Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows (2016)

Résumé : Leonardo, Raphael, Michalengelo et Donatello doivent affronter une panoplie d’ennemis composée par des extraterrestres cybernétiques, un scientifique fou connu sous le nom de Baxter Stockman, leur némésis Shredder et son armée comprenant des ninjas et deux criminels mutants, Bebop et Rocksteady.

Critique : 

Après le succès de Teenage Mutant Ninja Turtles, il était évident qu’une suite allait voir le jour. Les fans de la première heure avaient décrit ce long-métrage produit par Michael Bay comme étant une adaptation peu fidèle se focalisant essentiellement sur le personnage de Megan Fox. Pour Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows, il semblerait que Michael Bay ait écouté les fans de TMNT et qu’il a profité de cette suite pour faire une légère remise à niveau, afin de créer un long-métrage plus fidèle à la bande-dessinée, mais surtout à la série animée des années 80. Mais es-ce que Michael Bay est véritablement capable d’accomplir un tel exploit…

Tandis que les tortues sont occupées à assister à une partie de basketball et à embêter leur bon ami Vernon Ferwick, April O’neil enquête sur Baxter Stockman, un mystérieux scientifique travaillant sur des projets plus que douteux pouvant impliquer Shredder, l’ennemi juré des tortues. Elle découvrira assez rapidement que Stockman est mêlé dans la future évasion de Shredder, une évasion que les tortues tentent d’éviter en vain. Tandis que Shredder utilise sa nouvelle liberté pour concevoir une machine permettant de faire le pont entre deux dimensions et qu’il transforme deux compagnons de cellule en monstres mutants, les tortues devront faire équipe avec Casey Jones, un agent de pénitencier ayant assisté à l’évasion de Shredder, pour sauver la planète, tout en se demandant quelle est leur place dans notre monde.

C’est un fait incontestable : Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows est de loin supérieur à son aîné. Certes, il acquiert des problèmes majeurs au passage, mais au moins nous avons entre les mains une expérience cinématographique plus complète. Cela se ressent dès le départ par une meilleure gestion des personnages. D’un côté, nous avons les tortues qui sont toujours aussi géniales et volent la vedette grâce à un humour bien plus présent, tous personnages confondus. Même que nous pouvons dire que Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows est jusqu’à un certain point, l’une des meilleures comédies de l’année… Et de l’autre côté, les personnages humains ont enfin une place secondaire et ils sont aussi utiles à l’intrigue, notamment April O’Neil qui a un peu plus de crédibilité dans son rôle de journaliste.

Néanmoins, il nous faut admettre que ce sont Bebop et Rocksteady qui volent la vedette. Ces deux méchants, que le spectateur lambda pourrait confondre aux deux monstres de TMNT II: The Secret of the Ooze, jouissent d’une combinaison parfaite de force, de stupidité et de ténacité qui font de ces personnages des ennemis parfaits pour les tortues. Sérieusement, à chaque fois que ces personnages sont à l’écran, le long-métrage est mille fois plus intéressant. Malheureusement, Shredder n’a pas le même développement et il est aussi nul que lors du premier volet. C’est en partie causé par le fait qu’un autre antagoniste principal est mis de l’avant. En effet, le véritable méchant de l’histoire est Krang, un célèbre antagoniste des tortues qui est apparu initialement dans la série animée de 1987; et puisque sa présence fut peu médiatisée par les nombreuses publicités, nous allons simplement dire à son sujet qu’il est assez sympathique, même si nous aurions préféré que son utilisation ne se limite pas aux quinze dernières minutes du film.

Néanmoins, Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows a un énorme problème de scénario. Josh Appelbaum et André Nemec, qui ont écrit le premier volet de cette saga, ont tout simplement repris une large portion de l’intrigue des derniers Avengers tout en proposant beaucoup de fan-service, d’incohérences et en y insérant le plus de blagues possibles. Certes cela peut fonctionner pour un temps, mais à la longue, le long-métrage y gagne une lourdeur assez nocive. Si dans la plupart des cas, les gags touchent la cible, à quelques occasions nous avons simplement envie de froncer les sourcils en guise de désespoir, comme lorsque Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows nous offre la grosse séquence d’action de Casey Jones, en nous présentant pour la deuxième fois en une trentaine de minutes les tortues avec une brève description et une musique rythmée, comme si nous étions dans une vulgaire parodie de The Price is Right. Parlant de Casey Jones, le long-métrage rate un peu la cible en définissant ce personnage comme un gardien de prison ayant un masque de hockey dans le coffre de sa voiture, sans plus.

Sur le plan technique, Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows est tout aussi supérieur à son aîné, notamment grâce aux effets spéciaux qui sont plutôt géniaux. Même si les bandes-annonces du film nous laissaient sous-entendre le contraire, les tortues n’auront jamais eu l’air aussi jolies, tout comme Bebop et Rocksteady qui n’ont rien à envier à leurs compagnons verts. Les scènes d’action jouissent également de cette mise à niveau des effets spéciaux tandis que le tout est visuellement plus compréhensible et plus dynamique; même que la séquence aérienne risque d’être l’un de nos moments d’action favoris de l’année. Ceci étant dit, il est un peu dommage que le long-métrage est réellement axé vers un public enfantin, car au niveau de leurs scènes d’action, les tortues n’utilisent jamais leurs armes, sauf lors de l’affrontement final, puisque c’est le seul moment que ce «léger» détail compte réellement.

Même si l’esthétisme du long-métrage pue le Michael Bay (Transformers) à plein nez, il faut dire que Dave Green (Earth to Echo) semble plus focalisé que Jonathan Liebesman (The Texas Chainsaw Massacre: The Beginning) à la réalisation et qu’il se concentre essentiellement à nous offrir un produit final divertissant et jouissif, tant pour les petits que les grands, qui sauront même apprécier la 3D utile et visuellement perceptible du film. Cependant, Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows dérange légèrement au niveau de sa trame sonore qui est assez bordélique dans la mesure où Steve Jablonsky (La saga Transformers) nous livre une musique peu inspirée qui peut nous rappeler par moments celle de Mad Max: Fury Road dans un revirement de situation assez étrange, surtout que le long-métrage utilise également à outrance des succès musicaux populaires, qui sont horriblement découpés par le montage musical agressif de cette pellicule.

Au niveau du casting, il nous faut accueillir à bras ouverts l’arrivée de Stephen Amell (Arrow) qui livre une performance efficace dans le rôle de Casey Jones, malgré le rôle plutôt léger qu’il avait entre les mains. Même chose pour Brian Tee (The Fast and the Furious: Tokyo Drift), qui est assez terrifiant dans le rôle de Shedder dans la mesure où le long-métrage fait de son personnage, le véritable antagoniste jusqu’à la première apparition de Krang. Gary Anthony Williams (The Boondocks) et la vedette de la WWE Stephen Farrelly sont également de bonnes additions à la franchise. Et puis, nous avons Megan Fox (Transformers) et Will Arnett (The Lego Movie) dont les personnages sont bien mieux utilisés, ce qui rend les performances de ces acteurs bien plus crédibles et efficaces.

Non, Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows ne gagnera aucun prix et il est évident que les cinéphiles intellectuels en quête d’une histoire cohérente et réaliste seront déçus par ce film. Tandis que les enfants seront comblés, les spectateurs normaux y gagneront un divertissement certain avec de nombreux moments de nostalgie et d’action assez jouissifs. Et c’est avec une certaine surprise que nous avons déjà hâte de voir ce que Michael Bay aurait à nous offrir dans l’éventualité d’un troisième volet…


Réalisation : Dave Green

Scénario : Josh Appelbaum, André Nemec

Avec : Megan Fox, Will Arnett, Laura Linney, Stephen Amell, Noel Fisher, Jeremy Howard, Pete Ploszek, Alan Ritchson, Tyler Perry, Brian Tee, Stephen Farrelly, Gary Anthony Williams, Peter Donald Badalamenti II, Tony Shalhoub, Brad Garrett

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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