Traded (2016)

Ce soir, nous revenons sur la sortie récente de Traded, un western américain qui reprend en grandes parties la formule lucrative de la saga Taken.

Critique

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Résumé : Un père doit quitter son ranch pour Dodge City, afin de sauver sa fille des mains d’un vieil ennemi, testant sa réputation de gâchette la plus rapide de l’ouest.

Critique :

Le cinéaste américain Timothy Woodward Jr. entra à Hollywood par la porte des DTV en réalisant une bonne dizaine de longs-métrages en quelques années. Si pour certains les longs-métrages de Woodward Jr. paraissent douteux, pour d’autres, l’audace du cinéaste est remarquée par une poignée de cinéphiles qui soulignent son rythme de travail accéléré et les nombreuses vedettes hollywoodiennes qu’il enligne dans ses divertissements. Quoi qu’il en soit, nous nous plongeons dans la filmographie de Woodward Jr. avec la critique de son dernier film, Traded.

Clay Travis vit paisiblement dans son ranch de campagne jusqu’au jour où son fils est tué par un serpent. Dès lors, sa famille éclate tandis que sa femme sombre dans une forme de folie engendrée par son chagrin et que sa fille a un profond désir de liberté. Lorsque cette dernière fugue pour devenir une serveuse dans un célèbre établissement de l’ouest, Clay doit partir à sa recherche pour la ramener à la maison. Malheureusement, il apprendra assez vite qu’elle n’a jamais atteint sa destination et qu’elle est capturée par un réseau de prostitution mystérieux…

Il n’y a rien à dire de plus que ce Traded est ni plus ni moins qu’une version western de Taken, le célèbre film où Liam Neeson utilise ses talents particuliers pour récupérer sa fille, prisonnière des griffes d’un commence humain. Sauf que dans Traded, Michael Paré doit utiliser ses talents particuliers pour récupérer tranquillement sa fille, prisonnière des griffes d’un commerce humain. Comme nous venons de le mentionner, les prémisses des deux films sont assez identiques, à un détail près : Traded prend tout son temps pour raconter son épopée.

Et c’est en fait le principal défaut de Traded qui étire sa sauce dans un produit final si dilué que nous avons l’impression de visionner un roman savon en quatre actes. D’abord, il doit «combattre» sa propre famille pendant une bonne demie-heure (La femme de notre héros est un peu timbrée…).  Et lorsque sa fille est finalement kidnappée, il doit ensuite affronter trois ennemis, dans un ordre précis, tel un jeu vidéo. Avec ces méchants, nous trouvons un autre problème de l’œuvre. Si leurs hommes de mains sont assez sympathiques, leurs trois patrons n’ont pas le même traitement. Sur ces adversaires, il n’y a que le premier qui est digne d’intérêt (Un pompier et propriétaire de bordel.). Le second (Un beau-père incestueux n’ayant aucuns liens avec le kidnapping de sa fille.) et le troisième (Un autre propriétaire de bordel qui est une pâle copie de la mascotte des restaurants KFC.) sont des personnages assez ennuyeux, des vilains caricaturaux plus grands que nature. Ils transportent Traded à un niveau presque parodique et leurs arrivées représentent plus ou moins les moments où le spectateur risque de décrocher du film. Il y a également une sous-intrigue concernant la mère de cette famille dysfonctionnelle, qui après les malheurs entourant ses enfants, se lance dans une aventure suicidaire. Les quelques scènes, qui se concluent par la mort ou non de ce personnage, donnent la chair de poule dans la mesure où elles apportent un côté malsain au film de Woodward Jr.

Parlant de ce dernier, il est impossible de ne pas noter que le réalisateur fait tout pour donner l’illusion que son Traded est plus riche que ses véritables coûts de production. Sur papier, cela fonctionne car Traded nous transporte dans plusieurs villes du Far-West et nous offre même une poursuite en train. Malheureusement, il est clair que le long-métrage fut tourné avec les moyens du bord avec des décors pré-existants imitant, dans la mesure du possible, l’époque des westerns. Cela fut en défaveur de Traded puisque chaque scène intérieure gagne un rendu visuel artificiel et que le film se concentre à utiliser ces décors au maximum, plutôt que de tenter à raconter une histoire intéressante et rythmée.

Avant de conclure, revenons sur le casting de Traded, qui comprend une excellente performance de Michael Paré (Streets of Fire), qui est tout simplement solide dans le rôle du père en détresse. Même chose pour Brittany Elizabeth Williams, une jeune mannequin récemment convertie à Hollywood interprétant la fille de ParéTrace Adkins (Moms’ Night Out) et Kris Kristofferson (La saga Blade) offrent également de bonnes présences en étant les premiers adversaires que devra affronter notre héros. Soulignons également les performances pitoyables de Martin Kove (The Karate Kid) et de Tom Sizemore (Heat), ridicules et involontairement drôles dans leurs rôles respectifs.

Malgré de bonnes intentions, Traded n’a tout simplement pas de rythme, ce qui mine ses efforts de divertissement durant la première moitié du film. Et si vous survivez à cette latence, une seconde partie idiote, avec des criminels irréalistes et nanardesques, risquent de planter les derniers clous du cercueil que représente Traded. C’est assez dommage, surtout que Michael Paré, acteur habituellement coincé dans les méandres du cinéma de seconde zone, fait de son mieux pour élever les textes et les visuels qu’il a entre les mains. Qu’importe, car Traded ne vaut définitivement pas le détour et ne mérite par votre attention.


Réalisation : Timothy Woodward Jr.

Scénario : Mark Esslinger

Avec : Michael Paré, Trace Adkins, Kris Kristofferson, Tom Sizemore, Constance Brenneman, Brittany Elizabeth Williams, Hunter Fischer, Martin Kove

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