The Perfect Weapon (2016)

Résumé : Dans un proche futur, la société est contrôlée par un état puissant et un dictateur connu sous  le nom du Directeur. Condor est un tueur à gages travaillant pour ce gouvernement. Mais une réunion avec une personne qu’il croyait morte le force à reconsidérer l’identité de ses véritables ennemis.

Critique : 

Steven Seagal (Under Siege) est de retour avec un nouveau long-métrage où il y tient un rôle secondaire, ce qui est devenu sa marque de commerce depuis des lustres. Nombreux sont les fans qui espèrent visionner un nouveau film avec le célèbre acteur en tête d’affiche, dans un rôle de premier plan. Malheureusement, c’est rarement le cas puisque ce dernier se contente à apparaître dans des productions de seconde zone où il ne traverse l’écran que pour quelques minutes. Quoi qu’il en soit, avec The Perfect Weapon, nous avons  ici une autre tentative de la part du célèbre acteur de traverser le marché du caméo de luxe.

En 2029, après un temps de guerre et de chaos, l’Amérique est contrôlée par une puissante autorité apportant de l’ordre et de la sécurité en retirant toute liberté d’action et d’indépendance à son peuple. Pour enrayer d’éventuelles révoltes, le gouvernement utilise des assassins pour éliminer toute forme de résistance.

De tous les films où Steven Seagal tient un caméo de luxe, The Perfect Weapon fut celui qui apportait le plus d’attentes à ses fans. Il faut dire que le produit fini qu’offre Titus Paar, un jeune réalisateur suédois qui trouve ici sa première réalisation nord-américaine, avec un potentiel certain. Pour laisser sa marque auprès des Américains, le réalisateur nous propose un long-métrage très stylisé avec un univers très détaillé rappelant des classiques comme Ghost in the Shell ou V for Vendetta.

Malheureusement, Paar est un cinéaste relativement inexpérimenté. Malgré une carrière fructueuse avec plusieurs courts-métrages, le réalisateur a de nombreuses faiblesses et il a entre les mains un scénario plutôt stupide. Même si les propos du film ont de bonnes intentions avec une idée de base assez intéressante, les choix de dialogues et de scènes pour exploiter ce futur plausible sont tout simplement pathétiques. À de nombreuses reprises, les personnages ouvrent la bouche pour dire des dialogues qui n’ont aucun sens. Pire encore, nous avons des scènes qui arrivent de nulle part, comme celle où notre héros et sa demoiselle se cachent derrière des boites vides pour se protéger des balles de leurs ennemis, pour ensuite se mettre à réaliser un véritable spectacle de gymnastique devant leurs ennemis, sans que cela ne soit nécessaire, dans une sorte d’hommage à Gymkata. Et que dire de la scène où Steven Seagal se met à caresser intimement une femme nue dans une scène rappelant étrangement les déboires en justice de l’acteur en 2010.

Néanmoins, il y a un certain divertissement à tirer de The Perfect Weapon, car malgré le scénario bâclé et les nombreux clichés qui parcourent le récit (Le tueur gagnant une humanité grâce à une bombe sexuelle et à un méchant, qui est simplement méchant.), le long-métrage parvient à être supérieur, en théorie, au reste de la filmographie récente de Seagal. Les amateurs de films d’action seront comblés par les quelques scènes mises en scènes par Paar (À l’exception de celle avec un spectacle de gymnastique…), malgré sa faiblesse, le scénario comporte quelques surprises intéressantes dans les dernières minutes et Steven Seagal a un bon combat. Malheureusement, au moment où survient les surprises précédemment annoncées, la réalisation de Paar part en couille. Le budget de The Perfect Weapon est poussé à ses extrêmes limites avec des effets minables, des plans de caméra douteux et aucune direction chez les acteurs, ruinant ainsi les revirements du scénario.

Parlant des acteurs, Johnny Messner (Tears of the Sun) est bien dans le rôle du tueur à gages. Il tente un peu trop d’imiter le personnage principal de la saga Hitman et son jeu d’acteur est terriblement mauvais, mais il parvient à être suffisamment convaincant pour un Vin Diesel du pauvre. Sasha Jackson (Jarhead 3: The Siege) joue la bombe sexuelle de service où ses courbes apportent la seule contribution de l’actrice. Le revenant Richard Tyson (Kindergarten Cop) et Steven Seagal ont des petits rôles et interprètent les antagonistes de l’histoire. Ils ont de bonnes présences malgré des rôles limités. Vernon Wells (Mad Max 2) est également présent dans un caméo étrange où sa barbe est teinte en rose; rien pour se réjouir mais il apporte une certaine bouffée d’air fraîche en tant que tortionnaire coupeur d’organes sexuels…

En pompant allégrement des classiques de pop-culture comme Equilibrum, Ghost in the Shell et Hitman, The Perfect Weapon est un chapitre intéressant de la filmographie de Steven Seagal. Certes, ce film est médiocre pour de nombreuses raisons, mais il parvient à proposer un divertissement relativement agréable. Malgré son «inexpérience», Titus Paar sauve les meubles avec sa caméra inventive et avec les présences de Seagal et de Tyson qui apportent un peu de crédibilité à cette œuvre. Cela ne fait pas de The Perfect Weapon un film à recommander, mais, si vous êtes coincés dans une tempête hivernale au beau milieu d’une cabine dans les bois et que vous n’avez rien d’autre à vous mettre sous la main, vous aurez un bon film pour passer le temps et attendre que le ciel s’éclaircisse…


Réalisation : Titus Paar

Scénario : Alex Brenner, Jesse Cilio, Ulysses Oliver, Titus Paar

Avec : Johnny Messner, Steven Seagal, Sasha Jackson, Richard Tyson, Vernon Wells, Lance E. Nichols

A propos de Michaël Michaud 447 Articles
Cinéphile amoureux du cinéma de seconde zone et des films d'action.

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