Sniper: Special Ops (2016)

Sniper: Special Ops nous propose un Steven Seagal combattant des Talibans, ce qui est aucunement suffisant pour nous divertir…

Critique

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Résumé : Une unité militaire doit retourner en terrain ennemi afin d’y secourir un tireur d’élite coincé au milieu d’un repère de terroristes.

Critique : 

La dernière fois où nous avons rédigé une critique pour un long-métrage où Steven Seagal était partiellement doublé, c’était lors de notre critique d’Attack Force, un navet de 2006 où ce bon vieux Seagal devait combattre des êtres surhumains. Et bien, Sniper: Special Ops représente une nouvelle entrée dans la carrière de l’acteur, où ce dernier est doublé à nouveau par une voix douteuse. Il faut dire que Seagal n’avait pas un rôle motivant, à la hauteur de la carrière de ce dernier, puisque l’acteur passe la majorité du temps assis sur une chaise à regarder les oiseaux qui chantent dehors…

Une unité spéciale, menée par un certain Vic Mosby, est envoyée dans un village afghan pour y extraire un politicien américain retenu en otage par les Talibans. La mission de sauvetage est un succès, mais Jake, un sniper séparé de son groupe après une fusillade, reste derrière pour aider un soldat blessé. Le sergent Vic Mosby tente désespérément de convaincre le major Jackson de le laisser retourner sur le terrain pour sauver ces hommes, mais cela lui est refusé et il est envoyé en mission pour réparer un camion ayant eu un pépin mécanique et pour récupérer des munitions vitales pour la base militaire…

Oui, Sniper: Special Ops réussit l’audace de nous surprendre en offrant un divertissement inattendu. Non pas que ce film est bon, ou agréable à visionner, mais il parvient à prendre nos attentes et à nous les renvoyer à la figure avec un produit fini étonnant, pour un acteur de la trempe de Steven Seagal. Car, habituellement, la filmographie récente de l’acteur est assez interchangeable avec une intrigue basée sur Steven Seagal qui fait le bon choix d’un dilemme moral et qui laisse la place à un acteur plus jeune pour faire tout le sale boulot, avant de revenir en force pour tuer l’antagoniste du film, dans les dernières minutes du long-métrage.

Sniper: Special Ops débute sur ce moule, avant de partir complètement dans le champ gauche où le personnage de Seagal se retrouve coincé derrière les lignes ennemies et où son équipe de sauvetage ne vient pas le secourir. Dès lors, nous assistons à un film de guerre assez étrange où nous avons une scène d’action en introduction et une scène d’action en conclusion. Entre les deux nous suivons, en parallèle, Steven Seagal, qui passe toute la durée du film assis sur une chaise à regarder une fenêtre, et le reste de l’unité, qui part dans le désert pour réparer un camion tombé en panne, au lieu de secourir le personnage de Seagal. Est-ce logique?? Pas vraiment, mais c’est de cette façon que le scénario du film parvient à étirer sa durée pour créer un long-métrage de 80 minutes. Et de façon assez étrange cette structure narrative, digne d’un mauvais épisode de NCIS, ne rend pas le film ennuyeux pour autant.

Le grand problème de Sniper: Special Ops se situe dans une mauvaise gestion des détails, tant scénaristiques que visuels. Ces derniers font du film un véritable navet, nous donnant l’impression que Fred Olen Ray est un usurpateur dépassé par les événements racontés par son propre film. D’un côté, nous avons un long-métrage nommé «Sniper: Special Ops», un film qui ne contient aucun sniper. Certes Steven Seagal y joue un tireur d’élite, mais son personnage passe la majorité des scènes d’action à tirer avec sa mitraillette le sol devant lui, au lieu de faire des gestes et des actions caractéristiques des tireurs d’élite. De l’autre côté, nous avons une présentation de l’armée ridicule (Qui refuse de sauver un homme coincé en territoire ennemi…) avec des acteurs qui sont incapables de viser, avec leurs armes, les endroits où se trouve l’ennemi (Certains figurants ne font que tirer dans les airs.) et où les personnages parlent avec un langage militaire tellement intense, que certains dialogues sont incompréhensibles. Et si l’on y ajoute les nombreuses incohérences et étrangetés (Une journaliste qui a une meilleure maîtrise des armes à feu qu’une unité spéciale de l’armée américaine, un personnage qui donne un coup de pied aux couilles d’un terroriste (Sans aucune raison valable…), un personnage qui donne une arme non-chargée à un autre personnage…), nous avons ici les fondations d’un jeu à boire digne des plus grands nanars italiens…

Avec une carrière passée dans les séries Z et dans la pornographie, Fred Olen Ray (Hollywood Chainsaw Hookers) a une maîtrise surprenante dans la création de ses plans de caméra, surtout pour un réalisateur de seconde zone, alors qu’il parvient à ne jamais gâcher les propos du film, en évitant d’utiliser une caméra branlante ou un montage agressif. Malheureusement, notre appréciation du travail d’Olen Ray s’arrête là, puisque ce dernier est incapable d’apporter un véritable rythme à l’intrigue et que les scènes d’action sont à peine plus reluisantes que celles du studio Asylum. À sa décharge, le scénario du long-métrage n’aide en rien le réalisateur, mais puisqu’Olen Ray s’est également occupé de cette facette du long-métrage, nous n’avons aucune compassion envers le travail de l’homme…

Également, la gestion du Steven Seagal est aussi un élément qui laisse à désirer, car Olen Ray est parvenu à rendre étrange chacune des apparitions du célèbre acteur. En effet, puisque Steven Seagal n’est jamais vu en compagnie des autres acteurs, Olen Ray fut obligé d’utiliser des doublures pour toutes les scènes où Seagal devait être vu avec un autre acteur du film, ou lorsque l’acteur devait faire le moindre effort physique. Et là où Fred Olen Ray s’est planté royalement, dans un élément qui est pourtant récurrent dans la filmographie de Seagal, c’est lorsque le réalisateur a eu la brillante idée de remplacer Steven Seagal, un homme mature, barbu et soufrant d’embonpoint, par un jeune cascadeur imberbe, mince et dont le physique fait de lui un sosie de Seann William Scott, le gars d’American Pie. Et même en rembourrant le costume de cette doublure, le réalisateur est incapable de camoufler ce fait qui devient involontairement drôle à la longue…

Au niveau des acteurs, ce n’est guère plus reluisant. Dans le rôle de Vic Mosby, Tim Abell (Rodeo & Juliet) est la meilleure chose de ce casting, avec un jeu d’acteur rappelant grandement un jeune Rutger Hauer. L’ancien lutteur de la WWE Rob Van Dam joue un soldat sur l’unité de Mosby, mais n’offre rien de très reluisant dans ce rôle secondaire et oubliable. Pour ce qui est de Steven Seagal (Under Siege), c’est avec peu de surprise que nous vous affirmons que l’acteur ne fait que passer, dans un caméo allongé, où les doublures de Seagal passent autant de temps devant la caméra d’Olen Ray que Seagal lui-même, qui passe la majorité du temps assis sur une chaise à regarder dans une fenêtre. Le reste de la distribution est digne des mauvaises productions de la chaîne Syfy, à l’exception de Paul Logan (The Horde), qui est présent, le temps d’une scène où il a une présence équivalente à celle d’un figurant parlé…

Special: Special Ops propose finalement un divertissement qui permet aux fans de Steven Seagal de sortir du moule empoisonnant sa filmographie récente. Malheureusement, le long-métrage de Fred Olen Ray n’est pas une réjouissance en soi… Il n’y a rien de positif qui ressort de Sniper: Special Ops, un film de guerre dont toute l’intrigue repose essentiellement sur la réparation d’un camion, coincé sur une route déserte et sur les doublures de Steven Seagal


Réalisation : Fred Olen Ray

Scénario : Fred Olen Ray

Avec : Tim Abell, Rob Van Dam, Charlene Amoia, Steven Seagal, Jason-Shane Scott, Daniel Booko, Anthony Batarse, Gerald Webb, Dale Dye, Paul Logan

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