nous propose un Dolph Lundgren plus en forme que jamais pour une année 2016 qui s’annonce grandement chargée pour l’acteur suédois…


Réalisation : John Lyde

Scénario : Spanky Dustin Ward, John Lyde

Avec : Matthew Reese, Dolph Lundgren, Danielle Chuchran, Chuck Liddell, Michael Flynn, Renny Grames, Eve Mauro, Melanie Stone, Michaela McAllister, Amy Sturdivant, D.L. Walker

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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