The Horde (2016)

Résumé : John Crenshaw, un ancien Navy Seal, accompagne sa copine qui part en forêt avec ses étudiants pour une expédition photographique. Ce qui devait être une fin de semaine éducative et plaisante se transforme en cauchemar lorsque le groupe devient la cible d’un mal terrifiant : une horde de mutants défigurés affamés de sang humain. Alors que la situation dégringole, Crenshaw devient la seule chance de survie de ce groupe d’étudiants…

Critique : 

Avec la montée en puissance des adaptations de bandes-dessinées et de romans pour adultes, le cinéma hollywoodien a un manque cruel de films brutaux et très violents. Nous parlons ici de films comme Commando, Mad Max ou Rambo qui sont aujourd’hui devenus cultes. La présence de ce genre en salles diminue à chaque année et il faut maintenant se rabattre dans le monde du DVD et du VOD pour visionner des longs-métrages issus du même moule. Et dans ce monde parfois étrange, nous avons trouvé le film du jour, The Horde.

John Crenshaw avait prévu la fin de semaine parfaite pour demander à sa copine de l’épouser. Malheureusement, il avait oublié qu’à ce moment-là, sa future femme devait accompagner quelques étudiants dans une expédition photographique en pleine forêt, ce qui force Chrenshaw à improviser et à partir, lui-aussi, dans cette excursion. Malheureusement, le petit groupe est loin de se douter qu’ils seraient la cible d’un groupe de cannibales en besoin urgent de nourriture…

Si nous devons décrire sommairement The Horde, nous pourrions dire qu’il s’agit d’un curieux mélange entre Rambo et The Hills Have Eyes, avec un soupçon de Friday the 13th ici et là (Surtout en ce qui concerne le caméo étrange de Don « The Dragon » Wilson (Bloodfist)). Certes, ce n’est pas la première fois que nous assistons à un curieux mélange entre le cinéma d’action et le cinéma horrifique, mais les références qui servent de fondations au récit de The Horde, nous annonçaient la possibilité d’assister à quelque chose d’épique qui rend hommage au cinéma des années 80.

Concrètement, The Horde vogue sur la trame narrative de classiques du cinéma américain, comme From Dusk Till Dawn, avec une première moitié typique du cinéma d’horreur avant de livrer la marchandise avec le massacre mené par le personnage principal. En effet, la première partie se veut être une sorte d’hommage au cinéma horrifique, plus précisément les slashers, avec l’emploi de tous les codes du genre (Comme le groupe d’étudiants qui comprend un couple d’obsédés sexuels, le bon gars, la jeune vierge et un homosexuel.) mais dans un second degré que l’on pourrait comparer maladroitement à la saga Scream. Certes, le tout est grandement prévisible, car le scénario du long-métrage opte pour une structure narrative déjà vue et revue des milliers de fois, mais cela apporte du charme à The Horde, surtout grâce à l’écriture agréable de Paul Logan qui tient également le rôle titre du film et qui apporte plusieurs dialogues involontairement drôle à The Horde.

Malheureusement, la seconde partie n’a pas reçu le même effort scénaristique puisque une bonne partie de cette section démarre sur un problème scénaristique assez important. Car, le concept même de The Horde nous laisse sous-entendre que nous allons assister à un duel entre un clone de Rambo et une horde de mutants. Certes, nous sommes témoins de ce massacre, mais il est juste dommage que le chemin pour y arriver soit assez étrange, à un point tel que cela met en doute les actions du personnage principal. En effet au lieu de libérer, d’entrée de jeu, ses compagnons, John Crenshaw préfère prendre une éternité pour installer des pièges dans la forêt, et tuer quelques mutants au passage avant de finalement tenter de libérer ses compagnons de voyage.

Désolé du léger spoiler, mais tout ce temps passé à jouer au parfait campeur va causer des morts, des démembrements et des viols chez les prisonniers des mutants, des tragédies qui auraient pu être évitées si Crenshaw avait actuellement tenté de sauver sa femme et les étudiants. Pour justifier ce détour, le personnage principal raisonne à voix haute, le fait que ces mutants sont terriblement dangereux, ce qui est immédiatement contredit par le fait que Crenshaw n’a aucune difficulté à dégommer du mutant, à un point tel que nous avons l’impression d’assister à un combat entre un champion de l’UFC et les élèves d’une classe de la maternelle. Cela rend ainsi tout ce détour scénaristique assez douteux, puisqu’il ne sert qu’à faire du remplissage dans un long-métrage déjà assez faible au niveau de sa durée.

Derrière la caméra, Jared Cohn (Jailbait) parvient à créer un beau petit divertissement horrifique. À ce niveau, The Horde n’a rien à envier aux productions actuelle avec des images puissantes qui nous force à détourner du regard lors de quelques scènes. Cohn est même parvenu à créer une scène de viol dont l’atmosphère risque de choquer plusieurs spectateurs. Heureusement dans sa démarche, il est aidé par des maquillages plutôt convainquant, surtout pour une production de cette ampleur et par des effets sanglants assez crédibles. Malheureusement, à l’exception d’un combat entre Paul Logan et Matthew Willig, tout l’aspect action du long-métrage est assez bâclé puisque rien ne semble fluide et organique. Un peu comme si les scènes d’action du long-métrage avaient été oubliées lors de la post-production…

Cela est peut-être causé par le montage de The Horde qui est assez paresseux, car le travail de James Kondelik (Airplane vs. Volcano) est plus digne d’une production d’Asylum qu’autre chose, en venant retirer à plusieurs reprises de l’énergie du long-métrage. Même chose pour la direction photographique qui est assez déficiente… Sur un autre point, il est assez dommage que The Horde se résigne à utiliser à quelques occasions du sang numérique, dont l’aspect est digne d’un vomi de pixels. Notons également de la trame sonore de Michael John Mollo (Code of Honor) qui propose une musique correcte, sans plus, bien qu’elle finisse par être légèrement pénible à la longue.

Dans le rôle titre, Paul Logan (Mega Piranha) offre une performance honnête, démontrant ses aptitudes physiques et ses abdominaux à de nombreuses reprises. Les acteurs connus de cette production (Costas Mandylor, Matthew Willig, etc. ) offrent tous de bonnes prestations, malgré leurs rôles limités. Ceci étant dit, leurs présences viennent gâcher le seul revirement scénaristique de The Horde, puisqu’une bonne partie des acteurs vétérans ne sont pas là que pour faire de la figuration et lorsqu’ils disparaissent du film, dans le premier tiers, nous savons d’entrée de jeu qu’ils seront de retour dans l’affrontement final entre le soldat et les mutants. Le reste du casting est assez mauvais et n’est pas digne de mention, surtout les acteurs qui interprètent les élèves présents dans cette expédition forestière…

Certes, nous ne pensions pas que The Horde allait être le film de l’année, mais si on le compare à des longs-métrages mélangeant l’action et l’horreur (Aliens, Predator, From Dusk Till Dawn, Zombie Ninjas vs Black Ops), il est incapable de rivaliser avec la compétition. Cette dernière a compris une chose que The Horde ignore : il ne suffit pas de copier les classiques du cinéma pour faire un bon long-métrage… Malgré-tout, The Horde parvient à offrir un divertissement honnête, surtout pour les spectateurs nostalgiques des classiques des années 80.


Réalisation : Jared Cohn

Scénario : Paul Logan

Avec : Paul Logan, Costas Mandylor, Matthew Willig, Bill Moseley, Vernon Wells, Nestor Serrano, Tiffany Brouwer, Sydney Sweeney, Nils Allen Stewart, Jonathan Erickson Eisley, Don « The Dragon » Wilson

A propos de Michaël Michaud 510 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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